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De la nécessité de s’engager dans les temps difficiles !

Nos ne ferons pas un bilan de cette année 2023… Entre les guerres, les séismes ou les inondations dévastatrices. Le regain de l’antisémitisme, le réchauffement climatique, la détresse de la jeunesse… la montée des périls autoritaristes. Et les pauvretés.

Nous sommes blessés. Affectés. Individuellement ou collectivement.

Alors oui il est temps de s’engager ! Positivement !

Certes parfois nous n’en avons guère le résultat immédiat, mais s’engager dans la réflexion, l’action, le partage et l’entraide nous investissons pour l’avenir de nos enfants, de ceux des autres pour le monde de demain.

Alors « ne pas désespérer Billancourt » comme nous disions en 1968.

Aujourd’hui « ne pas désespérer notre jeunesse ».

Ne pas se laisser enliser dans la désespérance voir pire le ressentiment.

Respirer. En accompagnant le Glandasse du regard dans sa silhouette sécurisante. En posant nos pieds sur cette terre argileuse des lendemains de pluies régénératrices. En croisant ces geais criards voguant de chênes en chênes. En se cachant les yeux du soleil qui perce les nuages ballonnés. En dégustant la beauté du monde qui s’offre à nous sans rien demandé. Et cet effluve des pins qui suent leur troisième sècheresse.  Et ces buis qui n’ont rien lâchés ni vert, ni brillance.

Alors oui il est temps de s’engager ! Effectivement !

Agir et non réagir ? Accomplir et non ressasser ? Comprendre et non juger ? Préférer s’engager dans des actions plutôt que subir sans cesse ? Ah ! les victimes sempiternelles ! La faute au père, à la mère, à la société, au colonialisme, au patriarcat, au juge, aux riches, à la police, à la municipalité, aux cons… les martyrs sont toujours à genoux !

Alors oui il est temps de s’engager !  C’est bon pour la santé ! Cela fait du bien ! C’est un chemin d’espérance !

Jamais le mot « lumière » n’a eu autant de pertinence, Les lumières du 18ème siècle contre la superstition et contre l’arbitraire où « l’homme éclairé » s’oppose à ceux restés dans les ténèbres. La lumière permet de lutter contre l’obscurantisme c’est-à-dire la bêtise et l’ignorance qui rendent intolérants. Dans ces ténèbres sociétales il nous faut chercher la lumière, ici et encore ! Toujours et partout ! Et la lumière désormais se trouve dans la fraternité et la sororité. « Adelphité » comme dit Anne Tesson. Fraternité avec les plus vulnérables, des humains, des êtres de la nature, ceux qui ne peuvent pas se défendre… Des plus silencieux. Jamais entendus, jamais écoutés. Jamais préservés, jamais protégés !

Alors oui il est temps de s’engager ! C’est pour chacun transformateur !

Qui peut autre que nous même transformer le monde. Personnellement et collectivement.

Il faut faire l’effort de la rencontre avec les autres.  Voisins, amis, contradicteurs, ennemis, adversaires, arbres, rivières, rosée, brouillard, arbustes sans fleurs ou rapaces sans loi. De chair et de sang, de sève et d’écorce. De sensualité et de plaisir.

Alors oui il est temps de s’engager ! Dans cette vie vivace et vivable….

Penser comme un arbre. Penser commune rivière. Panser comme un » sapiens sapiens complexus » évoqué par Edgar Morin. Accueillir dignement l’altérité et la confiance. Comme un marcheur en montagne tenace et sans plainte. Nous sommes cette cordée où il faut des premiers et des derniers pour faire haies de vie. Lisières d’existante. Orée de chance. Les âmes cachées. Des vies improbables. Des déterminations secrètes. La nature, en nous, nous élève et nous rend humble. Jamais mon cœur ne montera mon sang à 25 mètres de haut, comme un modeste arbre le fait régulièrement. Il y a plus grand que soi ! « Sans colère, sans haine, sans violence, sans armes » comme dirait Albert Spaggiari. La compréhension et le discernement nous portent.

Alors oui il est temps de s’engager ! C’est notre accomplissement d’humanité !

Certes parfois, devant tant de scepticisme, de doutes… faiblir ? Personne ne fera à notre place l’accouchement de cet humanisme. Personne ne fera notre vie singulière à notre place, personne ne sera l’acteur de notre vie ou dans la société à notre place. C’est cette confiance, sincérité et joie qui alimente un futur désirable. Un futur pour les autres, des autres ! Aucune fleur n’exhale son parfum pour toi ! Nous parfumerons le monde pour le plaisir du plaisir.

Die, 25 janvier 2024

Claude Veyret,  

Die, 14 janvier 2024

claude.veyret26@gmail.com

(Texte initial d’inauguration des Rencontres de Die et de la Biovallée du vendredi 28 janvier 2024).

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