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Exposition à Genève : Les avocats rendent hommage aux «visages de la liberté»

Quinze portraits d’avocats persécutés ou assassinés dans le monde seront exposés au Palais de justice.

Luca Di Stefano
Die-Genève : 239 kms soit 3h12mn
Ebru Timtik, avocate turque, est morte à la suite d’une grève de la faim. Elle réclamait un procès équitable après son arrestation pour une prétendue appartenance à une organisation terroriste.
Ebru Timtik, avocate turque, est morte à la suite d’une grève de la faim. Elle réclamait un procès équitable après son arrestation pour une prétendue appartenance à une organisation terroriste.

Il et elles s’appellent Derk Wiersum, Ebru Timtik et Rana Habibi. Le premier a été assassiné chez lui, aux Pays-Bas, pour avoir défendu un témoin repenti. La deuxième est morte après 238 jours de grève de la faim alors qu’elle réclamait un procès équitable en Turquie. Engagée dans la défense des femmes et enfants victimes de violences en Afghanistan, la troisième a dû fuir lorsque les talibans ont repris le contrôle du pays.

Des milliers de kilomètres séparent ces trois personnalités. Mais elles partagent une même profession, celle d’avocat. Leurs visages font partie des quinze portraits qui sont affichés, depuis ce mardi et jusqu’au 19 avril, dans la galerie des pas perdus du Palais de justice de Genève.

Persécutés pour leur travail

L’exposition se nomme «Visages de la liberté». Conçue en 2020 par l’Union internationale des avocats, le Conseil national des Barreaux et le Barreau de Nantes, elle fait désormais escale dans la Cité de Calvin, à l’initiative de la commission des droits humains de l’Ordre des avocats de Genève.

Accessible après avoir passé les portiques de sécurité du Palais de justice, «l’exposition vise à sensibiliser le public au rôle que jouent les avocates et avocats dans la défense des droits individuels et en particulier des droits humains ainsi qu’aux graves risques auxquels ils peuvent personnellement s’exposer en assumant la défense de leurs clientes et clients dans certaines causes», éclaire l’Ordre des avocats de Genève.

Défendre la défense

Avocat genevois, Me Florian Thiébaut s’est engagé au sein de la commission qui empoigne notamment les questions de lutte contre les discriminations, de conditions de détention ou de droit des étrangers. «Quand nous avons découvert cette exposition, nous avons souhaité qu’elle passe par Genève», dit-il. Car ces visages s’inscrivent dans un thème cher aux avocats de la commission des droits humains: défendre la défense. En d’autres termes, lutter pour «le droit d’exercer son métier librement, sans être entravé, menacé, blessé ou tué», poursuit l’avocat.

Dès lors, ces quinze visages représentant autant de situations différentes de par le monde «sont tous touchants à leur manière, selon Me Thiébaut. Ils montrent comment l’exercice de la défense de la cause d’une personne peut être atteint. Dans certains cas, il peut conduire à la mort.»

«Visages de la liberté», du 12 mars au 19 avril, dans la galerie des pas perdus du Palais de justice de Genève (place du Bourg-de-Four 1). Du lundi au vendredi, de 8 h à 18 h. Accès soumis à un contrôle de sécurité.

Luca Di Stefano
Luca Di Stefano sur TDG
Luca Di Stefano est journaliste à la rubrique genevoise depuis 2013. Diplômé de l’Académie du journalisme et des médias (AJM), il couvre en particulier l’actualité judiciaire.

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