Drôme Michel Barnier veut s’inspirer des cahiers de doléances : « Il était temps ! » juge la députée EELV Marie Pochon
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Le Premier ministre, Michel Barnier, veut s’inspirer des cahiers de doléances des Gilets jaunes pour établir son plan de réformes. Il a en effet demandé à ses conseillers de se plonger dans les centaines de milliers de revendications ou propositions laissées par les citoyens lors du Grand débat national de 2019 pour trouver des idées.
“Il était temps !” réagit Marie Pochon, la députée EELV/NFP de la Drôme. Si elle salue le geste, l’élue qui réclame leur publication depuis deux ans , estime que le Premier ministre ne va pas assez loin.
“Laisser la possibilité à quelques conseillers de les lire pour y inspirer l’action de l’État est insuffisant. Il faut les rendre publiques, et les restituer aux Françaises et aux Français, afin de tenir enfin la promesse présidentielle, et de pouvoir rendre compte de la légitimité de l’action gouvernementale”, indique-t-elle, estimant que ces doléances “constituent un véritable trésor national”.
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Réaction de Marie POCHON, députée de la Drôme
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Bonjour,
Vous trouverez ci-joint la réaction de Marie POCHON, députée de la Drôme, concernant l’annonce du Premier Ministre Michel Barnier sur l’utilisation des Doléances.
Pour rappel, Madame Marie POCHON se bat depuis son élection pour la publication et l’utilisation des cahiers de doléances dans l’élaboration des politiques publiques.
Elle a déposé, avec des cosignataires, et dans une démarche transpartisane, une proposition de résolution sur la publication de ces doléances.
Bien cordialement,
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Réaction de Marie Pochon à l’annonce du Premier Ministre concernant les Doléances
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Crest, le 28 octobre 2024
Doléances du Grand Débat National : il était temps !
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Je découvre aujourd’hui la « volonté » du Premier Ministre, Michel Barnier, de « s’inspirer » des doléances recueillies lors du Grand Débat National de 2019 pour « trouver de bonnes idées pour le pays ». J’ai envie de dire : il était temps !
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Depuis deux ans, je réclame que ces doléances soient publiées pour que les préoccupations, les aspirations et les propositions de millions de Français-es trouvent enfin l’écho qu’elles méritent dans nos institutions. Et cela fait plus de 5 ans que celles-ci ont été délaissées, que cette alerte est soulevée par de multiples collectifs citoyens et de chercheurs.
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Rappelons les faits. En 2019, au cœur de la mobilisation des Gilets Jaunes, des milliers de citoyens se sont exprimés. En tout, près de deux millions de contributions ont été enregistrées. Ces doléances constituent un véritable trésor national, un miroir de ce que les Français-es pensent et vivent, notamment dans nos zones rurales et périphériques, trop souvent négligées par les décisions parisiennes. Ces contributions touchent aux fondements de notre démocratie : justice sociale, justice fiscale, égalité territoriale, transition écologique et solidarité.
Aujourd’hui, alors que le Premier Ministre parle enfin d’utiliser ces doléances, je veux croire à un changement de cap.
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Je suis ravie de savoir que le gouvernement pourra enfin lire ces textes qui racontent une France qu’on n’entend peu dans les débats publics et politiques. Celle des déserts médicaux, du manque de transports et de services publics; celle des inégalités face à la crise écologique, celle d’une promesse Républicaine abîmée, d’un profond sentiment d’injustice sociale et fiscale. Ravie aussi que ce gouvernement puisse se rendre compte que les questions de sécurité et d’immigration représentent une part plus que minime dans ces cahiers de doléances. Dès le mois de juillet, j’avais appelé dans Le Monde le prochain gouvernement à s’inspirer de ses doléances dans le cap politique à fixer pour notre pays. J’y écrivais, aux côtés des Présidents des groupes Écologistes à l’assemblée nationale et au Sénat : « Apaiser, protéger, écouter: nous entendons ces mots de tous les responsables politiques depuis le 7 juillet. Dans ce contexte politique et démocratique absolument inédit, réouvrir et restituer les doléances du Grand Débat National n’a jamais semblé si prioritaire.
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Dans le contenu de ce qu’elles renferment, nous pouvons fixer un cap à l’action publique ces prochains mois et prochaines années : un cap qui rassemble largement, autour des services publics, des mobilités, de la transition écologique juste, d’une démocratie renouvelée. Un cap qui ne soit pas celui d’un camp contre un autre, mais qui soit celui de tous les français, et notamment ceux qui sont les moins entendus dans les politiques publiques.”
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Pour autant, laisser la possibilité à quelques conseillers de les lire pour y inspirer l’action de l’État est insuffisant. Il faut les rendre publiques, et les restituer aux françaises et aux français, afin de tenir enfin la promesse présidentielle, et de pouvoir rendre compte de la
légitimité de l’action gouvernementale.
Aussi, avec des députés de tous horizons politiques, nous avons redéposé le 19 septembre dernier la proposition de résolution qui devait être étudiée le 19 juin dernier, mais dont l’examen a été retardé par la dissolution. Notre objectif : rendre publiques toutes les doléances du Grand Débat National.
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Concrètement, cette proposition vise à :
1. Reconnaître le caractère historique de ce recueil citoyen, reflet des aspirations populaires.
2. Financer la finalisation de la numérisation et de l’anonymisation des doléances.
3. Organiser un événement national de restitution des cahiers de doléances, pour faire vivre ce débat dans chaque région.
4. Accompagner les communes qui souhaitent rendre ces doléances accessibles au public.
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Si le gouvernement est enfin prêt à écouter, qu’il commence par honorer la promesse du Président. La publication de ces doléances serait un pas vers une démocratie plus participative et reconnectée aux réalités de terrain. J’appelle le premier Ministre a inscrire cette résolution transpartisane à l’ordre du jour de notre assemblée, et à enfin restituer les doléances aux français.
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Marie POCHON
Contact presse :
Lucas WULLSCHLEGER