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Communiqué de presse de Marie Pochon

Crest, le 16 octobre 2023

Suite à l’attaque qui a entraîné la mort d’un professeur à Arras et a
blessé 3 autres personnes, Marie POCHON apporte son soutien à
l’ensemble de la communauté enseignante, et à tous nos jeunes élèves.
Très émue par le drame vécu par les élèves et le personnel de l’Éducation nationale de
Arras ainsi que par la famille et les proches de Dominique Bernard, Marie POCHON affirme
une nouvelle fois son soutien à l’ensemble de la communauté enseignante et à tous nos
jeunes élèves.
“Une nouvelle fois, l’horreur, la haine et l’obscurantisme ont touché au cœur notre nation, au
sein même de l’école de la République. S’attaquer de manière aveugle à nos jeunes élèves
ainsi qu’à leurs professeurs dans leur salle de classe est une odieuse preuve de lâcheté.
L’École, c’est le lieu de l’émancipation et de la construction du commun – de ce qui fait de
nous une Nation. Cet attentat visait cela. Plus que jamais, nous devons être uni-es et
défendre une École digne, debout, Républicaine, face à ceux qui l’attaquent. C’est notre cap
et je sais que c’est celui de tous les enseignants et personnels éducatifs, que je salue
aujourd’hui, et pour chaque jour d’engagement pour l’École à laquelle nous tenons tant.
Toutes mes pensées vont à la famille de Mr Bernard, à tous les élèves de notre pays, pour
nombreux choqués, et à l’ensemble de la communauté enseignante : professeurs,
assistants d’éducation, directeurs, AESH, infirmières et psychologues scolaires. Nous
devons leur assurer un retour en classe le plus serein possible. ”

Contact presse : Lucas WULLSCHLEGER 06 65 82 25 99

Tribune de MARIE POCHON

Députée de la 3ème circonscription de la Drôme

Education : les territoires oubliés de la République

Derrière les polémiques incessantes qui noient le débat public et médiatique dans notre
pays, mais qui nourrissent sans doute l’égo et les carrières de quelques nouveaux ministres,
se cache un drame. L’école de la République va mal. Ses enfants s’y retrouvent entassés
dans des salles de classe non isolées, ses enseignant-es vacataires y sont recruté-es par
job-dating en 30 minutes, tandis que l’on manque en cette rentrée de plus de 3000 postes
pour que la promesse d’un professeur devant chaque classe ne soit même effleurée. Il y eut
des promesses, pourtant : le dédoublement, par exemple, des classes REP et REP+ pour
aider les enfants les plus en difficultés ; une réforme de bonne augure mais qui s’est menée
à moyens constants, supprimant le dispositif « plus de maîtres que de classes » qui
permettait une plus grande souplesse dans la prise en charge des élèves et le travail
d’équipe, et que d’autres ont dû payer.
Ces autres, ce sont nos campagnes. Lundi matin, à Châtillon-en-Diois, parents d’élèves,
professeurs, élèves, des tout-petits aux CM2, étaient accompagné-es dans la cour de l’école
du maire, du sénateur, de la députée, des élu-es de la commune et des communes
environnantes, de journalistes et de musiciens. “Une souris verte” en arrière-plan, l’heure
était au comptage : à la grille, minutieusement, l’équipe comptait le nombre d’élèves entrant
à l’école en ce jour de rentrée. A un élève près, la classe fermait : l’inspectrice académique
le savait, on l’attendait, un peu anxieux. On parlait de classes à 3 niveaux avec 28 élèves,
1,2m2 par personne. L’année dernière, sur 46 journées d’absences des enseignants, 17 ont
été remplacées. L’année précédente, sur 25 jours d’absences, seulement un a été remplacé.
Qu’auraient ils fait, à 4 classes surbookées, en cas d’absence d’un enseignant ? “Nous
mettrons les élèves dans la cour toute la journée, faute de solution”. Vers 9 heures, les
sourires ont commencé à se dessiner, l’école comptait deux élèves supplémentaires.
L’inspectrice est passée un peu plus tard. Le lendemain, au détour d’un message suite à la
décision du DASEN, la cinquième classe pourrait rester ouverte encore un an, et ainsi
décharger les quatre autres, qui comptaient alors 28 élèves par classe. Soulagement.
Ce n’est pas le cas partout : ce mardi, les annonces sont tombées. Boulc,
Saint-Paul-Trois-Châteaux, Saillans et Taulignan, entre autres, voient une de leurs classes
fermer, et ce ne sont pas les seuls : nous assistons, impuissants, à nombre de fermeture de
classes dans nos villages, laissant dans certains cas nos enfants sans accès à une
éducation de qualité et de proximité. C’est ma deuxième rentrée en tant que députée de
cette circonscription aux 240 communes : pas une semaine ne passe sans une alerte sur
une fermeture de classes, sur la suppression de postes clef d’enseignants ou de direction,
sur la vétusté des équipements ou l’état des bâtiments, sur le manque de médecine scolaire.
Ces situations, cumulées entre autres à la hausse des prix des fournitures scolaires (de 12 à
16% cette année), plongent élèves, parents d’élèves et enseignant-es en grande difficulté et
en incertitude pour appréhender la rentrée.
Cette réalité ne fait qu’accentuer les inégalités au sein même de notre territoire national. “On
n’a pas les mêmes chances” entend-on souvent dire par chez nous, et la fermeture des

classes dans nos campagnes illustre tragiquement cette inégalité flagrante. S’ajoute à cela
un recul de tous les services publics dans les territoires ruraux : éducation, transports, santé,
culture s’amenuisent progressivement, laissant nos jeunes avec des opportunités limitées.
Ainsi, 60% des ruraux constatent “une dégradation de l’accès aux services publics ces
dernières années” (sondage Ifop).
Alors, on ne vous remercie pas Monsieur le Ministre, d’avoir encore une fois détourné
l’attention en cette rentrée. On ne vous remercie pas de ne pas parler du cap et de la place
que votre gouvernement souhaite donner à ce commun si essentiel qu’est l’école
républicaine dans notre pays et à ceux qui la font vivre.
Le succès et le bien-être futur de nos territoires, et de notre pays, dépendent de leur
jeunesse. Alors oui, l’école va mal, et trop longtemps, on s’est dit que “cela allait de soi”. J’ai
grandi, comme tant d’autres, dans ces discours défaitistes, qui construisent le mal-être, le
manque de sens, et finalement poussent tant de futur-es enseignant-es à se détourner de
cette vocation si belle et si digne. Pourtant nous avons le choix, et des opportunités
immenses ! Rendons l’école réellement gratuite, faisons de la baisse du nombre d’élèves à
l’échelle nationale (environ 500 000 élèves en moins d’ici 2027) une opportunité non pas de
sabrer dans le budget de l’éducation nationale, mais plutôt de diminuer le nombre d’élèves
par classe, pour accorder plus de temps à chaque enfant ! Cessons de jeter des milliards
dans un SNU dont personne ne veut et investissons dans l’éducation populaire, les
vacances pour tous, l’émancipation de chaque enfant, qu’il vienne de Boulc-en-Diois, de
Taulignan ou de Paris 16e, de la même manière.
Là est la promesse républicaine. Là devraient se situer les débats politiques en ce début du
mois de septembre. C’est ce que je nous souhaite à toutes et tous, avec cette rentrée.

Marie POCHON
Députée de la Drôme

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