COP28 : Les États-Unis annoncent 3 milliards pour le climat
Samedi, la vice-présidente des États-Unis, Kamala Harris, a dévoilé la contribution américaine au Fonds vert pour le climat, rattrapant des années de non-contribution

La vice-présidente des États-Unis, Kamala Harris, a annoncé samedi à la COP28 à Dubaï une contribution de trois milliards de dollars au Fonds vert pour le climat, rattrapant des années de non-contribution de la part du pays le plus riche du monde.
«Je suis fière d’annoncer un nouvel engagement de 3 milliards de dollars au Fonds vert pour le climat», a déclaré Kamala Harris, dépêchée à la 28e conférence de l’ONU sur le changement climatique à la place du président Joe Biden. La dernière annonce de contribution de Washington datait de Barack Obama, en 2014 (pour 3 milliards de dollars), alors que de nombreux autres pays ont renouvelé leurs contributions entre-temps.
30 milliards émiratis pour un nouveau fonds
De leur côté, les Émirats arabes unis ont annoncé vendredi qu’ils allaient investir 30 milliards de dollars dans un nouveau fonds pour le climat avec le secteur privé, en partenariat notamment avec le géant BlackRock.
L’hôte de la COP28, riche en pétrole, a déclaré que le fonds, appelé Alterra, se concentrerait sur des projets climatiques dans le monde en développement, espérant stimuler des investissements totalisant 250 milliards de dollars d’ici à 2030.
Tripler les énergies renouvelables
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré vendredi que plus de 110 pays souhaitaient voir la COP28 adopter l’objectif de tripler la capacité des énergies renouvelables et de doubler le taux annuel d’amélioration de l’efficacité énergétique dans le monde d’ici 2030.
Les pays du G20, qui représentent près de 80% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, ont ouvert la voie à un tel accord en appuyant en septembre les efforts pour parvenir à cet objectif, qui doit encore être approuvé par tous les pays de la COP.
Un fonds «pertes et dommages» pour les pays vulnérables
Le premier jour des négociations a vu le lancement d’un fonds «pertes et dommages» destiné à aider les pays vulnérables à faire face aux conséquences de plus en plus coûteuses et dommageables des catastrophes climatiques.
L’accord de jeudi a été assorti de premières promesses financières, qui s’élèvent à près de 600 millions de dollars, selon un décompte du Natural Resources Defense Council, voire près de 700 millions en ajoutant des engagements encore non détaillés au sein de l’Union européenne.
Les Émirats arabes unis, l’Allemagne, l’Italie et la France ont chacun promis jusqu’à 100 millions de dollars ou d’euros.
Ces montants ne sont toutefois qu’une mise de départ pour tester les premiers pas du fonds avant un véritable tour de table. Ils sont largement inférieurs aux 100 milliards de dollars par an que certains pays en développement, historiquement les moins responsables du réchauffement, ont réclamé.
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a salué les premières promesses, mais a déclaré qu’il fallait «mobiliser des fonds à une échelle bien plus grande».
Les militants de la cause du climat ont déclaré que l’offre des États-Unis (17,5 millions de dollars soumis à l’accord du Congrès) était tout à fait insuffisante de la part du plus grand pollueur historique de la planète
«Il s’agit d’une somme dérisoire et honteuse qui montre que les États-Unis ne sont absolument pas déterminés à donner la priorité aux impacts climatiques auxquels les communautés de première ligne sont confrontées», a commenté Bineshi Albert, de l’Alliance pour la justice climatique.
APPIS