Gironde : un faucheur volontaire d’OGM placé en garde à vue sept ans après une action
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Jacky Berrahil, un habitant de Marions, près de Bazas, avait participé à une action de fauchage d’une parcelle de tournesols génétiquement modifiés en Aveyron en août 2018. Un juge d’instruction a demandé aux forces de l’ordre d’interroger le militant
Jacky Berrahil, un septuagénaire de Marions, a été placé en garde à vue pendant plus d’une heure lundi 24 mars à Bazas, dans la brigade la plus proche de son domicile. Ce militant anti-OGM a été entendu par les forces de l’ordre à la suite de la commission rogatoire d’une juge d’instruction.
L’affaire concerne une action de fauchage en Aveyron d’une parcelle d’essais du groupe semencier RAGT où étaient cultivées des variétés de tournesols génétiquement modifiés par mutagénèse pour les rendre tolérants à des herbicides. Les faits se sont déroulés à Druelle en août 2018.
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Pourquoi convoquer ce faucheur volontaire sept ans après les faits alors qu’il avait déjà été auditionné en 2018 et 2019 ? « C’est difficile à comprendre. Les 58 volontaires qui ont participé à cette action ont tous été placés en garde à vue et interrogé ces derniers jours », témoigne Jacky Berrahil. Le militant a préféré garder le silence durant l’interrogatoire. Il attend la suite de la procédure.
Un autre militant a été entendu à Castelnau-de-Médoc d’après nos confrères d’Ici Gironde.
.Castelnau-de-Médoc
Faucheurs volontaires d’OGM placés en garde à vue : des rassemblements de soutien devant deux gendarmeries de Gironde
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Jules Brelaz
24 mars 2025
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Pour avoir participé en 2018 dans l’Aveyron à une action d’arrachage d’une parcelle d’OGM, deux militants girondins sont convoqués ce lundi dans les brigades de gendarmerie de Castelnau-de-Médoc et de Bazas. Le collectif des Faucheurs Volontaires d’OGM appelle à des rassemblements de soutien.
Des mobilisations de soutien à deux membres des Faucheurs Volontaires d’OGM sont organisées ce lundi 24 mars devant les gendarmeries de Castelnau-de-Médoc et de Bazas. Les deux militants écologistes convoqués par les forces de l’ordre sont Fabrice Broccoli et Jacky Berrahil, tous deux soupçonnés d’avoir participé à une opération de fauchage menée il y a sept ans dans l’Aveyron.
« Le 15 août 2018 à Druelle (Aveyron), à visage découvert et en présence de la presse, fut réalisée une action de fauchage d’une parcelle d’essais du groupe semencier RAGT où étaient cultivées des variétés de tournesols génétiquement modifiés par mutagénèse pour les rendre tolérants à des herbicides« , écrit dans un communiqué de presse le collectif des Faucheurs Volontaires d’OGM.
Après cette action, « 58 Faucheurs volontaires avaient déposé la liste de leur noms et adresses au tribunal de Rodez« . Après une première série d’auditions en 2018 et 2019, une nouvelle enquête préliminaire a été relancée à la suite vraisemblablement d’une nouvelle action de fauchage sur cette même parcelle d’essai.
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« Tentative d’intimidation »
Les compagnies de gendarmerie de Lesparre-Médoc et de Langon, dont dépendent respectivement les brigades de Castelnau-de-Médoc et Bazas, affirment « agir sur commission rogatoire d’un juge d’instruction du tribunal de Rodez ».
Placé en garde à vue ce lundi matin à Castelnau, Fabrice Broccoli, gérant d’une société de toilettes sèches à Bordeaux et habitant de Carcan, dénonce une « tentative d’intimidation à l’encontre des militants de la cause écologiste ».
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En Gironde, pourquoi deux faucheurs d’OGM ont-ils été convoqués par les gendarmes ?
En Gironde, à Bazas et Castelnau-de-Médoc, deux faucheurs volontaires d’OGM ont dû répondre à une convocation de la gendarmerie pour une affaire vieille de plusieurs années.
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« Eh oui, je suis un vieux délinquant. » Jacky Berrahil, 78 ans, glisse un petit sourire. Nous sommes lundi 24 mars 2025. Dans quelques minutes, ce faucheur volontaire d’OGM va pousser la porte de la gendarmerie pour y être entendu. Une convocation, « une de plus », au tableau de chasse de ce militant de la première heure. Installé dans le petit village de Marions (210 habitants), au sud de la Gironde, l’homme doit être entendu par les gendarmes la brigade de Bazas pour des faits s’étant déroulés à 260 km de là. Dans un autre département, dans une autre région et, même, dans une autre décennie…
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MCD