Principe de non-précaution
glyphosate
Le glyphosate, cet herbicide contesté, a obtenu jeudi un sursis de dix ans. La Commission européenne semble bien avoir cédé au lobby de l’agroalimentaire et de la chimie. Le Roundup, sa déclinaison la plus courante produite par Bayer, restera donc légal.
« Pourtant, ce produit est considéré comme probablement cancérigène par l’OMS. Mais pas par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Problème, cette dernière se base sur les rapports des industriels de la chimie. Et ceux-ci ont été pris la main dans le sac à écarter des études gênantes pour leurs petites affaires. Et tant pis si de plus en plus de pathologies – Parkinson et Alzheimer, ou encore les problèmes reproductifs, notamment – sont corrélées au glyphosate. Sans parler de l’impact désastreux sur la biodiversité. C’est que cet herbicide est un élément clé dans l’industrialisation de l’agriculture. Il participe d’un processus de concentration: les semences génétiquement modifiées résistantes au glyphosate font partie de cette chaîne et rendent les agriculteurs dépendant des grands semenciers affiliés au système.
Au-delà d’un respect élémentaire de la santé des Européen·nes, c’est donc aussi un modèle économique qui est en jeu. Celui de la mainmise des grands groupes industriels sur le mode de production de notre alimentation. Cela explique sans doute ce feu vert de Bruxelles. Et le reniement – un de plus – d’Emmanuel Macron qui avait promis une sortie du glyphosate. Trop de gros sous sont en jeu. Et cela prime sur le principe de précaution« . MCD
Réactive de Marie Pochon suite au renouvellement du glyphosate par
l’Union européenne le 16 novembre 2023
Macron en marche arrière
Ce jeudi 16 novembre, faute d’un accord entre Etats membres, la Commission européenne
a renouvelé l’autorisation du glyphosate pour 10 ans. L’abstention de la France marque un
recul politique grave.
Pour Marie Pochon, députée Écologiste de la Drôme : “Le retournement de la France sur le
glyphosate est révoltant. Ne pas s’opposer au renouvellement, alors que l’herbicide est
classé depuis 2015 comme cancérogène probable par le Centre international de Recherche
sur le Cancer, est une position scandaleuse en termes de santé publique.
En 2017, Emmanuel Macron avait fait la promesse de sortir du glyphosate en 3 ans et la
France avait voté contre le renouvellement de l’herbicide. Que s’est t-il donc passé en cinq
ans pour que la France passe d’un votre contre une autorisation de 5 ans, à une abstention
pour une autorisation de 10 ans ? Les impacts sanitaires et environnementaux désastreux
du glyphosate ont-il été éliminés, justifiant ce retournement ? Certainement pas. En 2022, le
groupe allemand Bayer, propriétaire de Monsanto, a même été définitivement condamné par
la Cour Suprême des Etats-Unis à verser 25 millions de dollars à un homme imputant son
cancer au désherbant Roundup, dont la principale substance active est le glyphosate. Le
groupe, qui est visé par 30 000 plaintes similaires, a par la suite indiqué avoir mis 4,5
milliards de dollars supplémentaires de côté pour faire face aux autres procédures. En
France, il y a un mois, soit en octobre 2023, la commission d’indemnisation des enfants
victimes d’une exposition prénatale aux pesticides établissait un lien de causalité entre
l’exposition au glyphosate de Sabine Grataloup, alors qu’elle était enceinte, et la maladie de
son fils Théo.
Il faut enfin rappeler que contrairement à l’agence européenne des produits
chimiques, l’INSERM et d’autres agences parlent de liens significatifs en matière de
perturbations endocriniennes, de reprotoxicité ou de neurotoxicité. En 5 ans, les preuves à
l’encontre du glyphosate ne s’allègent donc pas.
Depuis 2017, les lobbies de l’agro-chimie ont assurément bien travaillé, pour que la France
n’arbitre plus en faveur de la santé publique et du bien commun, mais en faveur d’intérêts
économiques privés. La France avait l’opportunité d’agir et ne l’a pas fait. C’est un échec
terrible.”
Marie Pochon
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