Dissolution de l’Assemblée nationale : et maintenant, que va-t-il se passer ?
Emmanuel Macron a annoncé, ce dimanche soir 9 juin, la dissolution de l’Assemblée nationale après la victoire écrasante de l’extrême droite aux élections européennes. Il va falloir voter pour élire de nouveaux députés les dimanches 30 juin et 7 juillet.
Une vue de l’hémicycle du palais Bourbon, où siège l’Assemblée nationale, le 28 juin 2022.
Deux ans après les précédentes élections législatives, les Français vont devoir retourner élire leur député plus tôt que prévu. Ce dimanche soir 9 juin, Emmanuel Macron a décidé, devant les résultats des élections européennes qui mettent le RN largement en tête, de dissoudre l’Assemblée nationale.
Avant de procéder à cette dissolution, le président de la République a consulté le Premier ministre et les présidents des assemblées. Les élections doivent avoir lieu vingt jours au moins et quarante jours au plus après la dissolution.
La dernière fois qu’un président de la République avait dissous l’Assemblée nationale, c’était en 1997. Jacques Chirac avait annoncé sa décision le 21 avril. Des élections anticipées avaient été organisées les 25 mai et 1er juin 1997 avec, à l’arrivée, une victoire de la gauche plurielle et une cohabitation avec Lionel Jospin.
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Une campagne électorale de deux semaines
Cette fois, les délais pour faire campagne vont être beaucoup plus courts ! La campagne démarrera le lundi 17 juin, dans une semaine et pour deux semaines. En théorie, tout député sortant peut se représenter s’il le souhaite et si son parti l’investit.
Le premier tour se tiendra le dimanche 30 juin, dans trois semaines. Le second tour est prévu le dimanche 7 juillet, premier week-end des vacances scolaires.
Pour être élu au premier tour, un candidat à une élection législative doit obtenir la majorité absolue et un nombre de suffrages au moins équivalent à 25 % des inscrits. Si aucun candidat n’est élu au premier tour, tous les candidats ayant obtenu un nombre de suffrages au moins équivalent à 12,5 % des inscrits peuvent se maintenir.
Cela peut entraîner des triangulaires, voire des quadrangulaires. Pour éviter ces cas de figure, la majorité a d’ores et déjà annoncé qu’elle «ne présentera pas de candidat» contre des députés sortants «faisant partie du champ républicain».
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Un calendrier électoral bouleversé
Le gouvernement actuel, mené par Gabriel Attal, restera en place jusqu’au lendemain des élections législatives. La nouvelle Assemblée nationale se réunira le deuxième jeudi qui suit son élection, soit le 11 juillet. Une session extraordinaire pourrait alors être convoquée.
Rappelons qu’actuellement la majorité gouvernementale compte 250 sièges, le RN-Extrême Droite 88 sièges, les LFI-Nupes-Gauche 75 sièges, les Républicains-Droite 61 sièges, les socialistes 31 sièges, le groupe communiste-Nupes-gauche 22 sièges, Liot-gauche 22 sièges et les écologistes-Nupes-Gauche 21 sièges. L’Assemblée nationale compte 7 non-inscrits.
Autre conséquence de cette dissolution, les élections présidentielle et législatives n’auront plus lieu en même temps. Les députés sont en effet élus pour cinq ans. En théorie, les prochaines législatives auront donc lieu en 2029, deux ans après la prochaine présidentielle en 2027. À moins que le Président élu en 2027 ne choisisse de dissoudre à son tour l’Assemblée nationale.
Ouest-France Philippe MATHÉ
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Législatives 2024 : Des milliers de manifestants contre la perspective d’un RN au pouvoir
Une manifestation à Paris contre le RN, le 10 juin 2024.
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lors que le premier tour des législatives va se tenir le 30 juin, la mobilisation contre le RN se fait sentir dans les rues de France. Des milliers de personnes se sont rassemblées lundi soir dans plusieurs villes pour dire leur opposition à l’extrême droite qui, dénoncent-elles, se retrouve « aux portes du pouvoir ».
Place de la République à Paris, 3.000 personnes, selon la préfecture de police, parmi lesquelles beaucoup de jeunes, se sont réunies à partir de 20 heures, hurlant notamment, majeur levé : « La jeunesse emmerde le Front national ». Dans la foule, des drapeaux palestiniens se mêlaient à ceux de la CGT, de l’Unef et d’autres organisations ayant appelé au rassemblement.
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Quelques tensions à Paris
Rare incident à déplorer sur les lieux, un manifestant a chuté de la statue surplombant la place de la République et été « pris en charge par les secours en urgence relative », selon une source policière
Alors que la foule se dispersait sur la place peu après 22 heures, plusieurs milliers de manifestants sont partis en direction du siège des Ecologistes, où les partis de gauche étaient réunis en vue de trouver un accord pour les législatives. Sur leur passage, quelques panneaux électoraux ont été saccagés, quelques tags laissés sur les murs comme « Ni Macron, ni Bardella ». L’atmosphère, jusque-là bon enfant, s’est tendue peu avant minuit, les forces de l’ordre dissipant le cortège à coups de grenades de désencerclement.
A Toulouse, la mobilisation a été forte avec 6.200 personnes réunies selon la police. Des incidents ont eu lieu dans la Ville rose en fin de manifestation : des participants se sont emparés brièvement d’un engin de travaux, ont cassé des vitrines et brûlé des poubelles. Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser la foule.
A Marseille, plusieurs milliers de personnes – 2.200 selon la police – se sont rassemblées à l’appel de plusieurs syndicats, de partis de gauche ou de la Ligue des droits de l’Homme devant la préfecture de région. De nombreux élus locaux, en écharpe tricolore, étaient présents.
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Des poubelles en feu à Nantes
Plusieurs milliers de personnes se sont également rassemblées à Nantes (4.400), Rennes (4.000) et Rouen (800). A Nantes, les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes et des poubelles étaient en feu sur le passage du cortège qui s’est dissipé dans le calme. A Bordeaux, 2.800 personnes, selon la préfecture, se sont rassemblées place de la Victoire.
A Lyon, à l’appel de mouvements de gauche et d’ultragauche, les manifestants étaient 2.800 selon la police. Certains ont été empêchés de traverser un pont pour rejoindre le Vieux Lyon, fief de l’ultradroite, par un cordon policier « qui a fait usage de gaz lacrymogène après des jets de projectiles » de ces manifestants en sa direction, selon la préfecture. A Grenoble, ils étaient 1.800, selon une source policière, un millier à Montpellier, Saint-Etienne ou encore Besançon. Et à Strasbourg, ils étaient 950 selon la police.
APPIS