COP16 contre la désertification : que peut-on attendre de ce sommet mondial en Arabie saoudite ?
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Ce qu’il faut retenir :
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- La COP16 Biodiversité se tient du 21 octobre au 1er novembre à Cali, en Colombie. Il s’agit de la 16e conférence des parties (COP) sur la biodiversité, les parties étant les pays ou groupes de pays (comme l’Union européenne) à avoir ratifié la Convention sur la diversité biologique. Ils sont 196. Tous les États membres de l’ONU, à l’exception des États-Unis, ont ratifié la convention.
- En 1992, au Sommet de la Terre de Rio, trois conventions ont été lancées – la Convention sur la diversité biologique (CBD), la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC) et la Convention Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) – donnant naissance à trois COP.
- Cette année, les 3 COPS se tiennent successivement : la COP16 Biodiversité en octobre, puis la COP29 sur le climat à Bakou, en Azerbaïdjan en novembre, et la COP16 Désertification à Riyad, en Arabie Saoudite, en décembre. (Les COP Biodiversité et Désertification se tiennent tous les deux ans contrairement aux COP Climat qui sont annuelles).
- La COP16 est avant tout une COP de mise en œuvre de l’Accord de Kunming-Montréal qui fixe 23 objectifs, comme la préservation d’au moins 30% des terres et des mers d’ici 2030, la réduction des pollutions et du risque lié aux pesticides.
- Elle a trois objectifs principaux : discuter des indicateurs de suivi, faire le point sur les engagements des Etats, et sur les financements pour la biodiversité.
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Désert : La COP16 à Ryad s’achève sans un accord sur la sécheresse
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Encore une COP qui finit sur un échec
Les négociations à la conférence de l’ONU contre la désertification, COP16, ont pris fin samedi à Ryad sans parvenir à un accord contraignant sur la lutte contre la sécheresse, ont indiqué des participants.
« Les parties ont besoin de plus de temps pour se mettre d’accord sur la meilleure façon d’avancer », a déclaré Ibrahim Thiaw, secrétaire exécutif de la Convention de l’ONU sur la lutte contre la désertification (CNULCD) dans son discours de clôture. Les discussions se sont achevées tôt le matin, un jour plus tard que prévu, alors que les parties à la CNULCD, qui réunit 196 pays et l’Union européenne, tentaient de parvenir à un consensus.
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Des progrès mais pas d’accord
En amont de la réunion, qui a débuté le 2 décembre, Ibrahim Thiaw avait dit espérer l’adoption d’une « décision audacieuse qui pourrait aider à inverser la tendance de la catastrophe environnementale la plus répandue et la plus perturbatrice: la sécheresse
Le communiqué de presse publié samedi se contente d’indiquer que les pays avaient « fait des progrès significatifs en jetant les bases d’un futur régime mondial de lutte contre la sécheresse, qu’ils ont l’intention d’achever lors de la COP17 en Mongolie en 2026 ». Selon l’ONU, les sécheresses, « alimentées par la destruction de l’environnement par l’homme » coûtent au monde plus de 300 milliards de dollars chaque année, et devraient affecter 75% de la population mondiale d’ici à 2050.
Comment finira l’Afrique ?
Selon un délégué d’un pays africain, les représentants du continent souhaitaient un protocole contraignant qui imposerait aux gouvernements de se doter de plans pour se préparer et faire face à la sécheresse. « C’est la première fois que je vois l’Afrique aussi unie, avec un front uni fort, en ce qui concerne le protocole sur la sécheresse », a-t-il dit sous couvert d’anonymat.
Deux autres participants à la COP16, ayant également requis l’anonymat, ont affirmé que les pays développés n’étaient pas en faveur d’un tel protocole, plaidant plutôt pour un « cadre », jugé inadéquat par les pays africains.
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La COP16 sur la lutte contre la désertification des sols a débuté ce lundi 2 décembre 2024 à Riyad en Arabie saoudite, grande puissance pétrolière, qui abrite l’un des plus grands déserts du monde. La convention des Nations unies estime qu’il faudrait restaurer 1,5 milliard d’hectares avant 2030.
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Après la convention des Nations unies sur la biodiversité en Colombie, celle de Bakou sur le climat en Azerbaïdjan, une nouvelle COP s’ouvre ce lundi 2 décembre sur la lutte contre la désertification à Riyad en Arabie saoudite. Peu connue du grand public, cette COP contre la désertification réunit 196 pays et l’Union européenne en est à sa 16e édition. Le rendez-vous a été présenté par le patron de l’ONU, Antonio Guterres, comme un « moment décisif » dans le combat contre l’avancée des déserts.
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Le but de cette convention, qui se déroulera jusqu’au 13 décembre à Riyad, est d’endiguer la dégradation des terres dans les zones arides et semi-arides causée par la déforestation, le surpâturage ou encore l’utilisation d’engrais et autres produits chimiques.
Lors du dernier rendez-vous, il y a deux ans à Abidjan en Côte d’Ivoire, les parties s’étaient notamment fixé l’objectif de restaurer un milliard d’hectares de terres dégradées d’ici à 2030. Mais la convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) estime désormais qu’il faudrait restaurer 1,5 milliard d’hectares avant la fin de la décennie, un défi colossal à l’échelle mondiale.
40 % des sols impactés
L’enjeu est de parvenir à un consensus sur la nécessité d’accélérer la restauration des terres dégradées et de développer une approche « proactive » des sécheresses, a expliqué Ibrahim Thiaw, secrétaire exécutif de la CNULCD..
Il a appelé à « tenir compte des liens étroits entre désertification, perte de biodiversité et changement climatique ». « Nous avons déjà perdu 40 % de nos terres et de nos sols », a-t-il ajouté, en soulignant les conséquences en termes d’insécurité alimentaire et de migrations.
Les terres touchées par la désertification ne peuvent plus être cultivées, et les plantes ne poussent plus dessus non plus. Ce phénomène augmente aussi les risques d’inondation, car les sols ne sont plus en capacité de retenir l’eau.
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240 000 hectares restaurés en Arabie saoudite
La désertification est un problème qui touche environ un tiers des terres émergées de la planète, en particulier le continent Africain, le Mexique, les États-Unis, le Brésil, la Chine et des régions méditerranéennes telles que l’Espagne. En France, 1 % du territoire est touché par la dégradation des sols, notamment au Pays basque ou en Gironde.
L’organisation de cette COP en Arabie saoudite, grande puissance pétrolière, a été très critiquée. Mais il s’agit de l’un des pays qui abrite l’un des plus grands déserts du monde. Le pays s’est d’ailleurs s’est fixé l’objectif de restaurer 40 millions d’hectares, a insisté le ministre adjoint de l’environnement saoudien Osama Faqeeha.
Le royaume du Golfe a restauré jusque-là 240 000 hectares, en luttant notamment contre l’abattage illégal des arbres et en multipliant les parcs nationaux, dont le nombre est passé de 19 en 2016 à plus de 500, a-t-il indiqué. « Nous sommes exposés à la forme la plus sévère de dégradation des sols, la désertification », a souligné le responsable saoudien.
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Inès Simondi
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