J’étais lundi dernier présente à Nyons pour la cérémonie de commémoration des 80 ans de la libération d’Auschwitz. « Si l’écho de leurs voix faiblit, nous périrons » a rappelé Pierre Combes, maire de Nyons, en citant Paul Eluard, suivi du Chant des Partisans entonné par la chorale de Nyons. En effet, dans la nuit du 20 au 21 janvier 1944, ce sont 28 juifs installés à Nyons et intégrés à la communauté qui ont été arrêtés et déportés.
Ils ne sont pas revenus. Il y avait parmi eux, 6 collégiens âgés de 11 à 19 ans auxquels nous avons rendu hommage dans l’ancien collège Roumanille.
Nous leur avons rendu hommage, nous rappelant leur histoire, notre histoire.
Les derniers survivants de la Shoah nous en laissent orphelins. Samuel Pisar, qui « ne pouvait vivre, selon ses mots, (…) sans ressentir le besoin d’alerter les nouvelles générations sur les dangers qui peuvent détruire leurs univers, comme ils ont jadis détruit le sien ».
Elie Wiesel, qui alertait sur l’importance de « ne pas se taire quand des êtres humains endurent la souffrance et l’humiliation, (…) de toujours prendre parti car la neutralité aide l’oppresseur, jamais la victime. Le silence encourage le persécuteur, jamais le persécuté ».
À l’heure où les discours de haine et de rejet de l’autre gagnent du terrain, à l’heure où l’on voit les plus puissants de ce monde s’enivrer de saluts nazis, à l’heure où les plus vils discours occupent le temps d’antenne et certains discours ministériels, à l’heure où d’autres peuples, de par le monde, sont encore massacrés par leurs semblables, à cette heure précise, il nous faut être attentifs à cette tentation démagogique, aux vérités alternatives, à l’autoritaire sur nid de xénophobie et de rejet des minorités. Non, nous ne sommes pas orphelins. Des mots de ces survivants, nous devons en faire nos devises. Ils nous disent de refuser le silence face aux injustices, ils nous disent de nous lever contre l’arbitraire, ils nous disent de ne jamais oublier, pour ne jamais, jamais recommencer. Car la mémoire, ce n’est pas seulement un souvenir. La mémoire est un projet pour l’avenir.
Le combat de la semaine : Sauvons l’Agence Bio, l’OFB et l’Ademe !
Après l’examen au Sénat du projet de loi de finances qui avait acté la suppression de l’Agence Bio, et alors que les sénateurs étaient en train de réautoriser les néonicotinoïdes tueurs d’abeilles, la commission développement durable et aménagement du territoire de l’Assemblée recevait en audition trois agences menacées par les dérives climato-sceptiques de certains sur nos bancs : l’Agence Bio, l’Office français de la biodiversité et l’ADEME.
La semaine passée, j’ai eu l’occasion d’intervenir pour mon groupe auprès des représentants de ces agences. Moins de 1% des dépenses du programme budgétaire 149 du Ministère de l’Agriculture, pour soutenir les filières bio. Cela représente 2,9 millions d’euros. La bio est en difficulté, et proposer de supprimer l’agence qui accompagne la filière, enfonce la tête sous l’eau de nombreux agriculteurs.
L’Agence bio accompagne des centaines de projets, les professionnels de la restauration collective à changer leurs pratiques pour enfin appliquer Egalim, à initier des filières de commercialisation, à promouvoir le label et les produits bio, et en cela à revitaliser nos villages, par l’accompagnement de l’installation et du maintien de paysans nombreux et à la structuration de réseaux de transformation et de distribution, à l’autonomie de la Ferme France face aux intrants importés, mais également à la préservation de la biodiversité ! Soutenons là plus que jamais !
De même, mettre une cible dans le dos de l’ADEME, parler de son « utilité douteuse » comme l’a fait Laurent Wauquiez, détricoter son budget, c’est creuser toujours plus la fracture territoriale, c’est abandonner notamment nos territoires ruraux…
… ceux qui ont le moins de moyens pour faire face aux inondations, aux sécheresses, aux bâtiments qui se fissurent, aux cultures aux rendements détruits, aux classes surchauffées et tous nos compatriotes qui se réveillent encore ce matin les pieds dans l’eau. 62% de leurs projets sont portés en ruralité. Nous, écologistes, en sommes convaincus : « Il n’y a pas plus injuste que de ne pas faire de transition » !
Nous continuerons à soutenir ces agences qui accompagnent nos collectivités territoriales, nos entreprises dans leur transition : ne pas investir aujourd’hui, c’est en payer le prix demain : nos compatriotes en Bretagne, en Loire Atlantique ou à Mayotte ne le savent que trop bien. C’est cela, gouverner en responsabilité : c’est prévoir !
Une semaine à Paris
Avec la FEVE et la commission culture des Écologistes, nous discutions mardi soir des propositions des Écologistes pour l’accès à la culture dans les territoires ruraux !
Festivals, art contemporain, ciné-débat, concerts, théâtre, expositions itinérantes… Nos campagnes regorgent d’initiatives qui font vibrer nos villages, qui font vivre la culture sous toutes ses formes et la rendent accessibles à toutes et tous
Il y a quelques mois, Rachida Dati Ministre de la Culture lançait le printemps des ruralités que nous estimons insuffisant. Face aux multiples enjeux auxquels fait face le monde de la culture, notamment dans nos territoires ruraux, nous apportons notre vision écologiste des politiques culturelles à la campagne, et nous proposons nos idées au débat nécessaire sur ces enjeux structurants ! Je suis très fière d’avoir contribué à ce travail inédit dans toutes les familles politiques.
Nos propositions, nous les avons rassemblées dans le livret « Cultures en campagnes, une ambition écologique » que vous pouvez lire ici !
Mercredi, j’accueillais des lycéens de Die à l’Assemblée pour leur faire visiter la maison du Peuple qu’est l’Assemblée nationale ! Ces visites sont toujours une très belle expérience pour les élèves, et pour moi un immense plaisir de pouvoir répondre à leurs questions, notamment dans une période politique mouvementée, et parfois bien inquiétante !
Je rencontrais mercredi aussi l’Association des archivistes de France pour échanger sur les doléances du Grand Débat National. Cette association favorise les échanges entre professionnels archivistes qui sont impliqués dans la gestion des cahiers citoyens, collectés par les services départementaux et la BNF, et confrontés à des défis techniques et juridiques pour garantir leur accès tout en protégeant les droits des individus mentionnés dans ces documents. Nous avons pu échanger sur le nécessaire soutien politique et budgétaire pour numérisation des doléances et pour leur anonymisation. Une coordination interministérielle doit être enclenchée pour faire avancer l’accès à cette parole citoyenne exprimée il y a déjà 6 ans !
Après cette rencontre, je me suis rendue à la journée d’études organisée par la Fondation de l’écologie politique sur l’écologie et les ruralités, à Sciences Po Paris.
L’occasion d’entendre le chercheur Bertrand Hervieu et les chercheurs Samuel Ouhab et Quentin Schnapper sur les tensions et les conflits politiques en ruralité sur les tensions au sein du monde agricole et dans les villages ruraux.
Enfin, ce même jour, nous achevions les auditions de la mission d’information sur la préservation du pastoralisme . Ces dernières auditions nous ont permis d’entendre l’abattoir coopératif du Diois ainsi que la communauté de communes du Diois, puis l’ancien Ministre de l’agriculture Marc Fesneau.
Une semaine dans la Drôme
Lundi dernier, je rencontrais Rémy Margiela sur sa ferme 5PM, située sur la commune des Pillesoù il cultive des plantes à parfum aromatiques, médicinales et des fleurs comestibles en agriculture biologique.
Son exploitation se situe sur la zone agricole des Tuilières : 30 hectares préservés d’un seul tenant depuis le 18ème siècle, un véritable trésor patrimonial. Merci à lui pour son accueil chaleureux, et au président de l’ACCA locale – qui coopère avec les agriculteurs de la zone pour protéger les cultures des sangliers notamment – et pour ses engagements en soutien à une agriculture durable et locale nombreux : projet d’irrigation sur la zone agricole, création du marché et du magasin de producteurs ou encore à l’initiative d’un espace test agricole !
Puis je me rendais, aux Pilles également, à la micro crèche de la commune, en compagnie du maire, M. Philippe Ledésert, et du service Petite Enfance de la Communauté de Communes Baronnies Drôme Provençale (CCBDP), représentée par Mme Pascale Rochas, Vice-Présidente déléguée à la Petite-Enfance, et Mme Quemeneur, responsable du pôle Petite-Enfance.
C’est grâce à l’engagement local et à l’implication des acteurs publics que nous pouvons offrir des services de qualité, même dans nos plus petites communes. Il est essentiel de soutenir ces initiatives qui participent à la construction d’un environnement d’accueil et de soutien aux familles mais aussi créateur d’emplois en milieu rural (70 emplois sur la communauté de communes en lien avec le secteur petite enfance !). Un grand merci pour la qualité de l’accueil: nous avons là un bel exemple d’engagement collectif pour la petite enfance et l’avenir de nos enfants !
Jeudi soir, je participais aux vœux des forces unies de gauche et écologistes de la Drôme à Livron-sur-Drôme. Quel immense plaisir de voir réuni-es un député européen, une sénatrice, deux député-es, les élu-es régionaux, départementaux et locaux de la gauche et des écologistes venant de partout dans le département : du Royans aux Baronnies en passant par Montélimar, la Drôme des Collines et le Diois !
L’occasion de présenter à tous les militants de la gauche et des Écologistes mes meilleurs vœux, de bonheur et de détermination, mais aussi d’unité, de solidarité et de compagnonnage, comme nous savons si bien le faire quand les temps sont difficiles. Merci infiniment d’être là, élu-es, militant-es, compagnons de route : ensemble, vous rendez tout possible, et surtout, vous ouvrez le chemin des jours heureux que nous avons tant envie d’emprunter avec vous !
Vendredi matin je tenais une permanence décentralisée à Buis-les-Baronnies. Puis j’ai eu le plaisir de visiter l’ESAT de Recoubeau Jansac, un lieu unique où 76 personnes en situation de handicap trouvent un emploi adapté, un accompagnement sur mesure et un véritable ancrage dans la vie locale.
Ici, chacun est accompagné à la fois dans le travail avec un parcours individualisé, et dans les solutions d’hébergement. Bravo aux équipes si dynamiques et engagées, à Olivier, Isabelle et tous ceux qui font vivre cet établissement exemplaire !
Le soir, j’avais l’honneur renouvelé d’inaugurer la 23ème édition des Rencontres de Die organisées par Ecologie au Quotidien, une véritable institution rassemblant des citoyens, des acteurs associatifs, des chercheurs et des élus pour échanger autour des grands défis écologiques, sociaux et démocratiques. Dans une ambiance participative et conviviale, elles offrent des débats, des ateliers et des conférences pour imaginer des alternatives et construire des solutions concrètes pour une société plus solidaire et durable. Un immense merci pour l’espoir que vous transmettez depuis toutes ces années !
Les prochaines permanences citoyennes
Voilà le calendrier de mes prochaines permanences parlementaires décentralisées pour le début de l’année 2025 ! Notez les dates et n’hésitez pas à prendre rendez-vous (créneau de 20 minutes) pour que nous nous rencontrions et que je puisse vous accompagner au mieux :
Vendredi 7 février de 9h30 à 11h30 à Crest
Vendredi 14 février de 10h30 à 12h30 à la Chapelle-en-Vercors
Vendredi 21 février de 10h30 à 12h30 à Nyons
Vendredi 14 mars de 10h à 12h à la mairie de Saint-Jean-en-Royans
Vendredi 21 mars de 10h à 12h en mairie de Die
Vendredi 28 mars de 10h à 12h en mairie de Dieulefit
Vendredi 4 avril de 10h à 12h à Saint-Paul-Trois-Châteaux
Vendredi 11 avril de 10h30 à 12h30 à Rémuzat
Pour prendre rendez-vous, veuillez nous écrire à marie.pochon@assemblee-nationale.fr ou nous appeler au 06 65 82 25 99. J’ai hâte de vous rencontrer !
L’agenda de la semaine
Lundi j’étais toute la journée en déplacement dans le Vercors dans le cadre de la mission d’information sur le pastoralisme . Mardi, je participais au concours des miels de France à Paris aux côtés de l’UNAF avant de participer à diverses réunions de travail, et bien évidemment aux questions au Gouvernement.
Mercredi j’assistais à la commission des affaires sociales pour l’examen de la proposition de loi pour améliorer la prise en charge de la sclérose latérale amyotrophique et d’autres maladies évolutives graves et j’enchaîne avec une réunion de groupe de travail sur la question des déserts médicaux . Jeudi, je participerai à la journée parlementaire du groupe de la Droite Républicaine, puis vendredi, je tiendrai une permanence parlementaire à Crest puis je me rendrai à l’inauguration de la fête de la laine et je passerai le reste de la journée dans la Vallée de la Gervanne .