Bagnolet, le 6 décembre 2024
Mercosur* : le combat n’est pas terminé !
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Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, vient de signer l’accord UE-Mercosur.
C’est un véritable scandale ! Cette signature est un coup de poignard pour les paysan·nes de France,
d’Europe ET d’Amérique du Sud.
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Nous avons démontré que ces accords de libre-échange tirent les prix vers le bas et organisent la course au
moins disant social et environnemental. Ils se font au détriment du revenu paysan et de l’intérêt général.
Nous appelons à poursuivre la lutte, un combat sur lequel nous sommes précurseurs depuis plus de 30 ans.
Hier encore nous avons manifesté devant le Grand Palais à Paris pour y dénoncer ces accords de libre-
échange, et pointer du doigt ceux-là même qui se gavent sur le dos des paysan.es. Quand on s’attaque à la
finance et aux multinationales de l’agro-business, la répression est forte, nous l’avons encore vu hier. Cinq
paysan·nes de la Confédération paysanne, violemment interpelé·es hier par la Brav-M veinent de voir leur
garde à vue prolongée. Nous exigeons leur libération !
Notre luttons pour un autre système agricole, un autre commerce international, qui protège le revenu
paysan, la santé, la planète et permette une alimentation de qualité pour toutes et tous. Voilà ce qui est
réprimé.
40 ans de crise agricole, ce n’est plus une crise mais un système et nous devons en changer de toute
urgence. Nous appelons donc à continuer.
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Contacts :
– Laurence Marandola, porte-parole nationale : 06 31 66 10 83
– Sylvie Colas, secrétaire nationale : 06 70 31 90 71
– Thomas Gibert, secrétaire national : 06 65 24 66 44
– Stéphane Galais, secrétaire national : 06 81 27 74 56
– Caroline Nugues, chargée de communication : 06 95 29 80 78
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*Le 26 mars 1991, le traité d’Asunción crée l’accord du Mercosur (de l’espagnol Mercado Común del Sur ou Marché commun du Sud). L’alliance Mercosur est constituée de membres fondateurs – l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay (le Venezuela a été suspendu en 2017) – rejoints par la Bolivie en décembre 2023.
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104 Rue Robespierre, 93170 Bagnolet – Tél +33 1 43 62 04 04
contact@confederationpaysanne.fr
https://www.confederationpaysanne.fr/
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Vendredi 6 décembre, la présidente de la commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé l’aboutissement des négociations entre l’UE et le Mercosur, faisant fi de l’opposition de la France à l’accord. Rien n’est toutefois scellé tant que le Parlement européen et les États membres ne se seront pas prononcés. La France doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour bloquer cet accord.
Pour Marie Pochon, “Ursula von der Leyen “conclut” un accord opaque, dont ne connaissons rien du contenu exact, un accord commercial qui échange produits agricoles contre bagnoles, aux normes sanitaires dévoyées, qui ne peut que conduire à la destruction environnementale et à une concurrence déloyale pour nos agriculteurs. Cette décision de la présidence de la commission européenne montre l’échec d’Emmanuel Macron à peser sur la scène européenne et internationale et l’échec d’une passivité de plusieurs années sur ce projet d’accord.
Pourtant, cet accord va contribuer à enfoncer un peu plus l’agriculture française dans une impasse économique et notamment l’élevage, puisque les prix de notre agriculture, que nous voulons vertueuse pour l’environnement et notre santé, ne seront jamais compétitifs. Les importations entreront en concurrence directe avec les productions agricoles françaises, qui respectent des normes environnementales et sociales plus exigeantes. Il nuirait ainsi grandement à la souveraineté alimentaire des peuples en Europe comme en Amérique du Sud ; et nous ferait courir le risque de l’importation de produits comprenant des pesticides interdits ici !
D’un côté comme de l’autre, les entreprises qui pourraient bénéficier d’un accord sont des multinationales qui fonctionnent sans ancrage territorial. Leurs profits ne serviront pas au développement local ni en Europe, ni en Amérique latine.
Enfin, c’est notre santé qui est en jeu. On ne peut pas avoir d’un côté une Europe qui dit vouloir protéger ses citoyens, et de l’autre ouvrir les vannes aux pesticides les plus dangereux pour la santé publique, interdits sur notre sol.
La balle est maintenant dans le camp des États membres et du Parlement européen. Il est impératif qu’Emmanuel Macron trouve des alliances avec les autres pays réfractaires à l‘accord. Je le réaffirme : un tel accord, qui plongerait les paysannes et les paysans dans une précarité encore plus grande, qui ouvrirait la porte à des produits dangereux pour la santé non conformes à nos normes sanitaires et environnementales, et qui favoriserait la malbouffe au détriment de l’excellence agricole française, ne peut pas être accepté.”
Marie Pochon, député de la Drôme.