Sélectionner une page
Crise à Genève

L’ONU coupe dans les droits de l’homme

Le Conseil des droits de l’homme sera touché de plein fouet par les nouvelles coupes budgétaires de l’ONU.

Alain Jourdan

 19.06.2025

Ouverture de la 31ème session du Conseil des Droits de l’Homme au Palais des Nations dans la salle de l’Alliance des Civilisations, avec de nombreux participants assis sous un plafond coloré.
Le Conseil des droits de l’homme va à son tour faire les frais des coupes budgétaires.
.

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, sur lequel la Suisse et Genève avaient beaucoup misé pour conserver et occuper une place centrale dans le système multilatéral, va à son tour faire les frais des coupes budgétaires. Deux convocations, prévues le même jour, laissent entrevoir de sérieuses réductions d’activités.

Vaisseau amiral de la Genève internationale, le Conseil faisait figure de moteur: il entraînait une dynamique de conférences, de missions diplomatiques et de séjours de délégations venues du monde entier. En réduisant sa voilure, c’est tout un écosystème qui risque d’être ralenti – y compris en termes d’organisation d’événements, de présence diplomatique sur place et de retombées économiques.

La première alerte est venue du Secrétariat du Conseil des droits de l’homme lui-même. Dans une note diplomatique adressée ce jeudi après-midi aux missions permanentes, l’ONU annonce un briefing d’urgence, lundi 23 juin au Palais des Nations. L’objet du rendez-vous est sans ambiguïté: informer les États membres que certaines activités mandatées par le Conseil ne pourront plus être assurées en 2025 et 2026, faute de moyens financiers.

.

Quelques heures plus tard, un second rendez-vous est donné aux journalistes accrédités. Le secrétaire général adjoint Guy Ryder participe à une séance depuis New York. Ce second briefing, accessible uniquement depuis la salle de presse du palais, semble destiné à cadrer le message politique entourant les restrictions annoncées plus tôt dans l’après-midi.

Ce désengagement financier pourrait affaiblir davantage l’ONU déjà sous pression, accusée tour à tour de politisation, d’inefficacité ou de partialité. Plusieurs délégations diplomatiques s’inquiètent déjà des conséquences de ces restrictions budgétaires: moins de sessions, moins de mandats, moins de mécanismes d’enquête. En clair, moins de capacité à documenter et dénoncer les violations des droits humains dans le monde.

.

Tribune de Genève

Poster le commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *