Les manœuvres françaises pour saper les ambitions écologiques du Royaume-Uni…
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Aujourd’hui, nous avons décidé de révéler au grand jour les manœuvres anti-écologiques INEDITES de la macronie contre l’océan et les animaux marins.
Attention, ça explose le compteur de l’hypocrisie. Du jamais vu.
Tout commence par une décision du Royaume-Uni il y a près d’un mois : https://t.co/r1CdzBFenI
En conformité avec les recommandations scientifiques, le Royaume-Uni a décidé d’interdire le chalutage de fond dans une partie de 13 de ses aires marines protégées (AMP).
Ces 13 aires marines protégées (AMP) couvrent environ 4 000 km2 et comprennent une biodiversité marine et des récifs coralliens exceptionnels.
Pourquoi interdire le chalutage de fond dans les AMP ? Parce que le chalutage est l’une des pires techniques de pêche au monde : il détruit les fonds marins, les animaux, les juvéniles, les puits de carbone océaniques et le climat. C’est de la déforestation. Une catastrophe.
Créer des aires marines « protégées » permet la reconstitution de la vie marine et le stockage de carbone à très long terme pour lutter contre le réchauffement climatique.
En apprenant la décision de protection du Royaume Uni, le gouvernement d’ Emmanuel Macron a décidé de s’en mêler.
Et c’est à partir de là qu’il faut bien s’accrocher. Devinez pourquoi ?
Pour empêcher le Royaume-Uni de protéger ses aires marines protégées. Vous avez bien lu. C’est AHURISSANT.
Le ministre délégué à l’Europe Jean-Noël Barrot a déclaré que la France résisterait aux « décisions arbitraires du Royaume-Uni » et demanderait à l’UE de prendre des « mesures de rétorsion » contre… la volonté des Britanniques de protéger l’océan, le climat et donc l’humanité !
Aujourd’hui même, alors que le monde entier est réuni à Athènes pour la conférence « Our Ocean », la France a déclenché une réunion avec les services de l’UE et du Royaume-Uni pour obtenir que le Royaume-Uni RENONCE à la protection de ses eaux.
Nous voilà donc dans une situation ubuesque ou le seul pays européen qui commence à mettre en œuvre la directive européenne de protection des habitats marins est… celui qui a quitté l’Union européenne !
Pour être honnête, ce sabotage français nous révolte mais il ne nous étonne pas : Emmanuel Macron refuse obstinément de protéger l’océan.
En France, l’immense majorité des aires marines dites « protégées » ne le sont pas le moins du monde.
Que la France ne veuille pas protéger ses zones dites « protégées » est une chose, mais qu’elle attaque les États qui veulent REELLEMENT protéger les leurs est absolument scandaleux.
2024 a été décrétée « Année de la Mer » par Emmanuel Macron. Nous ne prenons pas cela à la légère : la France doit interdire le chalutage dans ses aires marines protégées sans plus tarder.
Aidez-nous à gagner ce combat. Rejoignez notre coalition citoyenne pour la protection de l’océan : www.coalitionocean.org et agissons jusqu’à la victoire.
2eFondatrice de Bloom, Prix Goldman de l’environnement 2018
Nota : Bonjour, l’intérêt est de protéger le lobby du chalut qui travaille à produire des gros volumes pour la grande distribution. Derrière la protection du chalutage, il y a la protection des enseignes de la grande distribution. Bonne journée ! C.N.
Les manœuvres françaises pour saper les ambitions écologiques du Royaume-Uni
Au moment où le Royaume-Uni fait preuve d’une détermination exemplaire pour mettre en œuvre les recommandations scientifiques et les engagements internationaux en matière de protection de l’océan et où le gouvernement britannique commence à interdire le chalutage de fond dans quelques zones restreintes de ses aires marines protégées, un axe anti-écologique formé par la droite et l’extrême droite françaises refait surface pour tenter de faire plier Londres et la Commission européenne et empêcher une réelle protection des eaux britanniques. Comble de l’ironie, le pays qui a quitté l’UE est le seul à appliquer sérieusement les règles européennes en matière de protection des océans, des écosystèmes et du climat.
Au moment où s’ouvre à Athènes la conférence internationale « Our Ocean » (15-17 avril), les positions défendues par le gouvernement français, la droite et l’extrême droite sont extrêmement embarrassantes pour la France, car elles montrent, dans le contexte de 2024 déclarée « année de la mer » par le président Macron et dans la perspective de la conférence des Nations unies sur les océans (qui se tiendra à Nice en juin 2025), que la France n’est pas seulement à la traîne dans la mise en place de véritables aires marines protégées, mais qu’elle s’oppose très activement au principe même de la protection des océans.
La position préjudiciable de la France est en train d’escalader au niveau européen, la Commission ayant déclenché, à la demande du ministre délégué à l’Europe, Jean-Noël Barrot, une réunion entre les services de l’UE, de la France et du Royaume-Uni ce lundi 15 avril. Le Financial Times vient de confirmer que la France lançait en effet un différend avec le Royaume-Uni sur les droits de pêche, au prétexte que les interdictions de chalutage mises en œuvre dans une partie pourtant très restreinte des eaux britanniques violaient l’accord de commerce et de coopération post-Brexit.
Emmanuel Macron montre aux chefs d’Etat du monde, réunis à Athènes pour protéger l’océan, sa vraie nature anti-écologique.
Zones interdites au chalutage de fond dans certaines aires marines protégées du Royaume-Uni à partir du 22 mars 2024. Comme le montre cette carte, ces interdictions de chalutage de fond visent de très petites zones considérées comme essentielles pour la biodiversité, et sont réparties dans l’ensemble des eaux britanniques.
Retour en arrière : l’ambition avant la protection
Pendant des années, le Royaume-Uni, comme la France et la plupart des autres pays européens, a » fait du chiffre » en créant de vastes aires marines dites « protégées » sans y interdire les techniques de pêche destructrices, créant de facto un réseau d’aires marines « à protéger » plutôt que « réellement protégées ». En février 2022, lors du sommet « One Ocean » organisé par Emmanuel Macron à Brest, le Royaume-Uni, le Costa Rica et la France ont lancé conjointement la « Coalition de la Haute Ambitionpour la Nature et les Peuples » dans le but d’adopter collectivement l’objectif de protéger 30% des terres et des mers d’ici 2030 (l’objectif dit de « 30×30 »).
Quelques mois plus tard, en décembre 2022, lors de la COP15 sur la biodiversité à Montréal, la communauté internationale adopte effectivement cet objectif « 30×30 ». Dans la foulée, et conformément aux recommandations internationales, la Commission européenne a publié en février 2023 son « Plan d’action pour les océans », recommandant que le chalutage de fond soit enfin interdit dans toutes les zones marines de l’UE censées être protégées, à commencer par les zones Natura 2000 désignées pour la conservation des habitats « d’ici à la fin du mois de mars 2024 ».
Il est plus que nécessaire de prendre au sérieux la protection du milieu marin, car les preuves s’accumulent pour montrer que les aires marines protégées (AMP) ne sont toujours que des « parcs de papier » qui n’apportent aucun avantage écologique. Il s’agit d’une préoccupation majeure pour le climat et la biodiversité, mais aussi pour la démocratie, puisqu’une enquête européenne commandée à IPSOS par BLOOM montre que 78% des Européens veulent des aires marines réellement protégées.
L’AMP la plus chalutée d’Europe est française
Dans une nouvelle étude, Raphaël Seguin, chercheur chez BLOOM, vient de révéler qu’en 2023, l’intensité du chalutage, c’est-à-dire le nombre d’heures de chalutage par kilomètre carré, était 1,4 fois plus élevée dans les AMP de l’UE qu’en dehors, et que 100% des méga-chalutiers de plus de 80 mètres de long opéraient dans les AMP européennes. En France, les flottes de pêche sont de facto autorisées à pêcher dans plus de 99% de la zone économique exclusive (ZEE) française, puisque moins de 0,1% des eaux françaises sont effectivement protégées contre le chalutage. BLOOM a établi un classement des AMP les moins bien protégées d’Europe et a montré que l’AMP européenne la plus chalutée est l’AMP française du « Talus du Golfe de Gascogne », qui représentait à elle seule plus de 200 000 heures de chalutage en 2023.
Le gouvernement français opposé « totalement, clairement et fermement » à la protection des océans et à l’ambition britannique
Alors que la France, par la voix de son secrétaire d’État à la mer Hervé Berville, martèle son opposition totale, claire et ferme à la protection des océans, le Royaume-Uni prend son engagement au sérieux et le met en œuvre : en janvier 2021, le gouvernement britannique a interdit le chalutage de fond dans quatre aires marines protégées. Le 22 mars 2024, il a en outre annoncé l’interdiction du chalutage de fond dans certaines parties de 13 aires marines protégées, protégeant ainsi un total de 4000 km2 d’écosystèmes marins de l’une des activités de pêche les plus dommageables qui soient : le chalutage de fond.
Mais au lieu de suivre l’exemple du Royaume-Uni et de reprendre les recommandations de la Commission européenne pour enfin commencer à protéger l’océan, qui est en surchauffe, surexploité et ravagé par une pêche destructrice (les eaux européennes sont les plus chalutées au monde), la France a lancé une cabale contre la volonté du Royaume-Uni de protéger ses eaux.
Un axe anti-écologique allant du gouvernement Macron à l’extrême-droite française, déjà à l’œuvre pour saboter la Loi sur la restauration de la nature à l’été 2023, s’est spontanément reformé en opposition à la protection de l’intérêt général, du climat et de la biodiversité. A qui profite cette soudaine solidarité des politiques ? A l’industrie du chalut, comme toujours. Les mêmes politiques qui ont abandonné les petits pêcheurs français lors des négociations du Brexit (qui n’ont profité qu’aux navires semi-industriels et industriels) et qui ont soutenu la pratique destructrice néerlandaise de la senne démersale contre la volonté des pêcheurs français de l’interdire, se mobilisent sans complexe pour sauver la technique préférée de l’industrie, et la seule concernée par l’annonce britannique : le chalutage de fond.
Contrairement à la science et au sens de l’Histoire qui, face à la guerre en Ukraine et au déficit budgétaire français, plaide plus que jamais pour la transition des flottes de pêche et l’abandon progressif des techniques de pêche énergivores et dépendantes des subventions publiques, comme le chalutage, le ministre délégué français à l’Europe Jean-Noël Barrot a même déclaré : « la France soutient ses pêcheurs et s’oppose à ces décisions arbitraires du Royaume-Uni » ! Cette déclaration résume la « Haute Ambition » de la France pour l’océan et inaugure sombrement l’année 2024, qu’Emmanuel Macron a déclarée « Année de la mer ».
« De tels propos devraient préparer les esprits au triste spectacle que la France offrira lors de la 3ème Conférence des Nations Unies sur les Océans qu’elle accueillera à Nice en juin 2025 » a commenté Claire Nouvian, fondatrice de BLOOM.
« Cédant aux lobbies industriels qui refusent de fermer la moindre zone maritime à la pêche, l’extrême-droite, la droite conservatrice et la droite libérale macroniste ont ainsi fait l’impasse sur toutes les questions de justice sociale et d’urgence écologique pour souffler sur les braises du nationalisme, quitte à oser toutes les outrances et déclarer que « nos pêcheurs vont disparaître » si la moindre mesure écologique était adoptée » a ajouté Swann Bommier, Responsable du plaidoyer chez BLOOM.
Fausses menaces de discrimination et vraie protection des chalutiers
En l’espace d’une semaine, le Rassemblement national, Les Républicains et le gouvernement français ont dressé un tableau apocalyptique de la situation, suggérant que les fermetures sont « arbitraires » et « potentiellement discriminatoires », qu’elles mettraient à elles seules en péril l’avenir de toute une industrie et que des « mesures de rétorsion » devraient être envisagées :
« Le couperet est tombé. Depuis le 22 mars 2024, le chalutage de fond est désormais interdit dans treize aires marines protégées britanniques. Cette décision, émanant de l’Organisation de gestion marine britannique, apparaît comme une réelle menace pour la filière halieutique française. En effet, ces aires marines protégées, très prisées des pêcheurs de notre région, constituent de véritables zones stratégiques (…) On peine donc à croire, en dépit des motifs prétendument écologiques clamés par les britanniques, que la décision de réduire considérablement leur espace de travail ne relève que d’un souci de préservation de la biodiversité. En vérité, il se sache derrière cette interdiction une volonté de saper la production de nos pêcheurs français (…) Un bras de fer diplomatique doit être immédiatement engagé. Il en va de la survie de toute une profession ».
« La France soutient ses pécheurs et résiste à ces décisions arbitraires du Royaume-Uni (…) La prochaine étape est de bâtir avec mes homologues européens des pays concernés par ce type de mesures qui touchent aux intérêts des pêcheurs une coalition qui, en lien avec la Commission, va obtenir un examen approfondi sur l’aspect potentiellement discriminatoire de cette fermeture et pour que les mesures de rétorsions puissent être prises le cas échéant »
« Nous avons nos pêcheurs qui vont disparaître. Le 7 février dernier, j’ai interpellé Gabriel Attal sur cette question en disant qu’il faut absolument prendre contact avec le Premier ministre britannique en disant « vous nous empêchez de venir dans vos eaux avec des prétextes qui n’en sont pas, la réalité c’est que les Anglais ont pu compter sur le vote des pêcheurs pour le Brexit et aujourd’hui, ils paient la facture politique, elle est là la vérité. Et nous dans ces cas-là, il faut être prêts à engager un bras de fer, moi je veux engager un bras de fer en disant « on ne peut plus aller pêcher chez vous, alors vous ne venez plus pêcher chez nous ».
Une menace sous-jacente agitée par les Français concerne une « discrimination » potentielle dans le cadre de l’accord de commerce et de coopération (ACC) entre l’UE et le Royaume-Uni. Toutefois, cette menace dénature délibérément la nature de l’accord de commerce et de coopération et les mesures prises par le Royaume-Uni. L’ACC permet à l’UE et au Royaume-Uni de prendre des mesures de conservation dans leurs propres eaux1, à condition que ces mesures s’appliquent aux navires de pêche de tous les pays2, ce qui est le cas des propositions du Royaume-Uni. Un point crucial qui contredit le discours nationaliste anti-écologique des politiciens français est que ces fermetures s’appliquent à tous les navires, quel que soit leur pavillon, dès lors qu’ils pratiquent le chalutage de fond. Les navires britanniques sont donc soumis aux mêmes restrictions d’accès que les navires français.
Il est important de noter que les mesures du Royaume-Uni ont été spécifiquement basées sur des évaluations scientifiques réalisées à chaque étape du processus, y compris l’étape des désignations de sites qui a été menée avant le Brexit. Il est également important de noter que le Royaume-Uni prend des mesures dans un certain nombre de sites, y compris certains qui ont peu ou pas d’impact sur les navires français, mais un impact important sur certains navires britanniques. L’idée que le Royaume-Uni cible les navires français est donc absurde : le Royaume-Uni interdit la pêche à fort impact dans des zones qui sont censées être protégées. Les navires impactés sont ceux qui pratiquent l’activité impactante, quelle que soit leur nationalité.
Cet acte néfaste de la France intervient la semaine même où l’organisme scientifique britannique a publié son évaluation de la durabilité des quotas, qui a montré qu’une fois de plus, plus de la moitié des limites de capture négociées entre l’UE et le Royaume-Uni ont été fixées à des niveaux insoutenables. La surpêche chronique, en particulier le chalutage extrêmement destructeur, ravage la mer et la faune marine – le Royaume-Uni, bien que toujours coupable de surpêche, a au moins commencé à faire quelque chose pour protéger certaines zones. La France, qui s’est proclamée « leader » en matière de conservation des océans mais s’est déjà fait épingler pour son hypocrisie, devrait se mettre au travail plutôt que de chercher à saper les efforts de protection des autres États.
« Au comble de l’irresponsabilité, la droite macroniste, l’extrême-droite et la droite conservatrice ont une nouvelle fois décidé de voler au secours du lobby du chalut et d’œuvrer contre l’intérêt des citoyens en ignorant les enjeux écologiques et sociaux sans précédent de notre époque » conclut Claire Nouvian. BLOOM apporte tout son soutien au gouvernement britannique et l’encourage à ne pas céder aux injonctions françaises pour défendre la pêche la moins défendable du 21ème siècle : le chalutage.
Aujourd’hui, nous avons décidé de révéler au grand jour les manœuvres anti-écologiques INEDITES de la macronie contre l’océan et les animaux marins.
Attention, ça explose le compteur de l’hypocrisie. Du jamais vu.
Tout commence par une décision du Royaume-Uni il y a près d’un mois : https://t.co/r1CdzBFenI
En conformité avec les recommandations scientifiques, le Royaume-Uni a décidé d’interdire le chalutage de fond dans une partie de 13 de ses aires marines protégées (AMP).
Ces 13 aires marines protégées (AMP) couvrent environ 4 000 km2 et comprennent une biodiversité marine et des récifs coralliens exceptionnels.
Pourquoi interdire le chalutage de fond dans les AMP ? Parce que le chalutage est l’une des pires techniques de pêche au monde : il détruit les fonds marins, les animaux, les juvéniles, les puits de carbone océaniques et le climat. C’est de la déforestation. Une catastrophe.
Créer des aires marines « protégées » permet la reconstitution de la vie marine et le stockage de carbone à très long terme pour lutter contre le réchauffement climatique.
En apprenant la décision de protection du Royaume Uni, le gouvernement d’ Emmanuel Macron a décidé de s’en mêler.
Et c’est à partir de là qu’il faut bien s’accrocher. Devinez pourquoi ?
Pour empêcher le Royaume-Uni de protéger ses aires marines protégées. Vous avez bien lu. C’est AHURISSANT.
Le ministre délégué à l’Europe Jean-Noël Barrot a déclaré que la France résisterait aux « décisions arbitraires du Royaume-Uni » et demanderait à l’UE de prendre des « mesures de rétorsion » contre… la volonté des Britanniques de protéger l’océan, le climat et donc l’humanité !
Aujourd’hui même, alors que le monde entier est réuni à Athènes pour la conférence « Our Ocean », la France a déclenché une réunion avec les services de l’UE et du Royaume-Uni pour obtenir que le Royaume-Uni RENONCE à la protection de ses eaux.
Nous voilà donc dans une situation ubuesque ou le seul pays européen qui commence à mettre en œuvre la directive européenne de protection des habitats marins est… celui qui a quitté l’Union européenne !
Pour être honnête, ce sabotage français nous révolte mais il ne nous étonne pas : Emmanuel Macron refuse obstinément de protéger l’océan.
En France, l’immense majorité des aires marines dites « protégées » ne le sont pas le moins du monde.
Que la France ne veuille pas protéger ses zones dites « protégées » est une chose, mais qu’elle attaque les États qui veulent REELLEMENT protéger les leurs est absolument scandaleux.
2024 a été décrétée « Année de la Mer » par Emmanuel Macron. Nous ne prenons pas cela à la légère : la France doit interdire le chalutage dans ses aires marines protégées sans plus tarder.
Aidez-nous à gagner ce combat. Rejoignez notre coalition citoyenne pour la protection de l’océan : www.coalitionocean.org et agissons jusqu’à la victoire.
Pour comprendre l’intégralité de ce scandale : https://urlr.me/qXPwf
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2eFondatrice de Bloom, Prix Goldman de l’environnement 2018
Nota : Bonjour, l’intérêt est de protéger le lobby du chalut qui travaille à produire des gros volumes pour la grande distribution. Derrière la protection du chalutage, il y a la protection des enseignes de la grande distribution. Bonne journée ! C.N.
Les manœuvres françaises pour saper les ambitions écologiques du Royaume-Uni
Au moment où le Royaume-Uni fait preuve d’une détermination exemplaire pour mettre en œuvre les recommandations scientifiques et les engagements internationaux en matière de protection de l’océan et où le gouvernement britannique commence à interdire le chalutage de fond dans quelques zones restreintes de ses aires marines protégées, un axe anti-écologique formé par la droite et l’extrême droite françaises refait surface pour tenter de faire plier Londres et la Commission européenne et empêcher une réelle protection des eaux britanniques. Comble de l’ironie, le pays qui a quitté l’UE est le seul à appliquer sérieusement les règles européennes en matière de protection des océans, des écosystèmes et du climat.
Au moment où s’ouvre à Athènes la conférence internationale « Our Ocean » (15-17 avril), les positions défendues par le gouvernement français, la droite et l’extrême droite sont extrêmement embarrassantes pour la France, car elles montrent, dans le contexte de 2024 déclarée « année de la mer » par le président Macron et dans la perspective de la conférence des Nations unies sur les océans (qui se tiendra à Nice en juin 2025), que la France n’est pas seulement à la traîne dans la mise en place de véritables aires marines protégées, mais qu’elle s’oppose très activement au principe même de la protection des océans.
La position préjudiciable de la France est en train d’escalader au niveau européen, la Commission ayant déclenché, à la demande du ministre délégué à l’Europe, Jean-Noël Barrot, une réunion entre les services de l’UE, de la France et du Royaume-Uni ce lundi 15 avril. Le Financial Times vient de confirmer que la France lançait en effet un différend avec le Royaume-Uni sur les droits de pêche, au prétexte que les interdictions de chalutage mises en œuvre dans une partie pourtant très restreinte des eaux britanniques violaient l’accord de commerce et de coopération post-Brexit.
Emmanuel Macron montre aux chefs d’Etat du monde, réunis à Athènes pour protéger l’océan, sa vraie nature anti-écologique.
Zones interdites au chalutage de fond dans certaines aires marines protégées du Royaume-Uni à partir du 22 mars 2024. Comme le montre cette carte, ces interdictions de chalutage de fond visent de très petites zones considérées comme essentielles pour la biodiversité, et sont réparties dans l’ensemble des eaux britanniques.
Retour en arrière : l’ambition avant la protection
Pendant des années, le Royaume-Uni, comme la France et la plupart des autres pays européens, a » fait du chiffre » en créant de vastes aires marines dites « protégées » sans y interdire les techniques de pêche destructrices, créant de facto un réseau d’aires marines « à protéger » plutôt que « réellement protégées ». En février 2022, lors du sommet « One Ocean » organisé par Emmanuel Macron à Brest, le Royaume-Uni, le Costa Rica et la France ont lancé conjointement la « Coalition de la Haute Ambition pour la Nature et les Peuples » dans le but d’adopter collectivement l’objectif de protéger 30% des terres et des mers d’ici 2030 (l’objectif dit de « 30×30 »).
Quelques mois plus tard, en décembre 2022, lors de la COP15 sur la biodiversité à Montréal, la communauté internationale adopte effectivement cet objectif « 30×30 ». Dans la foulée, et conformément aux recommandations internationales, la Commission européenne a publié en février 2023 son « Plan d’action pour les océans », recommandant que le chalutage de fond soit enfin interdit dans toutes les zones marines de l’UE censées être protégées, à commencer par les zones Natura 2000 désignées pour la conservation des habitats « d’ici à la fin du mois de mars 2024 ».
Il est plus que nécessaire de prendre au sérieux la protection du milieu marin, car les preuves s’accumulent pour montrer que les aires marines protégées (AMP) ne sont toujours que des « parcs de papier » qui n’apportent aucun avantage écologique. Il s’agit d’une préoccupation majeure pour le climat et la biodiversité, mais aussi pour la démocratie, puisqu’une enquête européenne commandée à IPSOS par BLOOM montre que 78% des Européens veulent des aires marines réellement protégées.
L’AMP la plus chalutée d’Europe est française
Dans une nouvelle étude, Raphaël Seguin, chercheur chez BLOOM, vient de révéler qu’en 2023, l’intensité du chalutage, c’est-à-dire le nombre d’heures de chalutage par kilomètre carré, était 1,4 fois plus élevée dans les AMP de l’UE qu’en dehors, et que 100% des méga-chalutiers de plus de 80 mètres de long opéraient dans les AMP européennes. En France, les flottes de pêche sont de facto autorisées à pêcher dans plus de 99% de la zone économique exclusive (ZEE) française, puisque moins de 0,1% des eaux françaises sont effectivement protégées contre le chalutage. BLOOM a établi un classement des AMP les moins bien protégées d’Europe et a montré que l’AMP européenne la plus chalutée est l’AMP française du « Talus du Golfe de Gascogne », qui représentait à elle seule plus de 200 000 heures de chalutage en 2023.
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Découvrir notre palmarès européen du chalutage dans les aires marines « protégées »
Le gouvernement français opposé « totalement, clairement et fermement » à la protection des océans et à l’ambition britannique
Alors que la France, par la voix de son secrétaire d’État à la mer Hervé Berville, martèle son opposition totale, claire et ferme à la protection des océans, le Royaume-Uni prend son engagement au sérieux et le met en œuvre : en janvier 2021, le gouvernement britannique a interdit le chalutage de fond dans quatre aires marines protégées. Le 22 mars 2024, il a en outre annoncé l’interdiction du chalutage de fond dans certaines parties de 13 aires marines protégées, protégeant ainsi un total de 4000 km2 d’écosystèmes marins de l’une des activités de pêche les plus dommageables qui soient : le chalutage de fond.
Mais au lieu de suivre l’exemple du Royaume-Uni et de reprendre les recommandations de la Commission européenne pour enfin commencer à protéger l’océan, qui est en surchauffe, surexploité et ravagé par une pêche destructrice (les eaux européennes sont les plus chalutées au monde), la France a lancé une cabale contre la volonté du Royaume-Uni de protéger ses eaux.
Un axe anti-écologique allant du gouvernement Macron à l’extrême-droite française, déjà à l’œuvre pour saboter la Loi sur la restauration de la nature à l’été 2023, s’est spontanément reformé en opposition à la protection de l’intérêt général, du climat et de la biodiversité. A qui profite cette soudaine solidarité des politiques ? A l’industrie du chalut, comme toujours. Les mêmes politiques qui ont abandonné les petits pêcheurs français lors des négociations du Brexit (qui n’ont profité qu’aux navires semi-industriels et industriels) et qui ont soutenu la pratique destructrice néerlandaise de la senne démersale contre la volonté des pêcheurs français de l’interdire, se mobilisent sans complexe pour sauver la technique préférée de l’industrie, et la seule concernée par l’annonce britannique : le chalutage de fond.
Contrairement à la science et au sens de l’Histoire qui, face à la guerre en Ukraine et au déficit budgétaire français, plaide plus que jamais pour la transition des flottes de pêche et l’abandon progressif des techniques de pêche énergivores et dépendantes des subventions publiques, comme le chalutage, le ministre délégué français à l’Europe Jean-Noël Barrot a même déclaré : « la France soutient ses pêcheurs et s’oppose à ces décisions arbitraires du Royaume-Uni » ! Cette déclaration résume la « Haute Ambition » de la France pour l’océan et inaugure sombrement l’année 2024, qu’Emmanuel Macron a déclarée « Année de la mer ».
« De tels propos devraient préparer les esprits au triste spectacle que la France offrira lors de la 3ème Conférence des Nations Unies sur les Océans qu’elle accueillera à Nice en juin 2025 » a commenté Claire Nouvian, fondatrice de BLOOM.
« Cédant aux lobbies industriels qui refusent de fermer la moindre zone maritime à la pêche, l’extrême-droite, la droite conservatrice et la droite libérale macroniste ont ainsi fait l’impasse sur toutes les questions de justice sociale et d’urgence écologique pour souffler sur les braises du nationalisme, quitte à oser toutes les outrances et déclarer que « nos pêcheurs vont disparaître » si la moindre mesure écologique était adoptée » a ajouté Swann Bommier, Responsable du plaidoyer chez BLOOM.
Fausses menaces de discrimination et vraie protection des chalutiers
En l’espace d’une semaine, le Rassemblement national, Les Républicains et le gouvernement français ont dressé un tableau apocalyptique de la situation, suggérant que les fermetures sont « arbitraires » et « potentiellement discriminatoires », qu’elles mettraient à elles seules en péril l’avenir de toute une industrie et que des « mesures de rétorsion » devraient être envisagées :
Le 28 mars 2024, lors d’une session du Conseil régional des Hauts-de-France, le Rassemblement national ouvre les hostilités :
« Le couperet est tombé. Depuis le 22 mars 2024, le chalutage de fond est désormais interdit dans treize aires marines protégées britanniques. Cette décision, émanant de l’Organisation de gestion marine britannique, apparaît comme une réelle menace pour la filière halieutique française. En effet, ces aires marines protégées, très prisées des pêcheurs de notre région, constituent de véritables zones stratégiques (…) On peine donc à croire, en dépit des motifs prétendument écologiques clamés par les britanniques, que la décision de réduire considérablement leur espace de travail ne relève que d’un souci de préservation de la biodiversité. En vérité, il se sache derrière cette interdiction une volonté de saper la production de nos pêcheurs français (…) Un bras de fer diplomatique doit être immédiatement engagé. Il en va de la survie de toute une profession ».
Le lendemain, 29 mars 2024, le ministre délégué à l’Europe Jean-Noël Barrot se rend à Boulogne pour discréditer l’initiative britannique et souffler sur les braises du nationalisme :
« La France soutient ses pécheurs et résiste à ces décisions arbitraires du Royaume-Uni (…) La prochaine étape est de bâtir avec mes homologues européens des pays concernés par ce type de mesures qui touchent aux intérêts des pêcheurs une coalition qui, en lien avec la Commission, va obtenir un examen approfondi sur l’aspect potentiellement discriminatoire de cette fermeture et pour que les mesures de rétorsions puissent être prises le cas échéant »
La position de la France est dénoncée par l’eurodéputée écologiste Caroline Roose.
Xavier Bertrand, le mardi 2 avril 2024, lors de la matinale de France Inter, renchérit dans la même veine apocalyptique et nationaliste :
« Nous avons nos pêcheurs qui vont disparaître. Le 7 février dernier, j’ai interpellé Gabriel Attal sur cette question en disant qu’il faut absolument prendre contact avec le Premier ministre britannique en disant « vous nous empêchez de venir dans vos eaux avec des prétextes qui n’en sont pas, la réalité c’est que les Anglais ont pu compter sur le vote des pêcheurs pour le Brexit et aujourd’hui, ils paient la facture politique, elle est là la vérité. Et nous dans ces cas-là, il faut être prêts à engager un bras de fer, moi je veux engager un bras de fer en disant « on ne peut plus aller pêcher chez vous, alors vous ne venez plus pêcher chez nous ».
Une menace sous-jacente agitée par les Français concerne une « discrimination » potentielle dans le cadre de l’accord de commerce et de coopération (ACC) entre l’UE et le Royaume-Uni. Toutefois, cette menace dénature délibérément la nature de l’accord de commerce et de coopération et les mesures prises par le Royaume-Uni. L’ACC permet à l’UE et au Royaume-Uni de prendre des mesures de conservation dans leurs propres eaux1, à condition que ces mesures s’appliquent aux navires de pêche de tous les pays2, ce qui est le cas des propositions du Royaume-Uni. Un point crucial qui contredit le discours nationaliste anti-écologique des politiciens français est que ces fermetures s’appliquent à tous les navires, quel que soit leur pavillon, dès lors qu’ils pratiquent le chalutage de fond. Les navires britanniques sont donc soumis aux mêmes restrictions d’accès que les navires français.
Il est important de noter que les mesures du Royaume-Uni ont été spécifiquement basées sur des évaluations scientifiques réalisées à chaque étape du processus, y compris l’étape des désignations de sites qui a été menée avant le Brexit. Il est également important de noter que le Royaume-Uni prend des mesures dans un certain nombre de sites, y compris certains qui ont peu ou pas d’impact sur les navires français, mais un impact important sur certains navires britanniques. L’idée que le Royaume-Uni cible les navires français est donc absurde : le Royaume-Uni interdit la pêche à fort impact dans des zones qui sont censées être protégées. Les navires impactés sont ceux qui pratiquent l’activité impactante, quelle que soit leur nationalité.
Cet acte néfaste de la France intervient la semaine même où l’organisme scientifique britannique a publié son évaluation de la durabilité des quotas, qui a montré qu’une fois de plus, plus de la moitié des limites de capture négociées entre l’UE et le Royaume-Uni ont été fixées à des niveaux insoutenables. La surpêche chronique, en particulier le chalutage extrêmement destructeur, ravage la mer et la faune marine – le Royaume-Uni, bien que toujours coupable de surpêche, a au moins commencé à faire quelque chose pour protéger certaines zones. La France, qui s’est proclamée « leader » en matière de conservation des océans mais s’est déjà fait épingler pour son hypocrisie, devrait se mettre au travail plutôt que de chercher à saper les efforts de protection des autres États.
« Au comble de l’irresponsabilité, la droite macroniste, l’extrême-droite et la droite conservatrice ont une nouvelle fois décidé de voler au secours du lobby du chalut et d’œuvrer contre l’intérêt des citoyens en ignorant les enjeux écologiques et sociaux sans précédent de notre époque » conclut Claire Nouvian. BLOOM apporte tout son soutien au gouvernement britannique et l’encourage à ne pas céder aux injonctions françaises pour défendre la pêche la moins défendable du 21ème siècle : le chalutage.
Claire Nouvian
https://bloomassociation.org/les-manoeuvres-francaises-pour-saper-les-ambitions-ecologiques-du-royaume-uni/