Biovallée, Vallée de la Drôme et Diois : L’ALIMENTATION FACE AUX ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX ET DE SANTÉ (2/3)
Sur notre territoire, de plus en plus de modes de production durables émergent et une alimentation plus éthique et équilibrée se développe. Cette conférence est l’occasion de faire le point sur les liens entre alimentation, santé et climat pour ainsi aborder la question de la durabilité de nos assiettes et de nos modes de productions.
Vos intercommunalités s’associent et se mobilisent
Une action co-organisée avec l’association des acteurs de Biovallée et la Commission Locale de l’Eau
CONFÉRENCE EN LIGNE N°3
L’ALIMENTATION FACE AUX ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX ET DE SANTÉ
ALIMENTATION ET AGRICULTURE
Quels enjeux pour nos territoires ?
Horizon 2050 Crestois et Pays de Saillans Val de Drôme en Biovallée et Pays Diois
COMPTE RENDU
Sur notre territoire, les productions agricoles sont diversifi ées, riches et les
consommateurs sont globalement sensibles à la qualité de leur assiette. De plus en plus
de modes de productions durables émergent et une alimentation plus éthique et équilibrée
se développe. La question de la durabilité de nos assiettes et de nos modes de productions
pour faire face aux défis futurs est posée.
100 PARTICIPANTS
2 EXPERTS
Nicolas Bricas, Socio-économiste de l’alimentation, titulaire de la Chaire Unesco Alimentations du monde…, il évoque
le contenu de nos assiettes et ses problèmes de durabilité en insistant sur l’aspect environnemental
et social. Il parle également d’actions individuelles et d’engagements politiques. Il répond ainsi à
des questions largement partagées : Que peuvent faire les consommateurs ? Comment changer les
comportements ?
Denis Lairon, Nutritionniste, directeur de recherche émérite à l’INSERM et expert en nutrition humaine, il
s’intéresse aux aspects sanitaires et nutritionnels de l’alimentation.
3 ACTEURS DU TERRITOIRE, Anne Portier
Naturopathe, elle explique comment elle travaille avec ses patients, le lien entre alimentation et
santé et quelles évolutions elle observe en termes de pratiques alimentaires.
Fanny Larroque, Animatrice pour l’association de cuisine et d’éducation populaire « Du beurre dans les épinards »,
elle réalise des ateliers auprès de personnes en situation de précarité. Elle présente l’intérêt de ces
ateliers en termes d’apprentissages, de partages et d’émancipation sur les pratiques alimentaires.
Benoît Pras, Cuisinier dans une cantine scolaire, ambassadeur du bio et local dans les cantines, il raconte
comment avec cette démarche il a retrouvé le goût du métier, comment il a su convaincre les enfants
et leurs parents qu’on pouvait bien manger à la cantine avec des produits de qualité
A RETENIR
LES CONSTATS
> L’assiette alimentaire d’aujourd’hui est le fruit de l’industrialisation du système alimentaire ;
> Depuis 1950, la consommation de produits animaux est en augmentation, tout comme celle de
sucre, de sel, de lipides et d’aliments transformés. Par contre, nous mangeons moins de produits
végétaux (ex. : céréales, pommes de terres, légumes secs) ;
> L’assiette d’aujourd’hui présente des limites environnementales, sanitaires et sociales ;
> Le système alimentaire ( production, transformation, transport) représente 30 % des émissions
de gaz à effet de serre (en majorité liés aux conditions de l’élevage actuel) principalement du fait de
la production de méthane et de protoxyde d’azote qui ont des pouvoirs de réchauffement 30 et 300
fois plus important que le dioxyde de carbone (CO2) ;
> Par rapport à une alimentation de consommateurs non-bio, un consommateur achetant 60 % de
ses aliments en bio a une alimentation produisant 37 % de moins de gaz à effet de serre et utilisant
25 % de moins d’énergie ainsi que 23 % de moins de surface ;
> Nous ne mangeons en moyenne pas assez de fruits et légumes ainsi que de féculents, mais trop
de lipides, de sucre, de sel et de protéines (nous consommons deux fois plus de protéines animales
que de protéines végétales alors qu’elles sont plus nocives pour la santé). Mais surtout, nous
ingérons trop d’énergie par rapport à nos besoins. Nous manquons généralement, et notamment
les femmes, de minéraux (ex. : fer, calcium, magnésium), de vitamines et de fi bres alimentaires ;
> On observe, dans tous les pays une augmentation des maladies non-transmissibles liées à
l’alimentation (ex. : surpoids, obésité, diabèteT2, maladies cardio-vasculaires, cancers, allergies,
maladies neurodégénératives, dépressions). On estime qu’en France, les coûts en lien avec ces
pathologies s’élèvent à plus de 90 milliards par an ;
> Tous les adultes français ont dans leur organisme 22 à 23 résidus de pesticides;
> Au 4ème siècle avant JC Hippocrate a déclaré : “que ton aliment soit ton médicament et que ton
médicament soit ton aliment” ;
> Les nouvelles recommandations du ministère de la Santé encouragent à diminuer la consommation
de produits animaux de manière importante, à privilégier les huiles végétales et à diminuer les
produits sucrés et le sel. Pour tous les produits végétaux, il est conseillé de privilégier les produits
bio afi n de diminuer l’exposition aux pesticides ;
> On observe des inégalités dans le système alimentaire et l’augmentation de la précarité
alimentaire ;
> La consommation de produits locaux et biologiques représente aujourd’hui 5 % des dépenses
alimentaires avec une augmentation de 15 % par an ;
> Dans la recherche, il y a un consensus mondial pour pousser à des systèmes de production
alimentaire basés sur l’agroécologie.
LES PERSPECTIVES
> On peut imaginer que l’assiette alimentaire durable de demain serait plus végétale (ex. : légumes,
légumineuses, huiles végétales), plus bio, moins transformée, moins grasse, moins salée, moins
sucrée et moins carnée ;
> Il s’agit de penser une politique alimentaire pour tous, en tenant compte de la diversité des
cultures et des pouvoirs d’achat ;
C’est l’environnement alimentaire (ex. : magasins, publicités) qui façonne les comportements,
c’est l’offre qui crée la demande et c’est la norme sociale qui fait que l’on adhère ou pas à une
alimentation durable ;
> Il s’agit de ne pas culpabiliser les personnes et mettre auprès d’elles une injonction à la
transformation individuelle mais de favoriser un retour des valeurs du bien manger ;
> Il s’agit de déplacer le curseur concernant la question de la responsabilité de l’amélioration du
système alimentaire. La responsabilité doit être partagée entre les citoyens et les offreurs ;
> La défi scalisation en lien avec les dons alimentaires des entreprises encourage la surproduction.
On abandonne peu à peu l’idée de gérer la précarité alimentaire par des dons alimentaires pour les
remplacer par des dons en argent pour permettre aux personnes d’acheter ce qu’elles veulent ;
> Des contre-pouvoirs à la politique dominante actuelle, influencée par les intérêts des actionnaires,
émergent au niveau des villes et des conventions citoyennes ;
> Il existe des actions concrètes portées par les citoyens, les associations et les ONG mais les
pouvoirs publics et les acteurs du monde agroalimentaire sont encore attendus afin de créer des
politiques alimentaires avec une approche systémique ;
> Il est possible de construire un système de sécurité sociale alimentaire en utilisant l’argent qui
pourrait être économisé grâce aux améliorations du système alimentaire (ex. : moins de dépenses
de santé en lien avec les maladies non-transmissibles liées à l’alimentation) ;
> Un grand nombre d’initiatives ont lieu en Biovallée. Par exemple, la cantine scolaire de Piégros,
qui réalise 150 repas par jour, effectue 50 % du volume de ses achats en bio et 70 % soit bio, soit
locaux, soit labellisés ;
> Notre territoire a la capacité d’alimenter sa population en produits locaux d’avantage bio, tout
en gardant des surfaces pour des productions qui pourraient continuer à être exportées (ex. : ail,
oignon, vin, viande de brebis).
> Il s’agit de ne plus chercher à maîtriser le sauvage, mais à travailler avec lui ;
> Il est possible de produire en qualité et en quantité tout en favorisant la biodiversité et la lutte
contre le changement climatique à condition de pratiquer une polyculture-élevage diversifiée tout
en préservant des habitats pour la biodiversité
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