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Le retour des enfants ukrainiens déportés, une condition non négociable de tout accord avec la Russie

Le 24 février prochain marquera le triste anniversaire de la 2e invasion russe de l’Ukraine. Depuis trois ans, le peuple ukrainien résiste héroïquement face à une agression d’une violence inouïe. Malgré les destructions systématiques de ses infrastructures vitales et le coût humain dramatique, l’Ukraine continue de se battre pour sa liberté – et pour la nôtre.

Aujourd’hui plus que jamais, c’est l’heure de l’Europe. Face au désengagement américain, à la trahison de l’administration Trump et au nouveau Munich, l’Union Européenne doit prendre ses responsabilités historiques.

Notre continent ne peut plus se contenter de demi-mesures : il doit apporter à l’Ukraine l’aide décisive qui lui permettra de vaincre.

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Le 17 mars 2023, la Cour Pénale Internationale émettait des mandats d’arrêt contre Vladimir Poutine et Maria Lvova-Belova pour la déportation illégale d’enfants ukrainiens. Ces mandats, qui ont marqué la première inculpation d’un chef d’État en exercice par la CPI, révélaient l’ampleur d’un crime sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale.

Mais ils ne montraient que la partie émergée de l’iceberg. Une nouvelle enquête, menée par l’association Pour l’Ukraine, pour leur liberté et la nôtre ! (avec le concours de Russie-Libertés), démontre aujourd’hui que ces déportations, loin d’être des actes isolés ou improvisés, constituent un programme systématique, planifié bien avant l’invasion de 2022. Dans le cadre de cette entreprise, orchestrée par l’État russe et impliquant de hauts dignitaires du parti Russie Unie et du Patriarcat de Moscou, 19 546 cas d’enlèvement d’enfants par les forces d’occupation ont été recensés par les autorités ukrainiennes, dont seulement 388 ont été rapatriés. Par ailleurs, selon les chiffres Haut-Commissariat aux Réfugiés et Dmytro Lubinets, commissaire parlementaire d’Ukraine aux droits de l’enfant, des centaines de milliers d’enfants sont sous contrôle russe. Déplacés en Russie ou restés en territoires occupés, ils sont soumis à une politique de russification forcée.

Ce qui frappe d’abord, dans le récit de ces crimes par leurs auteurs eux-mêmes c’est l’ampleur de l’opération : dès le 18 février 2022, une semaine avant l’invasion, la machine était en marche. L’appareil entier du parti Russie Unie, celui de Vladimir Poutine, est mobilisé : Andreï Turchak, secrétaire du Présidium, supervise directement les opérations et en réfère à Poutine ; Anna Kuznetsova dirige le « quartier général humanitaire » chargé des adoptions ; les coordinateurs régionaux comme Igor Kastyukevich et Artem Turov déploient des « missions humanitaires » qui servent de façade à un vaste système de fichage et de déportation. En Russie même, les gouverneurs de région, comme Andreï Vorobyov à Moscou, organisent le placement des enfants dans des familles russes. Rien n’est laissé au hasard : rafles dans les orphelinats, séparations lors de la « filtration » des familles évacuées de force en Russie, déportations sous prétexte de « vacances » ou de « soins », jusqu’aux adoptions illégales.

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L’intention du Kremlin est manifeste. Elle ne vise pas seulement à détruire l’identité ukrainienne de ces enfants, mais à les incorporer de force à la « nation russe ». Dans les écoles où ils sont envoyés, tout est fait pour effacer leur passé : langue ukrainienne interdite, histoire réécrite, endoctrinement patriotique quotidien. Les plus âgés sont même préparés à servir dans l’armée russe qui détruit leur patrie ─ une cruelle ironie qui révèle le projet à long terme : former les instruments des futures conquêtes russes.

Cette entreprise mobilise des moyens considérables : l’armée détourne des unités du front pour ces opérations, le parti Russie Unie déploie des milliers de militants, le Patriarcat de Moscou apporte sa caution morale. C’est une priorité absolue du régime, supervisée directement par Poutine via sa commissaire aux droits de l’enfant, Maria Lvova-Belova.

Les dommages psychiques infligés à ces enfants sont profonds : privés de leurs repères, de leur langue, de leur culture, beaucoup développent des syndromes de stress post-traumatique. Les psychiatres parlent de « meurtre d’âme », dont les séquelles se transmettront aux générations futures.

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Face à ce crime systémique d’une telle gravité, l’erreur serait de le condamner tout en acceptant de dissocier son aspect humanitaire de sa dimension géopolitique. La tentation de séparer les négociations de cessez-le-feu de la question du retour des enfants constituerait une catastrophe morale et stratégique, car le Mal ne peut-être apaisé, il doit être défait et puni. Y renoncer serait non seulement abandonner ces enfants à leur sort, mais aussi donner un blanc-seing à la Russie pour continuer à perpétrer des crimes contre l’humanité dans ses futures conquêtes.

C’est pourquoi aucun cessez-le-feu ne saurait être envisagé sans le retour de tous les enfants déportés. Il y a un an, des chefs d’État et de gouvernements européens, dont Emmanuel Macron au Conseil de l’Europe, prenaient position contre ces déportations. Aujourd’hui, le sort de ces enfants ne peut être dissocié des négociations futures avec la Russie. C’est à l’Europe d’élever la voix, car elle ne peut accepter en son sein un tel crime sans renier sa conscience et ses valeurs fondamentales. L’Histoire nous jugera sur notre capacité à faire du retour des enfants ukrainiens déportés une condition non négociable de tout accord avec la Russie.

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Signataires :

Antoine Garapon, ancien magistrat

Agnieszka Holland, cinéaste

Bertrand Lambolez, Directeur de recherches à l’INSERM, Vice-Président de Pour l’Ukraine, pour leur liberté et la nôtre !

Marc Lévy, écrivain

Jonathan Littell, écrivain et cinéaste

Ariane Mnouchkine, fondatrice et co-directrice du Théâtre du Soleil

Rithy Panh, cinéaste et producteur, fondateur du Centre Bophana à Phnom Penh

Pierre Raiman, cofondateur de Pour l’Ukraine, pour leur liberté et la nôtre !

Constantin Sigov, philosophe et éditeur, directeur du centre européen à l’université de Kiev

Gabriel Attal, ancien Premier ministre, Président du groupe EPR et du groupe d’amitié France-Ukraine à l’Assemblée nationale

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Parlementaires

  1. Pieyre-Alexandre Anglade, député EPR, président de la commission des Affaires Européennes

  2. Karim Benbrahim, député PS

  3. Éric Bothorel, député EPR

  4. François Cormier-Bouligeon, député EPR

  5. Olivier Faure, député PS, premier secrétaire du Parti socialiste

  6. Guillaume Garot, député PS, ancien ministre

  7. Anne Genetet, députée EPR, ancienne ministre

  8. Catherine Hervieu, députée de la Côte-d’Or (Écologiste et Social)

  9. Brigitte Klinkert, députée EPR, ancienne ministre

  10. Constance Le Grip, députée EPR, vice-présidente du groupe d’amitiés France-Ukraine

  11. Claude Malhuret, président du Groupe Les Indépendants au Sénat – Sénateur de l’Allier

  12. Estelle Mercier, députée PS

  13. Anna Pic, députée PS

  14. Natalia Pouzyreff, députée EPR (Ensemble pour la République)

  15. Marie Récalde, députée PS

  16. Valérie Rossi, députée PS

  17. Jean-Louis Roumégas, député, Écologiste et Social, Commission Affaires étrangères

  18. Isabelle Santiago, députée PS

  19. Nadia Sollogoub, sénatrice, présidente du Groupe d’amitié France-Ukraine au Sénat

  20. Thierry Sother, député PS

  21. Liliana Tanguy, députée du Finistère, Ensemble pour la République

  22. Boris Vallaud, député PS, président du groupe socialiste

  23. Dominique Voynet, députée de la 2e circonscription du Doubs, membre de la commission des Affaires étrangères

  24. Antoine Arjakovsky, directeur de recherche Collège des Bernardins

  25. Yves Beguin, professeur émérite d’hématologie. Université de Liège

  26. Gérard Bensussan, philosophe

  27. Olivier Blanckart, professeur aux Beaux-Arts de Paris

  28. Annie Bourguignon, professeur émérite (études scandinaves)

  29. Michel Caillouët, ancien ambassadeur de l’Union Européenne

  30. Gilles Chevalier, contrôleur général des armées (2S)

  31. Hélène Cixous, écrivaine

  32. Dominique Colas, politologue, professeur émérite Science-Po

  33. Maïté Coppey, directrice de recherche émérite INSERM

  34. André Constantinesco, professeur honoraire Médecine

  35. Didier Coureau, professeur des universités en études cinématographiques Université Grenoble Alpes

  36. Bertrand de Cordoue, conseiller à l’Institut Jacques Delors

  37. Bruno Demoulin, professeur émérite Université de Liège

  38. Martine Denis-Linton, conseiller d’État honoraire

  39. Stephen Fry, écrivain, réalisateur et acteur

  40. Jean-Luc Gaffard, professeur émérite d’économie

  41. Catherine Géry, professeure de littérature et de cinéma russes à l’INALCO

  42. Anne Gorouben, artiste plasticienne

  43. Véronique Grappe, anthropologue

  44. Jean-Yves Guérin, professeur de littérature française à l’Université Sorbonne nouvelle

  45. Marc Hindry, professeur de mathématiques à l’université Denis Diderot Paris VII

  46. Anne Hosmalin, directrice de recherche INSERM

  47. Martine Jodeau, conseillère d’État honoraire

  48. Konstantin Kaiser, poète et homme des Lumières, Verein zur Förderung und Erforschung der antifaschistischen Literatur Österreich [Association pour la promotion et la recherche de la littérature antifasciste].

  49. Esko Kentrschynsky, fonctionnaire international et ambassadeur UE retraité

  50. André Klarsfeld, professeur d’université (retraité)

  51. Gérard Lauton, maître de conférences honoraire (UPEC)

  52. Larysa Leshchenko, professeur à l’Université de Wrocław

  53. Françoise Létoublon, professeur émérite de littérature et langue grècque, membre de l’Institut Universitaire de France

  54. Sylvie Lindeperg, historienne, professeur à l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne

  55. Marie Matheron, actrice

  56. George Mink, directeur de recherche émérite (ISP-Cnrs), professeur au Collège d’Europe, campus de NATOLIN

  57. Simone Molina, artiste et écrivain

  58. Alexis Nuselovici, professeur émérite de littérature comparée, Aix-Marseille Université

  59. Fabien Ollier, directeur de la revue Quel Sport ?

  60. Ray Pitti, médecin humanitaire

  61. Sonja Pleßl, Zwischenwelt International, publiciste et traductrice

  62. Jean-Manuel de Queiroz, professeur émérite de sociologie à l’université de Rennes 2

  63. Alain Rabatel, professeur émérite de Sciences du Langage, Université Claude Bernard-Lyon 1

  64. Sylvie Rollet, professeur émérite ders universités, présidence de Pour l’Ukraine, pour leur liberté et la nôtre !

  65. Michel Rostain, écrivain

  66. William Saadé, conservateur en chef honoraire du patrimoine, commissaire d’expositions

  67. Antoine Sabbagh, historien

  68. Michaël de Saint-Chéron, philosophe des religions

  69. Cécile Sakai professeure émérite de Littérature japonaise

  70. Pierre Schapira, professeur émérite Sorbonne Université

  71. Dominique Schapper, sociologue

  72. Karl Schlögel, historien, professeur emeritus Berlin

  73. Constantin Sigov, directeur du Centre européen à l’université de Kyiv

  74. Nicolas Tenzer, enseignant à Sciences Po, auteur de Notre Guerre. Le crime et l’oubli

  75. Nicolas Vatimbella, écrivain

  76. Olivier Védrine, administrateur de l’Association Jean Monnet

  77. Emmanuel Wallon, professeur émérite des universités

  78. Michel Yakovleff, Général 2S

  79. Yves-Charles Zarka, professeur des universités, Directeur de publication de Cités (Revue)

    Associations

  80. Patrick Angelvy, secrétaire général de Pharmaciens Sans Frontières 94

  81. Nadiia Bardy, présidente de l’association Aide humanitaire pour l’Ukraine à Marseille

  82. Nataliya Batarina, co-administratrice de l’association Volya

  83. Ulyana Beauvais, présidente de l’association Pyssanka

  84. Clément Bonnet, Senior Advisor pour Students For Liberty

  85. Christian Castagna, président de VoisinageS

  86. Élisabeth Centkiewicz, La-boutique.ukrainienne.eu

  87. Zdravko Cerovecki, président de l’association « CROATIE OCCITANIE » Toulouse Plaisance du Touch

  88. Lesya Darricau-Dmytrenko, présidente de l’association Perspectives Ukrainiennes

  89. Henri David, président de l’ARASFEC Unis pour l’Ukraine

  90. Tamara Demuria, présidente de l’association Géorgie vue de France

  91. Yves Garès, co-président de la Fédération Échanges France Ukraine (FEFU)

  92. Catherine Hatinguais, secrétaire de Pour l’Ukraine, pour leur liberté et la nôtre !

  93. Ivanna Kushnir-Baron, présidente de l’association Solidarité Bretagne-Ukraine

  94. Tetiana Lablonska, présidente de l’association Ukraine-Dijon-Bourgogne

  95. Nakonechna Luba, présidente de l’association franco-ukrainienne Vesna64 à Pau

  96. Viktoriia Michniewicz, présidente de l’association AFU Mriya Ukraine

  97. Florent Murer, président de l’Association Kalyna

  98. Viktoriia Nesterenko-Morkovkin, présidente de l’association Ukraine Invicta

  99. Élisabeth Nicoli, co-présidente de l’Alliance des femmes pour la démocratie

  100. Jean-Pierre Pasternak, président Union des Ukrainiens de France

  101. Svitlana Poix, présidente de l’association La maison ukrainienne Mérignac Bordeaux Métropole

  102. Marie Rebaud, administratrice de l’association Ukraine CombArt

  103. Florence Samson, Ambassadrice bénévole et officielle de la Fondation caritative ukrainienne Бонум de Lviv

  104. Christiana Smoliy, présidente de l’association Ukraïnka

  105. Emmanuelle Trocadero, responsable Unis pour l’Ukraine 56

  106. Inha Yavorska, bénévole à la bibliothèque ukrainienne de l’association Solidarité Bretagne-Ukraine

  107. Roger Wpwk, président d’E.B.C.U. (échanges Bourgogne Champagne Ukraine)

  108. ...Suivent 1065 noms ce 23 fevrier à 9h00

Signez sur :

https://bit.ly/pour-l-ukraine-retour-des-enfants-deportes

Ou retournez votre signature avec vos noms, prénoms et titre ou fonction professionnelle à appelpourlukraine@gmail.com

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