DOSSIER HÔPITAL : DROIT DE RÉPONSE DE L’OPPOSITION MUNICIPALE
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■ Sur la question de l’emplacement du futur hôpital/EHPAD, la majorité actuelle voudrait réduire le débat à une simple querelle politique. Tel n’est pas le cas. Il ne
s’agit pas d’une question d’idéologie, mais d’enjeux véritables.
En tant qu’acteurs engagés, attachés à la pérennité d’un équipement de santé majeur pour notre territoire, nous sommes avant tout motivés par un sens de
responsabilité. Nous le faisons en nous basant sur une analyse pragmatique et en écoutant attentivement les préoccupations de nos concitoyens ainsi que les
recommandations des professionnels de santé. C’est de cette manière que, inlassablement, nous trouvons l’impulsion nécessaire pour recentrer le débat sur les
questions de fond.
Ce projet complexe requiert une approche nuancée, bien loin des simplifications trompeuses qui nous sont servies quotidiennement. Une pièce ronde ne rentre pas
dans un trou carré. Même les meilleurs communicants du monde n’y pourront rien : la réalité existe, et les faits sont têtus !
Dans la dernière édition du JDD (08/03/2024), la majorité municipale s’entête à instiller l’idée que pour l’emplacement du futur hôpital tout est clair et inéluctable : ce
serait Chanqueyras. FAUX !
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Ce communiqué, dans son habile formulation, laisse entendre que les jeux sont faits, que le projet est validé, et sous-entend que toute forme de contestation serait
désormais inutile et vouée à l’échec. FAUX !
Pire encore, certains des arguments avancés altèrent la réalité des faits.
Ainsi ne lit on pas que par notre vote du 14 décembre 2014 nous aurions classé la Zone de Chamarges en Site particulièrement remarquable (SPR) alors que c’est la
loi du 07 juillet 2016 qui a automatiquement attribué ce statut aux ZPPAUP, AVAP et secteurs sauvegardés existants.
Par ailleurs, qui aurait pu imaginer, en 2014, la construction d’un nouvel hôpital à Die ? Personne ! Pourtant, c’est sous notre mandature que cette décision a été obtenue.
Fin 2019, suite à un vote du Conseil de Surveillance de l’Hôpital de Die, présidé par Gilbert Tremolet, la décision d’acquérir le terrain de Chamarges a été prise, à
l’unanimité (ARS, Conseil de Surveillance, Président de la CCD, Sous-préfet, Députée, Conseillers départementaux).
L’achat a été finalisé début 2020. A cette époque, les contraintes liées à la pandémie de Covid-19 et le changement de majorité nous ont empêchés d’entamer
les procédures juridiques pour la construction du nouvel hôpital à Chamarges.
Par la suite, pour des raisons idéologiques et politiques, l’équipe de la majorité actuelle a proposé le site de Chanqueyras. Ce n’est pas l’intérêt public d’un hôpital
bien situé qui a primé. Ce choix municipal de réorienter le projet a été désavoué lors du Conseil de Surveillance du 17 décembre 2021, présidé par Mme Isabelle Bizouard.
Les 6 professionnels de santé et représentants des usagers se sont exprimés Contre, tandis que seuls 3 élus ont dit être Pour. Il faut savoir qu’à
plusieurs reprises, notamment lors de la réunion de la CCD du 4 mai 2023 à Recoubeau, le Directeur du Groupement Hospitalier de Territoire a affirmé que
« Chamarges est l’emplacement idéal »
Dans un courrier daté du 1er juillet 2021, Monsieur le Préfet déclarait : « le site de Chamarges, actuelle propriété du centre hospitalier, se trouve en zone agricole et en
Site Patrimonial Remarquable avec une prescription d’inconstructibilité. L’intérêt général certain que représente un hôpital permettrait d’envisager la consommation
de terres agricoles… » La SAFER * ne s’est d’ailleurs pas opposée à l’achat. Un projet d’utilité publique tel que la construction d’un hôpital peut justifier le
déclassement de l’infime partie du périmètre concerné.
La procédure pourrait s’appuyer sur des arguments de bons sens et de poids (rappelons que le site accueille l’hélistation médicale en fonctionnement depuis
plusieurs années), et ne serait alors qu’une formalité.
Ainsi, sans la demande de changement de site de la part de l’équipe de Mme Bizouard, le projet aurait pu se poursuivre sur Chamarges. La perspective d’une
réalisation plus rapide à Chanqueyras nous laisse perplexe.
Depuis mars 2021, l’équipe actuelle s’obstine sur le choix de la ZAC de Chanqueyras, multipliant les études qui vont se poursuivre encore toute cette année,
simplement pour en modifier le statut.
• Par ailleurs, qu’en est-il des études techniques : réseau électrique, approvisionnement en eau potable, gestion des eaux pluviales, les systèmes
d’égouts, la défense incendie. Qu’en est-il de leur dimensionnement ? Qu’en est-il des voies d’accès/desserte, conçues actuellement pour des véhicules de faible gabarit ?
• Qu’en est-il du survol et de l’atterrissage de l’hélicoptère ? Rappelons, que le projet de construction ne se conçoit qu’avec l’hélistation médicale à l’intérieur de l’enceinte
hospitalière. Une exigence capitale qui est totalement omise dans l’article de la semaine dernière.
• Qu’en est-il d’un EHPAD à dimension humaine et de plain pied ?
Relevons également que dans son argumentaire, la majorité municipale ne voit pas l’intérêt de construire des logements neufs à Chanqueyras. Pourtant, le besoin en
logements sociaux et en primo accession à la propriété est flagrant. Ce ne sont pas les quelques dizaines de logements dans le cadre de l’OPAH qui vont changer la donne.
En ce qui concerne notre équipe, la construction de ce nouveau quartier allait de pair avec l’aménagement de la sortie Est de Die, entre le rond-point de la route de
Romeyer et celui de Chanqueyras, offrant ainsi une nouvelle affluence significative aux commerces du centre-ville.
Enfin, des questions cruciales sont purement et simplement passées sous silence, ignorées, esquivées. Quelle est la valeur du terrain de Chanqueyras qui serait vendu
à l’hôpital ? Quelle est l’ampleur des surcoûts engendrés, et comment cela pourrait-il impacter le projet ? Serait-il seulement viable au plan financier ?
■ Préserver la continuité républicaine, c’est primordial pour tenir le cap sur les projets d’envergure pour le territoire. Deux programmes, qui allaient structurer notre bassin
de vie pour les dizaines d’années à venir, sont aujourd’hui en péril :
• La poursuite de la ZAC de Chanqueyras, un outil d’aménagement stratégique alors que la commune est en pleine crise du logement.
• La dynamique d’implantation de l’hôpital en aval de Die (en continuité de l’hélistation médicale déjà fonctionnelle, renforçant la sécurisation des urgences et les transferts du quotidien vers les plateaux techniques de Valence).
■ Nous l’affirmons clairement, car c’est l’évidence même : L’implantation de l’hôpital à Chamarges est un projet cohérent et bénéfique pour
l’avenir du Diois, le seul qui vaille pour la pérennité de cet établissement de soins, garant de la santé de l’ensemble des habitants du territoire et des conditions de travail des professionnels.
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– Les élus de l’équipe AVDD, groupe d’opposition municipale : Gilbert TREMOLET, Marylène MOUCHERON, Christian REY, Agathe LAVILLE, Thomas BECHET, Laetitia ORAND.
(* Société d’Aménagement Foncier et d’Etablissement Rural)