Chemins ruraux faisant, aller de l’avant ?
Excellente initiative que la révision des chemins ruraux. Occasion d’aller de l’avant.
C’est ce que j’attends de l’équipe municipale actuelle qui, dès février 2020, revendiquait une « transition sociétale », un « Bien vivre ensemble », pour « retisser les liens sociaux », dans la « confiance » ainsi qu’un « mode de gouvernance participatif ».
En quoi cette révision des chemins ruraux est une occasion exemplaire d’aller de l’avant ?
Expérimenter la notion de « communs » ?
Pour répondre à cette question, il faut évoquer la notion de « communs », concept en pleine émergence dont les pratiques pionnières vont contribuer à enrichir le Droit au service de l’humain et du non humain, de l’implication citoyenne, de la réciprocité et de l’intérêt général au rebours d’une vision capitaliste ou privative, voire bureaucratique. Que les biens en question soient privés ou publics, les « communs » permettent d’exercer collectivement des droits fondamentaux pour toutes et tous. Pour les spécialistes, il faut donc une ressource (matérielle ou immatérielle), une communauté et une pratique. Dans la vallée, la rivière Drôme et sa biodiversité peuvent en être une bonne illustration.
Les chemins ruraux, des « communs » ?
Tant par les définitions qu’en donne la doctrine et même la jurisprudence que par la « vision sociétale » revendiquée par l’équipe municipale, tous les chemins ruraux ont vocation à devenir des « communs ».
Ils sont une ressource, à la disposition d’une communauté (agriculteurs, promeneurs, résidants, chasseurs…) qui a la charge de son entretien et ils sont représentatifs d’une pratique, en particulier celle de permettre aux habitant(e)s et aux touristes de pratiquer une activité agréable, écologique, créatrice de « lien social » et qui est « juste » en ce sens qu’elle ne coute rien.
Nul doute, j’en conviens, que quelques intérêts particuliers s’opposent à cette vision d’avenir. Certaines velléités de privatisation de ces chemins en témoignent. N’est-ce pas l’occasion justement de protéger et d’associer activement le plus grand nombre à un schéma d’avenir conforme à des pratiques ancrées depuis très longtemps ?
Aller de l’avant
Nous sommes à la croisée des chemins. Cette révision ne sera peut-être que purement formaliste et administrative. Ou partiale. Mais à l’inverse elle peut aussi être une occasion novatrice, dynamisante, pédagogique en invitant usagers et propriétaires à développer cette notion de « communs ». Ce serait un pas en avant exemplaire dans la concrétisation d’un « Bien vivre ensemble » assez défaillant. Ainsi, forts des nombreuses expériences associatives ou coopératives (je pense aux SCIC) nous avons là le savoir-faire pour réunir, dans une gestion commune et conviviale, propriétaires, usagers, puissance publique, acteurs
de l’économie… Bref, une amorce de « transition sociétale » attrayante qui relativise certes la portée de la
« propriété privée », mais pour le bien du plus grand nombre.
Bientôt des décisions ?
Le Conseil Municipal devrait bientôt se prononcer sur ces « agréables itinéraires de promenade de
proximité » que Françoise Tesseron invoque dans le JDD du 8 octobre. Ce n’est pas si facile face aux
intérêts particuliers en embuscade. Les décisions qui seront bientôt prises vont par conséquent préciser
la sincérité de l’équipe municipale au service de l’intérêt général.
Qu’elle soit encouragée à oser aller de l’avant.
Jean-Louis Virat
164 impasse Prémol 26150 DIE