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Riposte israélienne«À Gaza, ce sont encore les civils qui en paient le prix»

Des Palestiniens évacuent une zone bombardée par les Israéliens. Ici une mosquée dans la ville de Gaza, le 9 octobre 2023.

Guerre entre le Hamas et Israël

Le samedi 7 octobre 2023 restera comme un jour noir dans l’histoire du Proche-Orient. Le mouvement islamiste palestinien Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a lancé un assaut meurtrier contre Israël. En quelque heures, ses commandos ont tué des centaines de personnes et pris en otage quelque 150 civils et militaires.

L’armée israélienne a riposté en lançant des frappes aériennes et en imposant dès lundi 9 octobre un «siège total» à la bande de Gaza. En cinq jours, le conflit a fait plus de 3000 victimes.
Israël impose un «siège complet» à la bande de Gaza: plus d’eau ni d’électricité, ni fioul, ni gaz.

Israël tire vers le Liban et la Syrie

Israël a annoncé mardi avoir repris en partie le contrôle de sa frontière avec la bande de Gaza, pilonnée par les raids israéliens. L’armée israélienne a « plus ou moins repris le contrôle de la clôture à la frontière » avec Gaza, « mais des infiltrations peuvent encore arriver », a déclaré son porte-parole, le lieutenant-colonel Richard Hecht.

Tel-Aviv, qui a annoncé l’évacuation des zones frontalières, a imposé un « siège total » à Gaza et suspendu l’approvisionnement en eau, en électricité et en nourriture de l’enclave palestinienne. Action interdite par les conventions internationale et l’ONU.

300.000 réservistes ont été mobilisés et des dizaines de milliers de soldats déployés autour de Gaza, ainsi qu’à sa frontière avec le Liban.

Mardi, des salves de roquettes, revendiquées par le Hamas, ont de nouveau été tirées depuis le sud du Liban vers Israël, provoquant une riposte de l’État israélien qui dit avoir visé des positions du Hezbollah pro-iranien, allié du mouvement palestinien.

Sur un autre front, l’armée israélienne a dit avoir tiré des obus mardi soir sur la Syrie voisine à partir du plateau du Golan en riposte à des « tirs » de projectiles sur ce territoire occupé par Israël depuis 1967.

Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis 2007, menace de son côté d’exécuter des otages enlevés en Israël, parmi lesquels des jeunes capturés pendant un festival de musique.

Au total, la guerre a déjà fait plus de 3.000 morts de part et d’autre, civils, soldats israéliens et combattants palestiniens.

Du côté palestinien, 830 personnes sont mortes, selon les autorités locales. Le Hamas a annoncé que deux de ses hauts responsables avaient été tués par des frappes israéliennes. Huit journalistes palestiniens ont également été tués.

Inquiétudes sur la situation à Gaza

Des ONG ont de leur côté alerté sur la situation sanitaire dans la bande de Gaza, réclamant un couloir humanitaire pour appuyer la réponse médicale, tandis que le ministère de la Santé dans l’enclave a averti que le manque de fournitures et de médicaments conduirait à une « situation catastrophique ».

Dans les hôpitaux, la situation est catastrophique. L’hôpital al-Chifa de Gaza déborde de blessés. « Certains meurent bien avant » d’avoir pu être soignés, raconte un médecin.

L’ONU a rappelé que le siège total de la bande de Gaza par Israël est « interdit » par le droit international humanitaire et l’Union européenne a décidé de maintenir son aide au développement destinée au peuple palestinien.

L’offensive du Hamas a été lancée 50 ans et un jour après la guerre israélo-arabe de 1973 qui avait pris Israël par surprise et fait 2.600 morts côté israélien en trois semaines. Les Brigades Al-Qassam, la branche militaire du Hamas, ont annoncé avoir déclenché cette offensive majeure pour « mettre fin aux crimes de l’occupation », en référence à l’occupation israélienne des territoires palestiniens.

« Aucune négociation » n’est possible pour le moment avec Israël alors que les hostilités se poursuivent, a affirmé un responsable du Hamas basé à Doha. Le Hamas a par ailleirs dénoncé des propos « incendiaires » de la part de Biden, jugeant que le président américain tentait de « dissimuler les crimes d’Israël ».

APPIS

 

1 Commentaire

  1. Medias Citoyens Diois

    Hamas: les 1001 acrobaties de Mathilde Panot pour ne pas qualifier l’organisation de « terroriste »
    Mots qui brûlent

    La patronne du groupe parlementaire LFI à l’Assemblée nationale a préféré parler de « crimes de guerre » qui « visent à la terreur » lors d’une conférence de presse ce 10 octobre.

    « Comment caractérisez-vous le Hamas ? » C’est la question lancée par un journaliste à Mathilde Panot, présidente des députés insoumis, lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale ce mardi 10 octobre. « C’est la branche armée qui, aujourd’hui, est responsable de crimes de guerre », réplique-t-elle, visiblement agacée.

    « Branche armée » – on ne saura d’ailleurs pas de quoi –, manière en soi fautive de présenter le Hamas, organisation politique et considérée comme terroriste par l’Union européenne et de nombreux pays. La notion de « crime de guerre » fait elle aussi désordre, dans la mesure où le Hamas ne constitue ni un État ni une armée régulière. Et semble surtout faire écran à l’emploi de celle de « terrorisme ».

    Il faut dire que ce choix sémantique avait occasionné bien des circonlocutions à la députée. « Sur la question du mot “terrorisme” oui, nous avons dit que ce sont des crimes de guerre, a ainsi déclaré Mathilde Panot quelques instants avant. Tout comme d’ailleurs la Cour pénale internationale avait dit que la colonisation était un crime de guerre. Nous dénonçons et condamnons l’ensemble des crimes de guerre qui visent la terreur. Donc on peut appeler ça terrorisme. » Pas clair ? C’est ce qu’a dû penser la partie de la salle d’où a jailli cette interrogation : « Terroriste ou pas ? » Relance à laquelle la parlementaire se borne à rétorquer : « J’ai répondu sur “terroriste” ».« Je pense à l’annonce qui a été faite sur les otages qui est glaçante pour l’ensemble du monde et qui nous semble extrêmement inquiétante », a-t-elle également complété.

    Un parti pris qu’elle qualifie elle-même de « complexe » et qu’elle a détaillé sur X (anciennement Twitter) en réaction à un entretien de l’ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine sur France Info. « Je fais mien les mots d’Hubert Védrine, ancien ministre des affaires étrangères de François Mitterrand : il faut parler de “guerre” », s’est-elle encore exprimée pour tâcher de justifier notamment l’expression « crimes de guerre ». « Je pense à l’annonce qui a été faite sur les otages qui est glaçante pour l’ensemble du monde et qui nous semble extrêmement inquiétante », a-t-elle par ailleurs complété.

    La conférence presse particulièrement tendue a entre autres porté sur le communiqué critiqué du groupe parlementaire de La France insoumise paru ce 7 octobre après l’attaque terroriste du Hamas menée sur le territoire israélien le même jour. « Nous ne changerons pas d’un iota notre position », a cependant tancé la députée en ouverture de la conférence de presse. Une position qui ne manque pas de contorsions.
    Marius Matty

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