Communiqué de presse de Marie Pochon : une rencontre à l’écoute des éleveurs drômois à Vaunaveys-la-Rochette sur la crise sanitaire de la fièvre catarrhale ovine
Je vous prie de bien vouloir trouver ci-dessous et en pièce-jointe un communiqué de Marie Pochon, députée de la Drôme à la suite de la rencontre organisée ce jeudi à Vaunaveys-la-Rochette avec la fédération départementale ovine et les éleveurs touchés par la fièvre catarrhale ovine, sur la ferme d’Arnaud Mandaroux.
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Clothilde Baudouin
Collaboratrice parlementaire de Marie Pochon
Députée de la Drôme
Communiqué de presse de Marie Pochon : une rencontre à l’écoute des éleveurs drômois à Vaunaveys-la-Rochette sur la crise sanitaire de la fièvre catarrhale ovine
Crest, le 5 septembre 2024
Ce jeudi 5 septembre, Marie Pochon s’est rendue, aux côtés d’autres élus du territoire, du préfet de la Drôme et du coordinateur interministériel sur la prévention du mal-être agricole Olivier Damaisin, à l’invitation de la Fédération départementale ovine sur la ferme d’Arnaud Mandaroux, éleveur à Vaunaveys-la-Rochette, alors que le département fait face à une crise sanitaire de fièvre catarrhale ovine qui touche durement les cheptels. Cette rencontre faisait suite à l’alerte reçue par la députée, fortement mobilisée depuis deux ans pour le pastoralisme, mardi dernier, par ce même éleveur, suite à laquelle elle s’était mobilisée pour faire venir Olivier Damaisin en lien avec la FDO.
Plusieurs éleveurs ont d’abord fait part de leur vécu et de la crise qui touche leurs exploitations depuis le début du mois d’août, avec parfois une perte de 30% à 55% de leur cheptel. De nombreux sujets et dysfonctionnements ont été abordés, dans des débats parfois houleux avec Monsieur le préfet, allant de la disponibilité, de l’efficacité et du coût des vaccins pour les sérotypes 8 et 3, des aides PAC, à l’équarrissage et l’autorisation d’enfouissement des bêtes, les pertes économiques futures importantes pour les exploitations et l’accompagnement absolument nécessaire des éleveurs et éleveuses pour se relever de cette crise.
Pour Marie Pochon, “ce qui est ahurissant dans cette crise, c’est son manque majeur d’anticipation, notamment en termes de vaccination des troupeaux alors que cette maladie n’est pas nouvelle. Il est urgent que l’État s’engage, aux côtés du groupement de défense sanitaire de la Drôme, pour que les vaccins pour le sérotype 3 soient disponibles au plus vite, sans surcoût pour les éleveurs, pour empêcher l’arrivée d’un variant encore plus virulent. A plus long terme, il nous faut une véritable stratégie d’anticipation et de lutte contre de telles crises sanitaires : j’y veillerai. Les éleveurs ne peuvent être les variables d’ajustement de politiques négligentes et d’un manque de planification. Je suis heureuse que cette rencontre, que nous avons contribué à initier suite à l’alerte de Monsieur Mandaroux, ait pu se tenir en présence de si nombreux élus et services de l’État : cela montre la mobilisation de toutes et tous, à tous les niveaux, pour œuvrer aux côtés de nos éleveurs, acteurs essentiels de nos territoires. Les réponses que nous demanderons seront multiples : d’abord, à la crise des vaccins en faisant pression pour refaire des stocks, à l’urgence financière dans laquelle se retrouve de nombreux éleveurs, face aux lourdes pertes subies. Mais aussi, pour qu’il y ait une reconnaissance officielle des pertes liées à la maladie (coût de traitement de la maladie, vaccins, vétérinaire, et coûts futurs de production) et la mise en place d’un plan d’indemnisation rapide. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre l’élevage extensif, pastoral, familial, qui nous tient tant à cœur ici. Je continuerai de soutenir les éleveurs alors que d’autres problématiques majeures (revenus, foncier, installation…) doivent aussi être traitées. Certains parlent beaucoup de la préservation du pastoralisme. Depuis le tout début de mon mandat, j’ai toujours agi, et je continuerai d’être aux côtés de nos éleveurs drômois.”
Marie Pochon reprendra aussi vite que la nouvelle session parlementaire le permettra sa Mission d’Information sur la préservation du pastoralisme, qu’elle avait initiée en janvier dernier, mais qui avait dû être avortée malheureusement suite à la dissolution. Dès ce mercredi, elle était en réunion de bureau de sa commission parlementaire pour obtenir validation sur cette demande. La députée était par ailleurs présente à Combovin ce mardi, à l’invitation de Madame la Maire de la commune, pour échanger avec des éleveurs durement touchés.
Contact presse :
Clothilde Baudouin
Vous pouvez consulter le site de l’Assemblée nationale à
l’adresse suivante : https://www.assemblee-nationale.fr
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Fièvre catarrhale ovine (maladie de la langue bleue) : ce qu’il faut savoir
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Depuis le début du mois d’août, la fièvre catarrhale ovine (FCO) sévit dans 10 départements du nord-est de la France. La FCO, également appelée « maladie de langue bleue » touche essentiellement les moutons et les brebis. Le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire faisait état de 41 foyers le 14 août, puis de 190 une semaine plus tard et 342 le 29. Pour comprendre les risques causés par cette pathologie, nous faisons le point avec Stéphan Zientara, directeur du laboratoire de santé animale de l’Anses qui héberge le laboratoire national de référence sur la FCO.
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Quels sont les symptômes de la fièvre catarrhale ovine ?
Stéphan Zientara : La fièvre catarrhale ovine (FCO) est une maladie non contagieuse qui infecte de très nombreux ruminants domestiques et sauvages et produit une large palette de signes cliniques. La fièvre, la dépression, la détresse respiratoire et l’anorexie sont des symptômes classiquement observés chez les animaux atteints. Une cyanose de la langue est parfois rapportée : une coloration anormale bleutée ou grisâtre de la peau, due à l’oxygénation insuffisante du sang d’où le nom de « langue bleue ». Dans les formes les plus graves, la FCO provoque une fièvre hémorragique et la mort des animaux, en particulier dans l’espèce ovine qui est l’espèce la plus sensible.
Les caprins et les bovins ne présentent généralement pas ou peu de signes de la maladie. Une virémie prolongée (taux de particules virales dans le sang) est toutefois observée dans l’espèce bovine qui est traditionnellement considérée comme un réservoir de l’infection. En raison de son impact économique et sanitaire pour les cheptels atteints, la FCO a été incluse dans la liste des maladies à déclaration obligatoire auprès de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) depuis les années 1960.
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T.C. : Qu’est-ce qui cause cette maladie ? Quel est son mode de transmission ?
S.Z. : L’agent étiologique de la FCO est le virus de la fièvre catarrhale ovine (Bluetongue virus, BTV) qui appartient au genre Orbivirus au sein de la famille des Sedoreoviridae. Comme les autres membres de cette famille, le BTV est un virus non enveloppé. Son génome est composé de 10 segments d’ARN double brin (db) qui peuvent se réassortir comme la grippe ou d’autres virus segmentés.
Il code sept protéines structurales (VP1 à VP7) et cinq protéines non structurales (NS1 à NS5). VP2 forme la capside externe du virus et est considérée comme la principale protéine définissant le sérotype du virus. Un sérotype se définit comme l’ensemble des caractéristiques de certains virus permettant de différencier des souches appartenant à une même espèce.
Jusqu’en 2008, on dénombrait 24 sérotypes pour ce virus, mais de nouveau ont été découverts ces dernières années. Au total, 36 sérotypes de BTV ont été décrits, et d’autres ont récemment été identifiés, en particulier dans les pays bordant le bassin méditerranéen.
Le BTV est un arbovirus qui se transmet par la morsure de moucherons femelles appartenant au genre Culicoides au cours d’un repas sanguin sur un animal infecté. Les sérotypes 1 à 24 sont essentiellement transmis par les moucherons, les autres par contacts directs.
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T.C. : Existe-t-il des risques pour la santé humaine, que ce soit via le virus lui-même ou en consommant une viande contaminée ?
S.Z. : Le virus peut infecter de nombreuses espèces animales mais il provoque des signes cliniques surtout chez les ovins (d’où le nom de fièvre catarrhale ovine) mais aussi chez les bovins.
Ce virus ne se transmet pas à l’humain. De plus, la consommation de produits issus d’animaux infectés (viande, lait…) est sans danger pour nous.
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T.C. : Où en est la situation sanitaire en France ? Quelle est la dynamique de l’épizootie ?
S.Z. : Avant 1998, l’Europe était indemne de FCO. De 1998 à 2006, quelques sérotypes ont émergé dans le bassin méditerranéen mais c’est à partir de 2006 que la FCO est devenue une vraie préoccupation dans le domaine de la santé animale. En août 2006, les premiers foyers épizootiques associés à une souche inconnue de BTV-8 ont été identifiés aux Pays-Bas, à une latitude jamais atteinte par ce virus. Le virus s’est ensuite rapidement propagé à la Belgique, l’Allemagne, le Luxembourg et le nord de la France à la fin de l’année 2006. Contrairement à certaines prévisions initiales, le virus a survécu à la période hivernale et est réapparu en 2007, simultanément à la reprise de l’activité vectorielle, dans tous les pays touchés en 2006, à partir desquels il s’est rapidement propagé au Royaume-Uni, au Danemark, en Suisse et en République tchèque, touchant près de 60 000 exploitations.
Dans le même temps, une souche de BTV-1, présente en Afrique du Nord en 2006, s’est propagée d’une part en Sardaigne et d’autre part a traversé la péninsule ibérique pour atteindre le sud-ouest de la France au cours de l’été 2007. En 2008, les BTV-8 et -1 ont continué à se propager, la France étant le pays le plus touché avec plus de 24 000 cas de BTV-8 et plus de 6 000 exploitations infectées par le BTV-1.
En 2008, une vaste campagne de vaccination utilisant des vaccins inactivés a été lancée à travers l’Europe, ce qui a permis de réduire considérablement le nombre de foyers et donc de contenir la propagation. Cependant, il a fallu attendre l’année suivante et une seconde vaccination de masse pour obtenir une diminution drastique des cas de BTV-8 en France (83 foyers à la fin 2009). La plupart des pays européens ont recouvré leur statut indemne de BTV-8 entre 2010 et 2012. En France, l’emploi de vaccins inactivés ciblant les BTV-1 et -8 a permit d’éradiquer le BTV en 2010 et le pays fut considéré comme indemne en décembre 2012.
Trois ans après l’éradication du BTV-8 en France, ce sérotype a de nouveau été détecté en septembre 2015 dans le département de l’Allier chez un bélier présentant des signes cliniques évocateurs de FCO (augmentation de la température, problèmes respiratoires et œdème facial). Malgré les mesures de contrôles mises en place par les autorités sanitaires, le BTV-8 s’est répandu rapidement dans une grande partie de la France les années suivantes (plus de 3 000 cas). En avril 2019, le virus s’est étendu à l’Allemagne, la Suisse et la Belgique. D’un point de vue physiopathologique, très peu de signes cliniques ont été observés par rapport aux foyers de BTV-8 entre 2006 et 2008 en France.
En novembre 2017, un virus de sérotype 4 fut introduit à partir de la Corse. La France est depuis cette date infectée de façon enzootique par les deux sérotypes 4 et 8.
En 2023, un virus de sérotype 3 (BTV-3) a été identifié aux Pays-Bas. Ce virus a provoqué la mort de plus de 55 000 ovins. Il s’est propagé à l’Allemagne, la Belgique et l’Angleterre. En 2024, ce virus a traversé la frontière franco-belge. Au 28 août, la France compte plus de 190 foyers dans les départements du nord de la France.
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T.C. : Comment est-il possible de lutter contre la FCO ?
S.Z. : Il n’y a pas de traitement (médicament) antiviral. La vaccination permet de prévenir l’infection et de réduire la circulation virale. Des vaccins inactivés contre les sérotypes 3, 4 et 8 sont commercialisés.
En 2008, une vaste campagne de vaccination obligatoire des bovins et ovins utilisant des vaccins inactivés a été lancée à travers l’Europe, ce qui a permis de réduire considérablement le nombre de foyers et donc de contenir la propagation. Cependant, il a fallu attendre l’année suivante et une seconde vaccination de masse pour obtenir une diminution drastique des cas de BTV-8 en France. En France, l’emploi de vaccins inactivés ciblant les BTV-1 et -8 a permis d’éradiquer le BTV en 2010 et le pays fut considéré comme indemne en décembre 2012.
Cependant, le coût d’une vaccination de masse est élevé ce qui limite une telle mise en œuvre.
Les mesures de restriction de mouvements et de vaccination visent à réduire les conséquences cliniques de l’infection et réduire la propagation virale. Lors de l’épizootie de 2006 à 2010, les pertes étaient de plusieurs centaines de millions d’euros.
Aujourd’hui, lorsqu’un foyer est détecté, une zone de restriction de 15 km est mise en place. Les animaux ne peuvent quitter cette zone que s’ils sont testés (avec résultat négatif) par PCR. La vaccination mise en place permettra de réduire l’intensité ou de réduire les signes cliniques. Lorsque les animaux sont exportés, des mesures de contrôle par PCR et traitements individuels par des insecticides sont aussi effectuées. Les objectifs de ces mesures sont de réduire les conséquences de la maladie chez les animaux infectés, de limiter la propagation du virus sur le territoire et d’empêcher sa diffusion vers des régions/pays indemnes
Auteur
Déclaration d’intérêts
Stéphan Zientara ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
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Propos recueillis par Benoît Tonson.