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Baisse conséquente des subventions régionales pour l’économie sociale et solidaire : « C’est dommageable pour tout le territoire »

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La Région Auvergne Rhône-Alpes a acté une baisse de budget d’ampleur pour le secteur de l’économie sociale et solidaire. L’ESS se voit amputée de 1,7 million d’euros sur le budget 2025. Une annonce qui inquiète les acteurs du secteur, qui ont appris cette baisse le 30 janvier dernier.

L’annonce est tombée comme un couperet. La Région Auvergne Rhône-Alpes a acté dans son budget 2025 une baisse de 1,7 million d’euros d’aide pour le secteur de l’Economie sociale et solidaire (ESS), cet écosystème des acteurs et entreprises fondés sur un principe de solidarité et d’utilité sociale. Une annonce qui inquiète les acteurs du secteur, qui ont appris cette baisse budgétaire le 30 janvier dernier.

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« C’est dommageable pour le territoire, et toutes les initiatives qui sont en train de se lancer » réagit Birgit Vynckier, directrice de l’association Singa qui favorise l’inclusion des personnes exilées, et cofondatrice du tiers lieu Faitout qui héberge une dizaine d’associations de l’ESS. « On a bénéficié de ces aides et on sait à quel point c’est important pour permettre au projet entrepreneurial d’aboutir. Sans ce soutien, peut-être que nos projets n’auraient pas existé » ajoute-t-elle.  

Même son de cloche du côté de Marie-Amandine Vermillon, directrice de Belle Bouffe qui œuvre pour une justice alimentaire et cofondatrice du Faitout. « On sent que le climat est de plus en plus compliqué. Mais dans le même temps, nous effectuons un travail que les acteurs publics ne sont pas en capacité de faire, donc qui nécessite leur soutien financier a minima. Pourtant, on a le sentiment de se prendre des coups dans tous les sens » explique-t-elle.

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Un secteur qui représente 327 000 emplois en Auvergne Rhône-Alpes

La baisse des aides touche plusieurs pans du secteur : le dispositif local d’accompagnement perd 220 000 euros, l’aide à la création de Scop/Sic perd son financement, et France Active perd 1 million d’euros. Tandis que la chambre régionale de l’ESS perd son financement de 230 000 euros, soit un quart de son budget. Le site Ambition ESS, plateforme de recherche d’emploi locale spécialement dédiée au secteur de l’ESS, gérée par la CRESS, a été fermé dans la foulée. « On y mettait nos offres d’emploi, c’est un outil très utile, de référence dans la région. Au-delà de ça, on est préoccupé aussi de l’impact symbolique qu’un acteur public puisse dire du jour au lendemain « on arrête tout » » témoigne Marie-Amandine Vermillon.  

Le secteur de l’ESS représente 327 000 emplois dans la Région, soit un emploi sur sept dans le privé et 14% de l’emploi de la région, selon les données de l’INSEE. Ce qui en fait la deuxième région la plus active en France du secteur. « Cette annonce est délétère pour l’ESS mais aussi pour la dynamique générale du territoire. Nous avons appris cela sans courrier officiel, il n’y a ni motif ni qualification » regrette Nicolas Planchon, le président de la CRESS en Auvergne Rhône-Alpes.

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« Toute une chaîne d’acteurs est impactée par cette décision, qui menace la capacité d’action ou de coordination de la CRESS, mais aussi les emplois. D’autant plus que ne pas investir sur ces enjeux-là à ce moment de l’histoire me semble dangereux. Le secteur serait moins en capacité de répondre aux besoins sociaux, qui sont énormes. Nous continuons à plaider pour le dialogue avec la Région, pour que cette annonce ne soit pas irrévocable » souligne le président.

De son côté, la Région Auvergne Rhône-Alpes soutient que « dans un contexte instable, fragilisé par une censure, certains dispositifs n’ont pas été renouvelés par l’Etat ou par l’ensemble des collectivités« . Elle rappelle que différents dispositifs d’accompagnement sont toujours actifs et réaffirme son engagement financier pour « l’action économique ».

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Blandine Lavignon et Sébastien Allec à suivre sur FR3

05/02/2025

3 Commentaires

  1. Manger, c’est tricher. C’est sans doute ce que s’est dit l’exécutif de la région Auvergne-Rhône-Alpes en décidant de couper une partie des vivres – littéralement – aux stagiaires de l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa). Opérateur majeur du domaine en France, cette structure bénéficiait jusque-là du soutien financier de la collectivité auralpine afin, notamment, de garantir aux personnes en formation un «hébergement totalement gratuit» et un «accès au service de restauration […] à des conditions tarifaires raisonnables», explique un document interne que Chez Pol a consulté. Dorénavant, il faudra faire sans les repas. Lors de la commission permanente du conseil régional du 14 février, la majorité de droite, encore très liée à son «conseiller spécial» Wauquiez, a voté la suppression des 14 000 repas dont avaient bénéficié 590 stagiaires en 2024.

    Qui dort dîne
    Un coup de rabot à 112 000€, qui parachève une sape méthodique du budget annuel dédié à la formation professionnelle. Depuis 2015, il a baissé de près de 47%, soit 125,2 millions d’euros en moins, alerte Johann Cesa, vice-président du groupe socialiste de l’opposition régionale. Ce qui a conduit à une diminution importante des entrées en formation (-60% entre 2016 et 2021). La région serait ainsi devenue la dernière du pays en termes de dépense par habitant sur le sujet, parmi les plus sacrifiés en Auvergne-Rhône-Alpes (avec la culture), alors qu’il s’agit d’une compétence majeure de cet échelon territorial. L’exécutif justifie sa décision par le fait que la «prestation restauration […] représente un caractère moins décisif que l’hébergement dans la réussite du parcours du stagiaire». Comprendre : qui dort dîne.

    Justement, 112 000€, c’est à peine le coût du second «dîner des sommets» qui s’était tenu au château de la Chaize, à Odenas, en juin 2022. D’après un rapport de la chambre régionale des comptes, il avait réuni 97 invités pour un coût total de 120 192€, soit une douloureuse à 1 239€ par couvert. Chez Pol sort la calculette pour l’Afpa : 14 000 repas à 112 000€, ça fait un repas à 8€. Et s’ils étaient 590 stagiaires à se partager le gâteau, cela donne une somme de 190€ chacun et de quoi se payer près de 24 déjeuners. Folie des grandeurs. «Les économies, on peut les faire ailleurs, plutôt que sur le dos de ceux qui se forment à un nouvel emploi ou qui viennent de perdre le leur, s’insurge Cesa. C’est une politique antisociale qui ne dit pas son nom, ce n’est pas un bon signal à envoyer avec la remontée du chômage et les plans sociaux qui se multiplient.»
    Maïté Darnault

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  2. Mouais. J’ai fait deux stages à l’Afpa, l’un excellent en 1986, l’autre désastreux en 2015, tellement les profs étaient nuls et apprenaient leurs cours tout en le donnant. Nous nous sommes plaints en collectif auprès du Conseil régional à l’occasion de quoi je me suis rendu compte que les dirigeants de l’AFPA étaient devenus des sortes d’apparatchiks qui tenaient surtout à leurs avantages tout en se croyant de gauche. Pour moi l’AFPA, c’est devenu du détournement d’argent public sur le dos des chômeurs et des jeunes. Est-ce vraiement une bonne idée de continuer à verser de l’eau dans le sable ?

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  3. J’ai oublié de dire que comme j’étais à l’origine du collectif qui s’est plaint je n’ai pas obtenu mon diplôme.

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