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Etats-Unis
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Dérèglement climatique : Incendies à Los Angeles :  au moins 5 morts et 100 000 évacués

L’essentiel

  • De violents incendies ravagent Los Angeles et ont provoqué l’évacuation de milliers d’habitants.

  • Des conditions météorologiques extrêmes font craindre le pire : vents violents, sécheresse persistante et propagation rapide des flammes rendent la situation critique. Le bilan provisoire fait état d’au moins deux morts et de plus de 1.000 bâtiments détruits.

  • Des Français installés à Los Angeles témoignent pour 20 Minutes de la peur qui s’est emparée d’eux.

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Les premiers foyers se sont déclarés mardi 7 janvier au matin, avant de se multiplier pour désormais menacer le célèbre quartier abritant des milliers d’habitants forcés d’évacuer dans la nuit de mercredi à jeudi.

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Au moins cinq personnes sont mortes dans les féroces incendies qui sévissent mercredi 8 janvier autour de Los Angeles et entourent désormais le quartier de Hollywood. Les habitants ont été sommés d’évacuer par les autorités après qu’un nouveau foyer s’est déclaré à quelques centaines de mètres de Hollywood Boulevard. «Menace immédiate pour la vie. Il s’agit d’un ordre légal de PARTIR MAINTENANT. La zone est légalement interdite d’accès au public», ont indiqué les pompiers de Los Angeles.

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«Les flammes ont englouti nos rêves»

Environ 1 500 bâtiments ont été détruits et plus de 100 000 habitants de la mégapole américaine ont été forcés de fuir face aux flammes. Un bilan qui pourrait encore s’alourdir, selon les autorités. Los Angeles est balayée par «des vents de la force d’un ouragan combinés à des conditions de sécheresse extrême», a résumé la maire Karen Bass, lors d’un point presse mercredi soir. Des rafales mesurées parfois jusqu’à 160 km/h, qui transfèrent les braises de plusieurs kilomètres.

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Un premier incendie s’est déclaré mardi matin, dans les collines du quartier huppé de Pacific Palisades, qui abrite des célébrités et de nombreuses villas évaluées à plusieurs millions de dollars. Depuis, les foyers se sont multipliés et explosent souvent très rapidement, en l’espace de quelques minutes.

Après la vallée de San Fernando et Altadena, un nouvel incendie s’est déclaré mercredi soir dans les collines de Hollywood, à quelques centaines de mètres du fameux boulevard aux étoiles. L’artère s’est rapidement remplie d’automobilistes stressés, bloqués dans les bouchons et qui tentaient d’évacuer sous les klaxons, ont constaté des journalistes de l’AFP. «Nous n’avons pas assez de pompiers dans le comté de Los Angeles pour faire face à cette situation», a déploré le chef des pompiers du comté de Los Angeles, Anthony Marrone.

Altadena, située au nord de Los Angeles, ressemble à une zone récemment bombardée, avec des bâtiments encore en feu et des habitations réduites en cendres. William Gonzales y est revenu voir son domicile, évacué la veille. Il raconte à l’AFP «avoir presque tout perdu» : «Les flammes ont englouti nos rêves. Il n’y a plus que des cendres ici.» Jesus Hernandez assure, lui, que sa maison, comme les nombreuses autres dévorées par le brasier, «ne vaut plus rien […] Les voir partir [en flammes] en quelques secondes, c’est vraiment triste.»

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Bouches d’incendie vides

Dans la nuit de mercredi à jeudi, d’imposants panaches de fumée noire s’élevaient au-dessus de la deuxième ville des Etats-Unis, avec l’odeur âcre du brûlé dans l’air. Les vents posent un «danger mortel», selon les services météorologiques.

Les habitants ont été invités par les autorités à économiser l’eau, car trois réservoirs alimentant des bouches d’incendie ont été vidés dans le combat contre les flammes à Pacific Palisades. En plus des vents, le météorologiste Daniel Swain pointe notamment «le manque de pluie et l’anormale chaleur et sécheresse depuis six mois» pour expliquer ces sinistres.

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Le président, Joe Biden, qui a annulé le voyage qu’il devait faire jeudi en Italie, s’est rendu auprès des pompiers mercredi dans une caserne de Santa Monica. La veille, il avait débloqué des aides fédérales pour faciliter le combat contre les flammes. Jamais économe de polémiques, son successeur Donald Trump s’en est pris au gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, l’une de ses bêtes noires. Il l’a désigné comme «responsable» de cette «véritable catastrophe» en affirmant – faussement – que le manque d’eau dont souffre l’Etat était dû à ses politiques environnementales, répétant ses propos fantaisistes selon lesquels l’eau de pluie était détournée pour protéger un «poisson inutile».

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L’industrie hollywoodienne chamboulée

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Avec ces incendies, c’est aussi la foisonnante actualité du monde du cinéma qui s’en trouve bouleversée. Les flammes ont provoqué l’annulation de nombreuses premières de films et des fermetures de sites, comme le parc d’attractions Universal Studios Hollywood.

Les nominations aux Oscars, qui devaient avoir lieu le 17 janvier ont été reportées au 19. La cérémonie des Critics Choice Awards qui devait se tenir dimanche a également été reportée, et les nominations aux SAG Awards, les récompenses du syndicat des acteurs américains, ont été annoncées par simple communiqué de presse.

Plusieurs célébrités hollywoodiennes figurent parmi les dizaines de milliers de personnes ayant reçu l’ordre d’évacuer. La star de Star Wars Mark Hamill a ainsi annoncé sur Instagram qu’il avait dû quitter mardi sa maison à Malibu, ville prisée des stars. Les scientifiques rappellent régulièrement que le changement climatique augmente la fréquence des événements météorologiques extrêmes. Des avertissements qui résonnent désormais dans la chair des Angelenos.

«C’est probablement le changement climatique qui affecte tout. Je suis sûre que ça a ajouté à tout ça», soupire Debbie Collins, devant sa boutique menacée par les flammes à Altadena. «Le monde va vraiment mal et nous devons en faire plus.»

« Il n’a pas plu ici depuis le 5 mai dernier »

Emma Hedgcock est coordinatrice numérique dans une école privée de Los Angeles. Elle se souviendra longtemps de cette journée. Ce mardi, la Française enseigne comme d’habitude, mais à 10 heures, une alerte tombe. « J’ai reçu un texto de la compagnie d’électricité m’indiquant une coupure dans mon quartier. »

Si Emma, qui a déjà vécu des feux spectaculaires en Californie, ne s’inquiète pas outre mesure, elle reste sur ses gardes car « Il n’a pas plu ici depuis le 5 mai dernier. On sait que ça peut aller très vite. » À ce moment-là, le vent souffle déjà très fort. L’école qui ne possède pas de cantine interdit à ses élèves et enseignants de déjeuner dehors comme ils en ont l’habitude. « Il a fallu improviser et on a fini par déjeuner à nos bureaux. »

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APPIS

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