L’Union européenne et la Moldavie signent un pacte de sécurité commun
Le pays, situé entre l’Ukraine et la Roumanie, accuse régulièrement Moscou de chercher à la déstabiliser, particulièrement depuis qu’elle est officiellement candidate à rejoindre l’Union européenne.

L’Union européenne (UE) et la Moldavie ont signé un accord de partenariat en matière de défense et de sécurité, pour aider Chisinau, candidat à l’adhésion, à mieux résister aux menaces russes, mardi 21 mai. « Aujourd’hui, la Moldavie est devenue le premier pays à signer un accord de partenariat sur la sécurité et la défense avec l’UE », a déclaré Josep Borrell, le chef de la diplomatie des Vingt-Sept, lors d’une rencontre avec le premier ministre moldave, Dorin Recean.
D’autres accords vont suivre afin de créer un réseau de pays « amis » désireux de renforcer leur sécurité, qui prévoira une « coopération plus étroite » en matière par exemple de cybersécurité, a-t-il ajouté.
La Moldavie, située entre l’Ukraine et la Roumanie, accuse régulièrement Moscou de chercher à la déstabiliser, particulièrement depuis qu’elle est officiellement candidate à rejoindre l’Union européenne. Les Etats membres doivent décider s’ils ouvrent prochainement des négociations officielles d’adhésion avec ce pays et avec l’Ukraine. Plusieurs d’entre eux souhaitent que le démarrage formel de ces négociations ait lieu avant la fin juin, mais d’autres, comme la Hongrie, sont moins pressés.
.
« Protéger son intégrité et son indépendance »
L’UE n’a pas donné de détail sur le contenu de cet accord, mais une source européenne jointe par l’Agence France-Presse estime qu’il a pour but de renforcer la capacité de la Moldavie « à protéger son intégrité et son indépendance ». La France a elle aussi signé en mars un accord bilatéral de défense avec la Moldavie.
Ce rapprochement entre la Moldavie et l’UE intervient après un regain de tensions entre Chisinau et des séparatistes prorusses implantés dans la région de Transdniestrie. La Russie soutient depuis les années 1990 ce territoire séparatiste de Moldavie, un pays proeuropéen et roumanophone frontalier de l’Ukraine, comme elle une ancienne république soviétique. Régulièrement, Moscou affirme que Kiev et Chisinau y préparent des provocations ou des attaques.
Les autorités de la Transdniestrie ont demandé fin février à la Russie des « mesures de protection » face à la « pression accrue », selon elles, des Moldaves. Etroite bande de terre située entre la Moldavie et l’Ukraine, la Transdniestrie a fait sécession après une courte guerre en 1992 contre l’armée moldave. La Russie y maintient toujours 1 500 militaires, selon les chiffres officiels, censés notamment remplir une mission de maintien de la paix.