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LA « GUERRE AUX CIVILS » EN ITALIE EN 1944
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En Italie aussi le fascisme et nazisme perpétuent des massacres de la population…
De la chute du régime fasciste en septembre 1943 à la capitulation des forces allemandes en Italie en avril 1945, la Wehrmacht s’est livrée à une véritable guerre
aux civils italiens au fur et à mesure de sa retraite. Le général Kesselring met en pratique les méthodes de guerre expérimentées lors de son commandement sur le front Est. Les troupes allemandes savent qu’elles peuvent agir en toute impunité.
Le recul des forces allemandes en Italie est ainsi jalonné de massacres, perpétrés par des unités de la Wehrmacht comme de la SS, avec l’appui de fascistes
italiens collaborateurs. À Boves, en septembre 1943, 45 personnes sont massacrées par une unité de Panzer SS. À Rome, en mars 1944, en représailles d’un attentat à la bombe contre l’occupant allemand, plus de 200 détenus sont désignés comme otages par la police militaire allemande, avec l’aide de la police italienne. Le nombre étant considéré comme insuffisant, les Allemands organisent une rafle contre les Juifs du ghetto de Rome. Au total, 335 hommes sont rassemblés puis exécutés aux Fosses ardéatines, à la périphérie de la ville.
La 16 e division SS Reichsführer a un parcours aussi terrifiant que celui de la Das Reich en France. Sa mission est de lutter contre les partisans et de créer un climat de terreur dans le but de protéger le repli des forces allemandes. Le 12 août, aidée par la 36 e brigade fasciste, la Reischführer tue 560 civils à Sant’Anna di Stazzema (Toscane). Les 17-19 août, elle exécute 159 civils en représailles de l’action de partisans. Les 24-27 août, à Fivizzano, 162 autres civils sont tués pour les mêmes raisons.
Le 2 septembre, l’unité investit le monastère de Fernata, exécute des Juifs qui y sont cachés et d’autres réfugiés. Plusieurs dizaines de personnes sont transférées
vers divers lieux de détention : elles seront exécutées ou déportées par la suite. Le 29 septembre, la Reichsführer massacre la population des villages de Marzabotto -1- ,
Grizzana -2-  et Vado di Monzuno
3–  malgré l’intervention des partisans locaux. Plus de 1 800 personnes sont assassinées, dont plus de 230 enfants. Des miliciens fascistes
participent aux exactions. C’est le crime de masse le plus meurtrier perpétré à l’Ouest.

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Au total, près de 15 000 Italiens sont tués lors de cette guerre contre les civils.
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-1-Le massacre de Marzabotto est un massacre perpétré entre le 29 septembre et le 5 octobre 1944 en Italie, par les Waffen-SS de la 16e Panzergrenadierdivision SS Reichsführer-SS menée par le commandant Walter Reder (en) en Émilie-Romagne près de Bologne. C’est au-dessus de la plaine sur les contreforts des Apennins, dans les bourgs de Marzabotto, Monzuno et de Grizzana Morandi que se déroula le massacre. On rapporte 955 à 1839 morts ; c’est le massacre de civils le plus meurtrier perpétré par les Nazis en Europe occidentale. En italien il est le plus souvent appelé « strage di Marzabotto » ou « eccidio di Monte Sole » (soit « massacre de Monte Sole »). Le documentaire de Frédéric Rossif, De Nuremberg à Nuremberg, fait état de témoignages attestant du massacre, rapportant des cas d’enfants jetés vivants dans les flammes ou de nouveau-nés décapités. Parmi les victimes, 45 avaient moins de 2 ans, 110 moins de 10, 95 moins de 16. 142 avaient plus de 60 ans. Il y avait 316 femmes et 5 prêtres. Jugé et condamné à la prison à vie en 1951, Walter Reder obtient une libération anticipée en 1984 et décède en Autriche en 1991. En 2007, le tribunal militaire de La Spezia a condamné par contumace à la prison à vie dix accusés pour les événements de Monte Sole.
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-2- Les pentes de Monte Sole furent le théâtre d’une guerre impitoyable menée contre les civils durant la Seconde Guerre mondiale. Connue sous le nom de « massacre de Marzabotto », la tragédie de Monte Sole fut en réalité une série d’épisodes de violence en 115 lieux différents où 800 personnes furent tuées, coupables seulement de s’être trouvées sur la ligne gothique, sur le front de la retraite des troupes allemandes. En six jours, entre le 29 septembre et le 5 octobre 1944, les villages ont été mis à feu et à sang, répétant l’horreur qui, au mois d’août de la même année, avait frappé Sant’Anna di Stazzema. Des villages entiers ont été exterminés, avec des tueries sur les places, dans les églises, dans les cimetières. Femmes, enfants (plus d’une centaine dans le massacre de Marzabotto), personnes âgées, religieux furent frappés : une  population sans défense emportée par une guerre qui n’était pas encore terminée. Après l’armistice du 8 septembre 1943, en effet, les populations vécurent vingt mois d’occupation allemande. Le massacre de Monte Sole et la « guerre contre les civils ». La « guerre contre les civils » avait été ordonnée par le haut commandement et consistait en un politique du massacre et de la « terre brûlée » qui, en semant la dévastation sur le territoire, détruisait les conditions physiques et humaines de la résistance organisée ou spontanée. Il ne s’agissait pas de représailles, lesquelles ne constituèrent que 28 % des massacres, mais de rafles, d’incendies, de vols et de viols.
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-3- Vado di Monzuno  : L’exécuteur allemand le plus redoutable diligenté par le haut commandement allemand se nomme Walter Reder. Ce major SS, un fanatique originaire d’Autriche, a été surnommé « le Manchot » parce qu’il a perdu l’avant-bras gauche sur le front de l’Est. A seulement 29 ans, il va faire trembler l’Italie. Placé à la tête du 16e Panzergrenadiere « Reichsführer », il entame une marche sanglante qui commence dans la région de La Versilia, dans la province de Lucques, et va jusqu’à Bologne. Parmi les tragédies qui jalonnent cette marche de la mort, le massacre de 560 civils (dont 107 enfants de moins de quatorze ans) à Sant’Anna Stazzema, à l’arme automatique et au lance-flammes, perpétré en quelques heures le 12 août 1944 ; celui de Carpi, quatre jours plus tard, où 16 partisans exécutés sont exposés au public durant trois jours. Il « punit » les hameaux coupables d’avoir ravitaillé le maquis. A Marzabotto, Grizzana et Vado di Monzuno, maisons, usines, routes, ponts, cimetières, églises partent en fumée. Ses hommes massacrent 1839 civils, hommes, femmes, vieillards, enfants confondus. Non content de ses crimes, Reder laisse en souvenir un semis de mines, qui tuera encore des années durant. A Casaglia, ses soldats éliminent à la grenade des fidèles en pleine prière dans l’église. Au lieu dit Castellano, une femme est tuée avec ses sept enfants. A Tagliadazza, ils fusillent 11 femmes et 8 jeunes enfants. A Cerpiano, 55 personnes sont enfermées dans une chapelle et déquiquetées à la mitrailleuse. Le drame, pour les Italiens, est que les Allemands ne sont pas seuls : en Lunigiana, par exemple, une bande de Chemises noires de Carrare les a rejoints, apportant une aide puissante à cette entreprise.
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MCD et divers contributions

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