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Simon Persico, politiste : « Les maires écologistes ont des raisons d’être optimistes pour les municipales de 2026 »

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Le chercheur de Sciences Po Grenoble a analysé l’action politique des dix principales municipalités écologistes du pays élues en 2020. A mi-mandat, elles avaient tenu une bonne partie de leurs engagements de campagne.

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  Benoît Floc’h

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Le maire de Grenoble, Eric Piolle, à Grenoble, le 18 février 2020. 

Simon Persico est politiste et directeur de Sciences Po Grenoble. Membre du conseil de surveillance de la Fondation de l’Ecologie politique, il est l’un des chercheurs à l’origine d’une étude sur les promesses et les actions de grandes villes qui ont élu un maire écologiste en 2020.

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Quel regard portez-vous sur les municipalités écologistes ?

Avec un collègue de Sciences Po Grenoble, Florent Gougou, et une équipe d’étudiants, nous avons analysé l’action politique des dix principales municipalités écologistes du pays, soit un cinquième des villes de plus de 80 000 habitants. L’étude, qui porte sur la période 2020-2023, a été publiée pour le compte de la Fondation de l’écologie politique et la Heinrich-Böll Stiftung [fondation politique allemande]. Les candidats écologistes avaient fait beaucoup de promesses pendant leur campagne : 2 910, dont 610 à Besançon ou 552 à Poitiers. Ils s’étaient montrés assez peu prudents : plus on fait de promesses, plus on prend le risque de ne pas en tenir.

Pourtant, sur les 239 engagements que nous avons étudiés, dans des domaines aussi variés que les cantines scolaires, la sécurité, la nature en ville ou les mobilités douces, 31 % avaient été tenus et 41 % étaient en cours ou partiellement tenus à mi-mandat. Moins de 7 % d’entre eux n’avaient pas été mis en place.

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Les maires Verts se sont-ils révélés des maires comme les autres ?

Plusieurs remarques. On parle de municipalités écologistes, mais il s’agit en réalité de coalitions de « gauche plurielle » dominées par les Verts. Et ils n’y sont pas systématiquement majoritaires, car la société civile est souvent très représentée. Ça change les choses, car ce ne sont pas les écologistes qui décident de tout ; cela implique une part de compromis. En outre, les mairies vertes ont évidemment eu tendance à actionner les leviers de la transition écologique, qu’il s’agisse de la place de la voiture en ville ou de l’alimentation des élèves, par exemple. Elles ne sont pas les seules : les villes de gauche, comme Paris, Nantes ou Rennes, le font aussi. Les Verts le font cependant plus, et plus vite que les autres.

Du point de vue de la pratique du pouvoir, on trouve également des éléments communs avec les métropoles que je viens de citer. Cependant, les écologistes ont adopté des méthodes innovantes de prise de décision démocratique. Cela relève certes aussi de la communication politique, mais marque une volonté d’exercer le pouvoir de manière plus ouverte et moins centralisée : moins de personnes encartées, expériences participatives… Ils ont aussi essayé de moins concentrer le pouvoir dans les mains du maire et de son cabinet. Ces efforts n’ont pas toujours été couronnés de succès.

Les Verts ont également tenté de repenser toutes les politiques à l’aune de la « dette climatique », mais ils se sont heurtés à de nombreuses difficultés, comme l’inertie institutionnelle des collectivités. Ils ont rencontré des blocages et des lenteurs liées à d’autres institutions : préfectures, Etat ou les métropoles dont les villes écologistes font partie mais où elles ont rarement la majorité, à l’exception de Lyon.

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Dans quelle position les maires écologistes abordent-ils les prochaines municipales ?

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Ils ont des raisons d’être optimistes. Dans leurs villes, c’est le niveau de la gauche qui détermine leurs chances d’être réélus. Or, à une ou deux exceptions près, les villes qu’ils gouvernent restent favorables à la gauche. C’est un électorat où l’on observe une grande porosité : l’électeur vote pour le mieux placé.

Certes, les divisions s’exacerbent au sein de la gauche nationale. Mais ceux qui voudront s’opposer aux Verts devront être capables de monter une liste et surtout d’arriver devant au premier tour. Or, être maire sortant, c’est un atout pour rassembler. Surtout à l’issue d’un premier mandat, dans un scrutin où les sortants sont souvent reconduits et sans risque de vote sanction, puisqu’ils ne sont pas au pouvoir au niveau national.

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Pour Information la municipalité de Die est gérée par un conseil municipal depuis le  22 mars 2020, regroupant  trois sensibilité : Rose, Rouge et Verte. 

Les prochaines élections sont les élections municipales. Elles auront lieu en mars 2026.  Pour plus de 5000 habitant.es,  29 conseillers et conseillères seront élus contre 27 ce jour…

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