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Européennes 2024 : Marie Toussaint dénonce « l’esprit de la division » dans le camp de la gauche et des écologistes

Dénonçant « l’esprit de la division » dans le camp de la gauche et des écologistes, la tête de liste Europe Ecologie-Les Verts a condamné, samedi à Bordeaux, « la politique de la terre brûlée » de Jean-Luc Mélenchon.

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Marie Toussaint, candidate du parti écologiste EELV aux élections européennes, à Bordeaux, le 4 mai 2024.

Marie Toussaint, candidate du parti écologiste EELV aux élections européennes, à Bordeaux, le 4 mai 2024. 

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La tête de liste d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) aux élections européennes, Marie Toussaint, a fustigé tour à tour la stratégie « floue » des socialistes et la politique « de la brutalité » des « insoumis », lors d’un meeting de campagne électorale, samedi 4 mai, à Bordeaux.

En présence de la secrétaire nationale du parti écologiste, Marine Tondelier, de l’ancien candidat des Verts à la présidentielle Yannick Jadot et de Pierre Hurmic, maire de la ville où elle a grandi, la candidate a d’abord dénoncé « l’explosion de la précarité » en France et le retour « aux critères du pacte de stabilité » en Europe, s’en prenant aux « socialistes européens qui sont pour le retour de l’austérité ».

« Le vote socialiste, c’est un vote qui parle d’écologie, qui emprunte les mots de l’écologie mais qui dans le fond, au moment de choisir, continue de défendre le modèle qui nous amène dans le mur (…). C’est du Canada Dry », a-t-elle jugé, devant environ 200 sympathisants et militants.

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Une « troisième voie »

A près d’un mois de l’élection, Marie Toussaint est créditée de 6 % à 8 % des intentions de vote, loin du score de 13,4 % de Yannick Jadot aux élections européennes de 2019, et plusieurs points derrière la tête de liste PS-Place publique Raphaël Glucksmann, favori des sondages à gauche.

« Raphaël Glucksmann, au fond, c’est le produit sympa qu’on met en vitrine pour cacher les restes de la boutique », a-t-elle lancé, estimant que « le seul vote pour le climat, pour la justice, c’est le vote vert ».

Dénonçant « l’esprit de la division » dans le camp de la gauche et des écologistes, Mme Toussaint a condamné « la politique de la terre brûlée » de Jean-Luc Mélenchon, en lui reprochant notamment d’avoir « éclipsé » l’Europe, alors que c’est « la bonne échelle pour mener la bataille du climat ».

« Vous soufflez sur les braises de la polarisation et choisissez d’ajouter la tension à la tension, la brutalité à la brutalité », a-t-elle adressé au leader « insoumis », jugeant que sa stratégie était « de diviser la gauche en deux blocs » et d’« empêcher toute union qui risquerait de se faire sans » lui.

Entre le « flou érigé en stratégie » et « la brutalité érigée en politique », Mme Toussaint a mis en avant une « troisième voie » et sa volonté de créer « un Etat providence européen comme projet face aux égoïsmes nationaux », opposant « pacte vert » et « pacte brun ».

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Elections européennes : l’écologiste Marie Toussaint présente son programme pour « sauver le climat » et « changer de modèle »

Intitulé « Pour un Etat providence écologique européen », ce programme vise à « passer d’une économie qui détruit à une économie qui répare ».

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La tête de liste d’Europe Ecologie-Les Verts aux élections européennes, Marie Toussaint, mardi 30 avril 2024.

La tête de liste d’Europe Ecologie-Les Verts aux élections européennes, Marie Toussaint, mardi 30 avril 2024.

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Marie Toussaint, tête de liste écologiste aux élections européennes, a présenté, mardi 30 avril, le programme de sa liste, « qui vise à sauver le climat et à faire face à l’urgence sociale » et propose de « changer de modèle », lors d’une conférence de presse à Paris.

Intitulé « Pour un Etat providence écologique européen », ce programme a pour ambition de « passer d’une économie qui détruit à une économie qui répare », a-t-elle expliqué. « Il nous faut changer de modèle économique. L’obsession de la croissance mène à la destruction de la planète et du vivant », a déclaré Marie Toussaint. « Nous proposons une Europe qui prenne soin des gens, de la planète et qui fasse de la santé la mesure de toutes les politiques publiques », a-t-elle ajouté.

Cette « autre Europe » repose sur « trois piliers », a-t-elle détaillé : « la santé », qui doit être la « boussole de toutes les politiques publiques » ; un « saut fédéral », avec la mise en place d’une « assemblée constituante européenne » et la fin du droit de veto des Etats membres ; et « un nouveau contrat social écologique », reconnaissant de nouveaux droits et établissant de nouvelles protections sociales, pour ne pas laisser les Européens seuls face aux conséquences du dérèglement climatique.

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« Droit de veto social »

Le programme porté par Marie Toussaint propose par ailleurs « un traité environnemental » pour faire de la protection de l’environnement « la norme des normes ». La députée européenne souhaite aussi « sortir de l’austérité », avec « un plan d’investissement public d’au moins 260 milliards d’euros supplémentaires » par an, promet un « fonds de souveraineté écologique » pour reprendre le contrôle des entreprises pétrogazières européennes et veut « baisser la TVA sur les produits verts fabriqués en Europe ».

En matière sociale, Marie Toussaint réclame « un droit de veto social » pour que plus aucune mesure votée dans l’UE ne puisse dégrader les conditions de vie des plus précaires, « une tarification sociale et progressive » pour l’énergie et l’eau et un « pacte pour l’emploi » protégeant les travailleurs des secteurs engagés dans la bifurcation écologique.

Sur le volet santé, le programme écologiste propose un « service public européen du médicament », pour produire en Europe les médicaments génériques, et une CMU européenne. Enfin, Europe Ecologie-Les Verts met en avant « une union fiscale » afin que l’Europe se dote de fonds propres pour engager les investissements dans la transition écologique, en permettant à l’UE de « lever des impôts » et la création d’une armée européenne.

La candidate écologiste Marie Toussaint a rappelé qu’elle avait « proposé un pacte de non-agression » à ses partenaires de gauche.

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Européennes : Toussaint refuse « les gauches irréconciliables »… et demande « de la modération » à Mélenchon

La tête de liste écologiste aux européennes, Marie Toussaint, « ne croit pas aux gauches irréconciliables », mais a déploré ce mardi 7 mai sur Public Sénat « la brutalisation de la vie politique » à gauche, réclamant de « la clarté » à la tête de liste PS/Place publique Raphaël Glucksmann et « de la modération » au leader insoumis Jean-Luc Mélenchon.

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Elle « ne croit pas aux gauches irréconciliables ». Ce mardi 7 mai au matin, Marie Toussaint a regretté sur Public Sénat « la brutalisation de la vie politique » à gauche. Celle qui est créditée autour de  8 % des intentions de vote en a profité pour réclamer de « la clarté » à la tête de liste PS/Place publique Raphaël Glucksmann et « de la modération » au leader insoumis Jean-Luc Mélenchon.

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La tête de liste écologiste, qui avait prôné la « douceur » en politique, a récusé tout changement de ton dans sa campagne, même si ce samedi 4 mai en meeting à Bordeaux, elle a taclé les deux camps, critiquant « le flou » de l’un et « la brutalité » de l’autre. « J’ai toujours dit que je refusais la guerre des gauches et que je refusais que nous construisions des fossés infranchissables entre les partenaires de gauche », a rappelé Marie Toussaint sur Public Sénat, soulignant qu’elle avait « proposé un pacte de non-agression », mais avait été « bien seule à le mettre sur la table ».

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« Les socialistes européens » dans le viseur

« Qu’est-ce qui s’est passé depuis ? Eh bien, on a eu une brutalisation de la vie politique », a-t-elle déploré, disant tenir « à ce que les gauches puissent travailler ensemble » et « débattre sans combattre ». « Samedi, j’ai demandé à la liste socialiste d’agir dans la clarté, c’est-à-dire de dire ce que votaient vraiment les socialistes au niveau européen, qui est très différent de ce qui est malheureusement dit en France », a-t-elle asséné, affirmant que « les socialistes européens ont voté pour l’austérité, ont voté pour les mégacamions, ont voté pour le détricotage environnemental de la Politique agricole commune ».

« J’ai bien peur que les mots utilisés en France créent de la confusion sur ce que vote vraiment la famille européenne socialiste », a-t-elle ajouté. En ce qui concerne Jean-Luc Mélenchon, Marie Toussaint lui a demandé « de la modération ». « Restons modérés, n’empêchons pas notre capacité de construire ensemble par la suite », a-t-elle affirmé, jugeant que Jean-Luc Mélenchon, « il l’a dit lui-même, n’est aujourd’hui pas en campagne électorale européenne, mais en campagne pour sa quatrième élection présidentielle et sa stratégie, c’est de diviser la gauche aujourd’hui pour mieux la réunir derrière lui ». Et de marteler : « Je ne crois pas aux gauches irréconciliables », et « je mettrai toute mon énergie à ce que ce ne soit pas le cas ».

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