Prendre soin du vivant
Le vivant survivra-t-il ? Comment coexister avec les animaux, même les plus menaçants ? Quelle est la juste place de l’homme ? C’est avec ces questions en tête qu’Écologie au Quotidien, dominée par le majestueux Mont Glandasse qui abrite des vautours fauves, des rivières limpides et des bouquetins curieux, a concocté ce programme. Vivre en parcourant les montagnes et en partageant le quotidien des femmes et hommes du Diois, la beauté des versants balayés par la sécheresse ou les orages, en plantant des arbres de Lus à Loriol, de Luc à Livron, un art de prendre soin de la montagne. Vivre face à de gigantesques hêtraies et pinèdes accrochées aux versants pentus du Vercors et où, peut-être, se cachent des loups. Vivre un rapport au monde vibrant d’humilité et d’éternité. Vivre incroyablement vivant !
La montagne est un organisme vivant avec lequel il s’agit de coopérer. Une puissance animée et sensible. Dans leur milieu, dépendant du ciel et de la roche, un lien poétique et mystique à la montagne est créé. En même temps, il faut aider la montagne, la protéger, la préserver par exemple en réintroduisant des vivants éradiqués hier ou en proposant des plantations.
Tous les endroits sur terre sont touchés par les activités humaines, même les parcs (comme le Parc Naturel Régional du Vercors), où la faune et la flore sont régentées. Le mot « vivant » renvoie davantage à ce qui échapperait à une forme de contrôle, d’ordonnancement, de subordination, à ce qui ne plie pas. En montagne, on fonctionne beaucoup à l’instinct, la nature prend toujours le dessus sur la présence humaine.
La terre appartient à tout le monde, pas seulement à l’être humain. La montagne révèle-t-elle notre incapacité collective à cohabiter de manière harmonieuse, à faire de la place à ce qui échappe à notre contrôle ? De la même manière, on veut retirer les soi-disant « mauvaises herbes » qui envahissent notre jardin. Une situation de toute la vie qui bat ici, des sols habités par les lombrics, de la diversité des fleurs, des forêts souffrantes du désastre climatique.
Cohabiter est un défi. C’est presque un changement de civilisation. On se sent dans un milieu à bas bruit. Frémissant. Aujourd’hui, une grande partie du renouvellement du regard sur la nature est l’œuvre de femmes. C’est un regard qui s’affranchit de la volonté de domestiquer et d’asservir le vivant. Les femmes sont du côté des animaux, des plantes, des exploitées. Elles aussi ont été trop longtemps les possessions des hommes, mises à leur service. Nous sommes à un moment de bascule anthropologique !
La montagne nous a choisi.es et nous ne savons pas pourquoi. Nous sommes cette rivière Drôme… elle coule en nous !
Nous sommes en montagne, et la montagne est en nous. Elle a sédimenté en nous. « Nous sommes la nature prenant conscience d’elle même » Élisée Reclus.
Pour notre part, nous sommes ancrés, comme incorporés à cette terre, à la bonne place. Celle de la rencontre avec le vivant.
Claude Veyret

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