Planification écologique : le Cese appelle à la mobilisation générale des acteurs du travail et de l’emploi
À la suite d’une saisine gouvernementale, le Conseil économique, social et environnemental (Cese) livre ses préconisations pour adapter le travail et l’emploi aux impératifs de la planification de la transition écologique. Tour d’horizon.
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Sur la base d’un travail commun de ses commissions travail-emploi et environnement, le Conseil économique, social et environnemental (Cese) alerte sur le rôle central de l’emploi et du travail dans la réussite de la transition écologique. Missionné par le Gouvernement, le Cese formule 20 préconisations, adoptées en séance plénière le 15 mai dernier, qui mettent l’accent sur la nécessité de mobiliser toutes les parties prenantes pour faire face à l’urgence climatique. « Une de nos suggestions est que l’ensemble des branches mettent ce sujet dans les négociations obligatoires. Tout comme les Régions dont le rôle en termes d’emploi, de formation est extrêmement important et pour lesquelles la transition écologique doit être à l’agenda, détaille Claire Tutenuit, corapporteure de cet avis. Il faut évidemment rapprocher les différentes initiatives qui vont partir du terrain pour s’assurer de leur cohérence et de leur coordination. Aussi, proposons-nous de confier ce rôle au Secrétariat général à la planification écologique (SGPE). Nous proposons également de modifier les statuts de France Travail et de France Compétences pour y intégrer la prise en compte de la transition écologique. »
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Prendre en compte la transition écologique dans l’élaboration des diplômes
“ Une de nos suggestions est que l’ensemble des branches mettent ce sujet dans les négociations obligatoires ” Claire Tutenuit, corapporteureAutre prérogative : « intégrer la transition écologique dans l’ensemble des certifications professionnelles de façon que chaque métier soit réfléchi en termes de compétences pour aller dans le sens de la réussite de la planification écologique », ajoute Claire Tutenuit. Aussi, le Cese conseille d’incorporer un critère relatif à la prise en compte de la transition écologique dans l’enregistrement au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) provenant d’une demande d’un organisme formateur. Il suggère également que la traduction de la planification écologique en matière de nouvelles formations ou d’évolution des formations existantes soit inscrite dans les contrats d’objectifs entre France Compétences et les opérateurs de compétences (Opco) à l’échelle nationale, avec des indicateurs chiffrés.
.Faire des entreprises des acteurs majeurs de la transition
« De plus, l’essentiel de la transition se passe dans les entreprises et nous préconisons que les sujets de transition écologique y soient abordés, d’une part, dans les négociations obligatoires et, d’autre part, dans le fonctionnement des comités sociaux et économiques, sans changer forcément leur fonctionnement, mais en embarquant le sujet dans les orientations stratégiques de l’entreprise », détaille Claire Tutenuit. En outre, le rapport promeut d’associer les salariés quant à la réflexion sur les évolutions de leur métier à la transition dans le cadre d’un dialogue professionnel spécifique. Mais aussi d’accompagner les employeurs pour améliorer leurs offres d’emploi, de formation, en veillant, en particulier, à les rendre plus accessible aux femmes.
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Anticiper les deuxièmes parties de carrière des métiers enclins à la pénibilité
Enfin, pour améliorer l’attractivité et l’inclusivité de ces métiers, le Cese suggère d’organiser des conférences sur le plan régional pour les faire connaître. « La transition se fera si nous trouvons des candidats pour exercer les métiers nécessaires à sa contribution. Or, il s’avère qu’un certain nombre d’entre eux sont en tension. Si je prends par exemple ceux du bâtiment, qui sont essentiels à la transition, nous ne pouvons omettre leur pénibilité. C’est la raison pour laquelle nous proposons également de nous préoccuper des deuxièmes parties de carrière. De faire en sorte que les travailleurs qui ont eu des métiers difficiles puissent avoir à 50 ans, par exemple, de nouvelles perspectives de carrière », spécifie Pascal Mayol, corapporteur de l’avis.
En complément, le Cese préconise de mettre en œuvre des outils nationaux et territoriaux de coconstruction de « nouveaux récits » qui permettront de valoriser les métiers de la transition écologique dans l’imaginaire collectif. Objectif : en faire des métiers ouverts à toutes et tous, pourvoyeurs de sens, de fierté et au service de l’intérêt général.
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Gérald Dudouet, journaliste, Rédacteur spécialisé Emploi – Métiers – Compétences Reproduction établissement d’un lien préformaté [44166] / utilisation du flux d’actualité.