Drôme – Michèle Rivasi est décédée
Nicolas Lemonnier
C’est une figure emblématique de la politique drômoise qui s’est éteinte à 70 ans. La député européenne, Michèle Rivasi, est décédée ce mercredi 29 novembre des suites d’une crise cardiaque.
A l’origine de la Criirad
Avant de faire une brillante carrière politique avec EELV (Europe écologie les Verts), Michèle Rivasi a d’abord été une professeure agrégée de sciences naturelles. En 1986, elle affirme que la catastrophe nucléaire de Tchernobyl a été » le premier gros mensonge d’État « . Pour elle, le discours officiel d’un nuage radioactif qui aurait épargné la France ne tient pas. Elle crée alors la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD), avec d’autres militants écologistes. Objectif affiché : contrer le monopole d’Etat sur les études liées à l’impact du nucléaire. Michèle Rivasi est toujours restée une fervente opposante au nucléaire. Elle a même été qualifiée de « bête noire du lobby nucléaire » par le journal Libération. Son engagement écologique lui permettra de prendre la tête de Greenpeace entre 2003 et 2004.
Un engagement politique et écologique
Elle s’est engagée en politique à partir de 1995, d’abord comme conseillère municipale de Félines-sur-Rimandoule, dans le sud Drôme. En 1997, elle est élue députée dans la première circonscription de la Drôme, battant de 34 voix seulement le candidat sortant, Patrick Labaune (RPR). A la fin de son mandat, en 2002, elle s’affilie au Parti socialiste avant de rejoindre Les Verts en 2005. En 2008, elle est élue conseillère générale et devient vice-présidente du conseil général de la Drôme. La même année, elle est élue au conseil municipal de Valence où elle est adjointe du maire, Alain Maurice, en charge des financements européens. En 2014, lors des élections municipales, elle n’obtient que 11 % des voix, suffisant toutefois pour siéger dans l’opposition jusqu’en 2020.
En parallèle, Michèle Rivasi a été élue au parlement européen en 2009 avec l’étiquette EELV. Elle y siégeait toujours 14 ans plus tard. Elle a notamment fait de la lutte contre l’autorisation du glyphosate un de ses chevaux de bataille.
Elle avait aussi failli devenir la candidate des verts à l’élection présidentielle de 2017, battue au second tour de la primaire par Yannick Jadot.
Des engagements parfois contestés
Femme engagée, Michèle Rivasi a soutenu de nombreuses causes, parfois controversées, pendant sa carrière. Avec l’opération » Mains propres sur la santé « , elle a par exemple attaqué les lobbies pharmaceutiques en 2015, elle s’est aussi battue pour la création de zones blanches pour les personnes électro-sensibles et elle s’est opposée à la généralisation du compteur Linky. Plus récemment, elle a soutenu les opposants à l’extension du complexe religieux de Saint-Pierre-de-Colombier en Ardèche. Mais ses prises de position ont parfois été contestées. On lui a ainsi reproché ses accointances avec le mouvement antivax lors de l’épidémie de Covid 19 lorsqu’elle réclamait plus de transparence sur les vaccins au niveau européen.
Elle s’est éteinte à 70 ans.
Peuple libre
Mort de Michèle Rivasi : l’eurodéputée écologiste meurt subitement à l’âge de 70 ans

L’eurodéputée de la Drôme, Michèle Rivasi est décédée brutalement ce mercredi 29 novembre d’une crise cardiaque alors qu’elle se rendait à Bruxelles, a annoncé son entourage.
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Mort de Michèle Rivasi : l’eurodéputée écologiste meurt subitement à l’âge de 70 ans
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Hakim Mokadem
L’eurodéputée de la Drôme, Michèle Rivasi est décédée brutalement ce mercredi 29 novembre d’une crise cardiaque alors qu’elle se rendait à Bruxelles, a annoncé son entourage.
Tragique disparition dans les rangs des écologistes. La députée européenne Michèle Rivasi est décédée subitement des suites d’une crise cardiaque ce mercredi 29 novembre, rapporte notamment France Bleu Drôme Ardèche.
D’après la station, l’élue de la Drôme a perdu la vie alors qu’elle était en chemin vers l’un des lieux de travail du Parlement européen à Bruxelles. Elle avait 70 ans.
- Membre d’Europe Écologie les Verts (EELV, devenu Les Écologistes en octobre 2023), Michèle Rivasi a un temps été députée socialiste au sein de l’Assemblée nationale (1997-2002) avant de faire son entrée au Parlement européen en 2009 sous l’étiquette écologiste. Elle y sera réélue deux fois : en 2014 et 2019.
Marine Tondelier « sous le choc »
Cette professeure agrégée de profession a aussi exercé différents mandats électifs locaux dans son département natal : cumulant les fonctions de conseillère municipale de Valence et conseillère générale de la Drôme.
Contactée par Libération, la secrétaire nationale des Écologistes Marine Tondelier s’est dite « sous le choc ». Sur X (anciennement Twitter), la numéro un du parti a aussi fait part de son « infinie tristesse ». Sur le même réseau social, la présidente du Parlement Européen s’est dite « attristée » par le décès soudain de Michèle Rivasi, affirmant que son hémicycle « perd une députée expérimentée aux convictions profondes, engagée et assidue ».
Controverses sur la vaccination
Au cours de sa carrière politique, Michèle Rivasi s’est notamment illustrée à la tête de la CRIIRAD, la commission de recherche française conduisant des études sur la radioactivité, suite de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en 1986. Elle en était la cofondatrice et la première présidente.
France bleue
Disparition« Sa mort inattendue laisse un vide immense », annonce l’eurodéputée Marie Toussaint
Michelle Rivasi, ancienne directrice de Greenpeace France, était eurodéputée depuis 2009.
Elle laisse derrière elle un vide au sein des écologistes à Bruxelles. Eurodéputée EELV depuis 2009, Michèle Rivasi est morte subitement à 70 ans, ont annoncé ce mercredi plusieurs membres des écologistes. « Une combattante de l’écologie s’est éteinte. Michèle Rivasi est décédée. Sa mort inattendue laisse un vide immense », a déclaré Marie Toussaint, tête de liste des écologistes aux européennes sur X.
« Elle était de ces infatigables militantes, conviviale, authentique, accessible. Nous pleurons une grande dame de l’écologie politique », a assuré de son côté Marine Tondelier sur le même réseau social. « C’était une écologiste convaincue (…), luttant contre les lobbies, députée européenne infatigable. Son énergie pour l’écologie, la santé et la vie va nous manquer », a estimé de son côté Bruno Bernard, président de la métropole de Lyon.
Une « grande dame de l’écologie politique » discrète aux yeux du grand public
Née le 9 février 1953 à Montélimar, Michèle Rivasi, normalienne agrégée de biologie, s’apprêtait à achever son troisième mandat au Parlement européen où elle était notamment connue pour ses positions anti-lobbies pharmaceutiques et anti-pesticides. Peu connue du grand public, cette brune souriante à l’accent provençal et au caractère bien trempé, « ne lâchait jamais rien », lui a rendu hommage Marie Toussaint.
Elle était très populaire auprès des militants écologistes qui l’avaient placée devant Cécile Duflot lors des primaires du parti en 2016 pour la présidentielle. En 2019, elle avait également failli ravir la tête de liste aux européennes à Yannick Jadot. Elle avait fondé en 1986 la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (Criirad), deux semaines après la catastrophe de Tchernobyl. Très impliquée dans la lutte contre la pollution de l’air, elle s’est plus récemment illustrée par des prises de position controversées contre la vaccination.
Mort de Michèle Rivasi : « C’était un roc. Elle ne baissait jamais la garde. Elle s’est battue toute sa vie, elle ne s’arrêtait jamais »
« Un roc », « une force de caractère »
« C’est beaucoup de souvenirs, on a fait beaucoup de campagnes ensemble, beaucoup de réunions publiques. Michèle se déplaçait à la demande de beaucoup d’associations. Elle se battait contre tous les lobbies et tous les puissants », ajoute l’élu métropolitain.
L’élu écologiste ne réalise pas encore la disparition de l’eurodéputée. L’annonce du décès de Michèle Rivasi, victime d’un AVC à 70 ans, a été annoncée à la mi-journée ce mercredi 29 novembre.
« C’était un roc, on n’imagine pas qu’une femme comme elle puisse décéder un jour. Elle ne baissait jamais la garde », poursuit Jean-Charles Kohlhaas. « Malgré les désaccords sur certains sujets, son courage et sa force de conviction nous laissaient tous admiratifs. C’est ce qui restera ». Michèle Rivasi était une femme politique et une élue, mais surtout « une militante associative ».
« De tous les combats »
Jean-Charles Kohlhaas brosse le portrait d’une « femme de caractère », dont la première action est associée à la catastrophe de Tchernobyl en avril 1986. « Sa première action, c’est son combat pour expliquer à la population qu’il n’était pas possible que le nuage radioactif s’arrête aux frontières de la France », se souvient l’écologiste.
« Radioactivité, pollution, elle était de tous les combats. Elle acceptait de porter tous les combats ». L’écologiste oullinois rappelle que Michèle Rivasi s’est aussi engagée « pendant un temps » aux côtés de Corinne Lepage, avocate, ancienne ministre de l’Environnement et ex-députée européenne. Cette dernière n’a pas manqué non plus de réagir sur les réseaux sociaux après la disparition de l’eurodéputée. Sur X, elle écrit : « Immense tristesse, en apprenant le décès de Michèle Rivasi, femme de conviction et de grande intégrité avec laquelle j’ai pu mener tant de combats communs »
L’élu décrit une femme « qui s’est battu toute sa vie », « qui ne s’arrêtait jamais ». La veille de son décès, l’eurodéputée publiait, sur le réseau social X, un message dénonçant « la publication d’une étude médicale sur l’accès aux médicaments et l’innovation pharmaceutique ».
Contre la vaccination obligatoire
Ses dernières prises de position contre la vaccination obligatoire au moment de la crise Covid ont cependant provoqué surprises et polémiques. « Je ne pense pas qu’elle était antivax. En fait, elle se battait contre le manque de transparence des lobbies pharmaceutiques. Elle voulait de la transparence et de la clarté pour les citoyens. Elle n’était pas contre les vaccins, mais contre le fait de les imposer à tout le monde », d’après Jean-Charls Kohlhaas, également infirmier. « Sur pleins d’autres sujets, elle était admirable. Je garde l’image d’une montagne qui se bat contre beaucoup plus géant qu’elle ! », conclut l’élu écologiste.
Le décès soudain de Michèle Rivasi a suscité une pluie d’hommages, en premier lieu, au sein de sa famille politique.
Dolores Mazzola et Olivier Michel sur 20 minutes