La politique à la recherche de la confiance perdue
« La clé de voûte de la démocratie est la confiance. » Lorsqu’il répond aux étudiants de l’université de Perpignan, vendredi 29 septembre, Olivier Véran en sait quelque chose : en tant que ministre délégué chargé du renouveau démocratique, il est en quelque sorte chef du chantier de rénovation de l’édifice politique qu’est la Ve République. Or, cette vaste entreprise de reconstruction a précisément été entamée à la suite du constat que la confiance des citoyens manquait aujourd’hui cruellement, menaçant la démocratie d’effondrement.
Cette défiance à l’égard de la chose politique en France est, bien sûr, palpable dans les attitudes et les conversations les plus quotidiennes : on l’entend par exemple dans les récriminations à l’encontre du personnel politique (« tous pourris »), ou dans la dénonciation courante d’un système qui profiterait toujours aux mêmes. Mais ce sentiment est aussi et surtout mesuré objectivement ; et même chaque année depuis 2009 grâce au Baromètre de la confiance politique, une enquête académique menée par l’institut OpinionWay pour le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof).
Les résultats de la dernière vague, publiés au mois de septembre, parlent d’eux-mêmes : 82 % des enquêtés estiment que les responsables politiques ne se préoccupent pas ou peu de ce que pensent les gens comme eux ; 69 % jugent qu’en règle générale les élus et les dirigeants politiques français sont plutôt corrompus qu’honnêtes ; et 64 % considèrent qu’en France la démocratie ne fonctionne pas bien. Tous les personnels et institutions politiques voient, en 2023, leur taux de confiance baisser ; et aucun, excepté les instances les plus locales, ne peut se targuer d’avoir la confiance de la majorité des enquêtés.
En surveillant ce phénomène complexe et multidimensionnel qu’est la confiance, les équipes du Cevipof entendent donc mesurer la solidité de nos démocraties libérales et représentatives. Qu’elle soit envisagée comme une clé de voûte, une fondation ou un ciment, la confiance apparaît intuitivement comme un indice fiable de la bonne santé d’un groupe social. Tout à la fois sentiment et croyance, la confiance est depuis longtemps reconnue comme une de ces « institutions invisibles » qui font tenir ensemble les sociétés, selon le mot du Prix Nobel d’économie Kenneth Arrow. Parce qu’elle est un pari optimiste sur le comportement futur des individus et des organisations, elle est un « lubrifiant des relations sociales » qui permet à celles-ci de s’établir et de s’épanouir sans heurts et plus rapidement ; parce qu’elle crée des attentes et un sentiment de devoir réciproque chez les uns et les autres, elle assure la cohésion sociale.
Oui, mais voilà ! La relation politique n’est pas une relation comme les autres, en particulier la relation démocratique entre gouvernants et gouvernés. Dans un régime qui se revendique plus volontiers de la raison et de la science que des passions, fussent-elles politiques, cette importance accordée à la confiance peut étonner ; d’autant que la démocratie se distingue précisément des autres régimes par la promotion d’un esprit critique des citoyens sur les discours et les actions de leurs dirigeants. La question, dès lors, mérite d’être posée : pourquoi la confiance, plus que tout autre sentiment, est-elle si essentielle au bon fonctionnement de nos démocraties ; et, partant, pourquoi la crise actuelle de la confiance politique est-elle une si mauvaise nouvelle ?
Un contrat gouvernés-gouvernants
Pour le comprendre, il nous faut faire un long détour par l’Angleterre du XVIIe siècle. Alors qu’à cette période l’absolutisme royal est en France à son apogée, outre-Manche, la révolte gronde. Le régime monarchique britannique – ou, plutôt, le régime oligarchique, car les lois sont alors élaborées par l’aristocratie à la Chambre des lords et par une Chambre des communes élue par une petite portion de la population masculine – est, en effet, ébranlé par une succession de bouleversements politiques. La crise institutionnelle de 1628, les guerres civiles des années 1640, l’instauration de la dictature militaire par Cromwell (1653-1658), ou la « Glorieuse Révolution » de 1688 n’en sont que les épisodes les plus saillants.
La défiance s’installe alors durablement entre le peuple et ses dirigeants. Celle-ci est lisible dans les pétitions adressées au souverain, qui listent les abus commis et des crimes dont il s’est rendu responsable. « Le XVIIe siècle anglais s’apparente tout simplement à une vaste crise de confiance envers l’autorité politique », résume Myriam-Isabelle Ducrocq, professeure de civilisation britannique à l’université Paris-Nanterre.
Préoccupés par la menace de guerre civile qui plane sur le pays, les théoriciens et philosophes de l’époque tentent, à leur niveau, de trouver des solutions à ce marasme. Comment inciter le peuple à s’en remettre de nouveau aux gouvernants ? Comment et à quelles conditions regagner sa confiance ? Là où certains penseurs royalistes comme Robert Filmer (1588-1653) réaffirment l’origine divine et patriarcale du pouvoir du roi pour lui donner une assise immuable et irréfutable, d’autres empruntent une voie différente.
« Aux yeux des penseurs du contrat [social] comme Thomas Hobbes, Algernon Sidney, John Locke, ou encore du républicain James Harrington, l’autorité politique ne retrouvera sa légitimité qu’en accordant une place plus centrale à l’idée de représentation », explique Myriam-Isabelle Ducrocq. Il s’agit pour ces théoriciens de corriger les défauts du régime en poussant la logique représentative jusqu’au bout : selon eux, l’origine et la légitimité du pouvoir doivent reposer en premier lieu dans l’acte de délégation, par lequel les citoyens se dessaisissent de leurs droits naturels et confient leur pouvoir d’agir aux dirigeants. « On passe dès lors d’une souveraineté reposant sur un droit divin, à une souveraineté reposant sur un droit conventionnel, c’est-à-dire sur un contrat entre gouvernés et gouvernants », souligne la professeure.
C’est ce changement de paradigme qui permettra, au siècle suivant, l’émergence de nos démocraties modernes, car, en repensant le lien politique sous la forme d’un contrat passé au moment du vote, les penseurs libéraux fondent l’obéissance à l’autorité politique sur des bases nouvelles. « Désormais, les citoyens se dessaisissent de leurs droits et s’en remettent aux gouvernants non plus parce que le roi est un être divin et supérieur, mais pour des raisons rationnelles, c’est-à-dire en vue d’obtenir ce qu’ils ne peuvent garantir eux-mêmes : leur propre préservation, la protection de leurs biens et de leurs droits… », continue Myriam-Isabelle Ducrocq.
Or, parce qu’un contrat attend d’être honoré et suppose des mécanismes de contrôle pour le vérifier, ce lien devient potentiellement révocable : l’élection s’impose comme ce moment où l’élu doit rendre des comptes, et où le bien-fondé de la confiance accordée est réévalué. Bref, avec la pensée libérale, en matière de sentiments politiques, à la déférence a succédé l’acquiescement rationnel ; à la foi aveugle a succédé une confiance mesurée, que les dirigeants doivent s’efforcer de susciter par leurs discours et par leurs actes.
Nécessaire défiance
La confiance accordée par les citoyens à leurs représentants politiques à travers le vote, ou du moins sa mise en scène, est donc, dans ces théorisations libérales du gouvernement représentatif, un ingrédient essentiel à la construction de la légitimité du pouvoir. L’usage, pour le vainqueur d’une élection, de remercier les électeurs de la confiance qu’ils lui auraient par là manifestée en est le reflet.
Cette place centrale de la confiance ne peut cependant être pleinement pensée sans son corollaire : la défiance. Au point qu’il serait tout aussi tentant de voir ces systèmes comme des régimes de défiance organisée. « La démocratie a besoin de confiance et de défiance, souligne Gloria Origgi, directrice de recherches au CNRS, qui a coordonné l’ouvrage Passions sociales (PUF, 2019). C’est sa spécificité par rapport aux autres types de régime : elle ne signe pas de chèque en blanc aux gouvernants. » Didier Mineur, professeur de philosophie politique à Sciences Po Rennes, souligne d’ailleurs que le thème de la défiance – plus que celui de la confiance – est un sujet classique de la philosophie politique. « Un des principaux soucis des premières théorisations du gouvernement représentatif est effectivement de prévenir les abus de pouvoir des gouvernants, et en particulier de la majorité, en l’occurrence une majorité législative représentative », rappelle le philosophe.
Ce thème de la nécessaire défiance que les citoyens doivent entretenir à l’égard des dirigeants, pour éviter que ceux-ci n’usent du pouvoir qui leur a été délégué en vue de servir leurs propres intérêts, modèle en effet au moins autant les institutions de ces nouveaux régimes libéraux que celui de la confiance, si ce n’est plus. Il conduit très tôt certains de ces philosophes à promouvoir la séparation des pouvoirs, l’augmentation de la fréquence des élections (pour pouvoir sanctionner les élus qui ne tiendraient pas parole), ou encore l’élargissement du socle électoral (pour une meilleure identification et représentation des gouvernés par les gouvernants).
Malaise démocratique
En ce sens, la défiance politique actuelle est-elle nécessairement une mauvaise nouvelle, ou simplement la saine expression d’un esprit critique constitutif de la vie démocratique ? Didier Mineur, qui a précisément étudié la notion de « crise de la représentation » dans son ouvrage Archéologie de la représentation politique. Structure et fondement d’une crise (Presses de Sciences Po, 2010), fait la part des choses : « L’insatisfaction vis-à-vis des représentants ou des dirigeants fait partie intégrante du gouvernement représentatif et de la logique de la représentation : on ne trouve jamais de représentation parfaitement heureuse. »
Cette insatisfaction ne devient à ses yeux problématique que quand elle contamine les institutions de son soupçon : « Quand l’insatisfaction des citoyens s’exprime en faveur de partis qui se veulent “antisystème”, ou qui prônent le rejet ou la rupture vis-à-vis des institutions représentatives, on change de registre : il ne s’agit plus d’une crise “classique” de la représentation, mais d’une crise de la démocratie représentative en tant que telle. »
Sommes-nous vraiment face à une telle crise aujourd’hui ? Bruno Cautrès, chercheur au CNRS et au Cevipof, et coordinateur du Baromètre de la confiance politique, est formel : en France, tous les signaux montrent que la logique de défiance s’est généralisée. « Tout d’abord, note-t-il, l’abstention est très importante à pratiquement toutes les élections », l’élection présidentielle n’échappant plus à la règle, comme le scrutin de 2022 l’a montré. Le politiste constate également une faiblesse du mécanisme représentatif en dehors des élections : « L’adhésion aux partis politiques ou aux syndicats reste par exemple relativement faible en France, malgré le regain de vitalité de ces derniers consécutif à la séquence de la réforme des retraites ; signe que cette modalité du lien politique s’épuise. »
Le malaise démocratique s’exprime également, selon Bruno Cautrès, dans des crises nationales à répétition, dont les émeutes de l’été 2023 ne sont que la dernière occurrence : « On a le sentiment que ces épisodes sont le signe d’une maladie de longue durée de notre démocratie. Le plus vertigineux ayant été la crise des “gilets jaunes”, une crise comme aucun autre pays européen n’en a connu », constate-t-il.
La précision est importante. Cette pénurie de confiance politique ne touche pas que la France, tant s’en faut : les études comparatives montrent que la confiance accordée aux personnels politiques et aux institutions démocratiques est en baisse dans la quasi-totalité des démocraties libérales occidentales. Mais l’Hexagone semble se distinguer par l’ampleur de ce déficit : dans ces mêmes enquêtes, le pays finit régulièrement bon dernier parmi les démocraties comparables. Une place qui conduit de nombreux chercheurs à s’interroger sur les éventuelles spécificités françaises en la matière.
Paradoxe français
Comment les Français sont-ils devenus les champions de la défiance ? Les raisons sont innombrables et occupent économistes et sociologues depuis longtemps. On peut néanmoins tenter d’identifier ce qui, dans la vie politique du pays de la Révolution, a contribué à l’installation de ce climat de suspicion. L’historien Nicolas Roussellier, spécialiste du pouvoir exécutif, commence par évoquer la succession des « affaires » et des scandales qui, tout au long de la Ve République, ont terni l’image de la classe politique : « Pour une grande partie des citoyens, la démocratie ne se joue pas par une adhésion à un parti ou à une idéologie ; elle est vécue comme une relation de confiance de personne à personne. Ces affaires cumulées ont touché au lien démocratique le plus primaire : le lien charismatique avec le représentant. »
La fracture est d’autant plus importante que les partis politiques traditionnels sont eux-mêmes en perte de vitesse. « Parce qu’ils garantissaient une idéologie et une hiérarchie définies, les anciens partis jouaient dans la vie politique le rôle de capteurs de confiance, souligne l’historien. Les électeurs concernés pouvaient se défier de l’Etat ou de certains groupes politiques, mais ils avaient le sentiment de pouvoir faire confiance à leur parti : une confiance parfois proche de la foi, mais de la confiance quand même. » Par leur format, les partis traditionnels faisaient le lien entre citoyens et futurs dirigeants, et garantissaient surtout un contrôle interne sur les membres du parti ayant accédé au pouvoir. Une dynamique que les nouveaux mouvements, comme Renaissance, n’ont pas encore réussi à susciter.
L’historien souligne surtout un paradoxe français dans la façon de percevoir l’action de l’Etat. Rappelant que le gouvernement a concrètement perdu des instruments d’action – puisqu’il n’est plus question aujourd’hui de dévaluer la monnaie, d’agir sur le crédit, ou de mener des nationalisations comme au XXe siècle –, il souligne à quel point ce rétrécissement du pouvoir de l’Etat perturbe la relation entre dirigeants et citoyens. « Alors que la classe politique s’est adaptée à cette nouvelle réalité et propose désormais des “solutions” plutôt que le grand soir – ce qui est plus réaliste, et devrait peut-être davantage susciter la confiance que les promesses prométhéennes –, c’est l’inverse qui se produit, remarque-t-il. Comme si la culture politique française ne pouvait se satisfaire d’un discours s’éloignant de celui de l’Etat fort », conduisant les électeurs à interpréter la modestie des gouvernants comme de l’incompétence ou de la mauvaise volonté.
Promesse méritocratique
D’autres évolutions récentes du fonctionnement de l’Etat français altèrent, elles aussi, le lien de confiance qui unit les citoyens français à leurs institutions. Luc Rouban et Nicolas Roussellier pointent, par exemple, la tendance à l’externalisation de toute une partie des processus de décision – en les confiant à des partenaires extérieurs, souvent privés – ayant pour effet de diminuer la lisibilité et la rapidité de l’action de l’Etat, et entretenant ainsi la défiance. Surtout, cette externalisation alimente, aux yeux de Luc Rouban, chercheur au Cevipof et au CNRS, la suspicion d’une confusion grandissante entre domaine public et domaine privé : « En faisant appel de plus en plus souvent à des cabinets de conseil pour lancer des politiques publiques, ou en laissant l’ENA servir de tremplin pour aller dans le privé, on laisse planer le doute sur l’autonomie de l’Etat et sur sa pénétration par des intérêts privés. »
Cette tendance ressemble à une véritable boîte de Pandore, car la confusion entre le public et le privé a également pour effet de remettre en cause la légitimité des élites à prendre des décisions : c’est toute la perception de la hiérarchie sociale qui s’en trouve donc ébranlée. « Chaque année, nos enquêtés expriment, en effet, le sentiment d’une trahison, d’une promesse politique non tenue, souligne Bruno Cautrès. Or, cette trahison ne concerne pas seulement la promesse électorale d’agir conformément à son mandat et de rendre des comptes, mais aussi la promesse méritocratique selon laquelle la hiérarchie sociale doit être fondée sur l’utilité de la contribution de chacun. »
L’idée de plus en plus répandue selon laquelle la règle du jeu social n’est pas la même pour tous a un effet particulièrement dévastateur en France, où la République repose sur l’idéal méritocratique. « Si l’élite ne mérite pas d’être l’élite, c’est que la méritocratie ne fonctionne plus et, par extension, que le système républicain ne fonctionne plus », résume Luc Rouban. Résultat : « Les Français déçus de leur trajectoire sociale – et ils sont de plus en plus nombreux – ont davantage tendance à se défier des dirigeants et des institutions politiques, car ils considèrent qu’il ne s’agit pas seulement là d’une injustice sociale, mais d’une tricherie morale fondamentale. »
« La confiance est un saut dans l’inconnu »
Si certaines causes aux origines de la crise de la confiance politique actuelle sont donc identifiables et identifiées, le chantier démocratique à mener peut sembler d’une ampleur démesurée. D’autant que, selon Gloria Origgi, la façon dont la théorie politique a considéré cette question ne nous permet pas toujours de l’aborder avec les bons outils. « Dans la théorie classique de la démocratie, le système de représentation est une relation rationnelle, mécanique et transparente : l’un met en acte la volonté de l’autre comme s’ils étaient une seule et unique personne. Mais, dans les faits, cela ne marche pas comme ça », rappelle la philosophe.
En opérant ce passage de pouvoir, en accordant sa confiance, le citoyen se place, en effet, dans une situation de vulnérabilité : cette confiance cédée « à l’avance » comporte une part de foi, qui faisait d’ailleurs dire au sociologue Niklas Luhmann que « la confiance est un saut dans l’inconnu ». « Or, souligne Gloria Origgi, il est très difficile de légitimer un régime démocratique, qui se veut rationnel, sur des sauts dans l’inconnu ! »
Si le « régime de confiance » qu’est la démocratie représentative entre ainsi parfois en contradiction avec son propre idéal de rationalité, il semblerait que, de surcroît, cette position de vulnérabilité obligée, dans un monde qui a érigé l’autonomie individuelle en idéal, ne passe plus… D’autant que ce qui fonde la nécessité de « faire confiance » aux dirigeants est aujourd’hui aussi difficile à entendre qu’à formuler. « La notion de confiance, même si elle n’est pas thématisée comme telle dans la pensée classique, est rendue implicitement nécessaire par cette idée selon laquelle le peuple n’est pas en mesure de gouverner par lui-même : il faut donc qu’il s’en remette à d’autres, mieux équipés pour gouverner », explique Didier Mineur.
Si, au milieu du XVIIIe siècle, Montesquieu considère que le peuple est incapable de gouverner par lui-même et seulement en mesure de choisir ses gouvernants, d’autres justifications ne reposant pas principalement sur la disqualification du « citoyen lambda » ont ensuite été apportées à l’appui de la forme représentative des démocraties. Quelques décennies plus tard, Benjamin Constant rappelle ainsi que le fonctionnement des démocraties antiques, souvent évoquées par les défenseurs de la démocratie directe, reposait sur l’esclavage, qui donnait aux citoyens le loisir nécessaire pour s’investir dans les affaires publiques. Mais à l’heure où les écarts sociaux d’alphabétisation se sont considérablement réduits, et où les nouvelles technologies abolissent des contraintes matérielles autrefois indépassables, ces arguments pourraient être interrogés à nouveaux frais.
Demande de participation
Les citoyens des démocraties contemporaines ne souhaitent-ils plus accorder leur confiance parce qu’ils se sentent délaissés, trahis, ou parce qu’une telle délégation ne leur paraît plus nécessaire ? Quoi qu’il en soit, les réponses au Baromètre de la confiance politique sont claires : 68 % des enquêtés sont d’accord avec l’idée que la démocratie fonctionnerait mieux en France si les citoyens étaient associés de manière directe à toutes les grandes décisions politiques.
Cette demande de participation directe à la vie politique n’est pas passée inaperçue aux yeux des dirigeants actuels, loin s’en faut. Grand débat national, conventions citoyennes et autres dispositifs ont été mis en place pour tenter de « désamorcer » la crise en cours. Défiance et désir d’implication des citoyens motivent d’ailleurs sans doute en partie les propositions faites par Emmanuel Macron, le mercredi 4 octobre, à l’occasion du 65e anniversaire de la Constitution, visant l’une et l’autre à l’élargissement et à l’assouplissement du recours au référendum.
Intégrer ainsi à la Constitution des éléments de démocratie directe, réclamés par une majorité de Français, suffira-t-il à restaurer la confiance et à « sauver » le modèle représentatif ? C’est, en tout cas, l’ambition du président, qui a insisté, dans son discours devant les membres du Conseil constitutionnel et les plus hauts personnages de la République et de l’Etat, sur l’importance de défendre, de transmettre et de faire vivre la Constitution actuelle et la Ve République. Avant de conclure : « Je vous fais confiance pour ce travail de chaque jour. »
John locke ou hobbes parlent de confiance parce que.c’est capital pour le monarque non élu ! Le second n ‘est pas vraiment un démocrate …Il est risible de transposer dans une république qui constitue une démocratie représentative comme système de gouvernement ( décisions ) leur pensée lire à un système ou l’on est pas citoyen mais sujet . De plus le fondement d’ une représentation est dans le temps le mandat à temps fixe dont l’abus de la mesure de l’opinion detruit la possibilité d’ une action même à moyen terme . La représentation elective.suppose une délégation qui ne peut être remise en cause par la fluctuation de l’opinion.