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Comprendre ce qui freine – ou permet – la transformation de nos comportements face à la crise écologique…

Je travaille sur les transitions depuis plus de quinze ans. Mais ce rapport-là, je l’attendais. Parce qu’il ne parle pas de la planète comme d’un sujet lointain. Il parle de nous. De ce qui nous relie – ou non – au vivant.

Le dernier rapport du GIECO est sorti hier. Le GIECO-IPBC (International Panel on Behavior Change) est un collectif international de plus de 200 chercheurs et chercheuses, spécialistes du changement. Sociologues, philosophes, psychologues, anthropologues, économistes, juristes… Leur objectif : comprendre ce qui freine – ou permet – la transformation de nos comportements face à la crise écologique. https://www.ipbc.science/

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**GIECO – Groupe International d’Experts sur les Changements de Comportement
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Le rapport, publié hier, ne se contente pas d’alerter. Il propose un basculement : et si le problème n’était pas le manque de données, mais le manque de lien ? Je crois profondément à cette idée : nous ne changerons pas durablement tant que nous continuerons à percevoir le vivant comme un décor ou une ressource.

Ce que j’apprécie dans ce rapport, c’est qu’il donne à voir des exemples concrets. Comme le programme “Animal Ambassadors” en Norvège, où des enfants vulnérables tissent un lien direct avec les animaux dans des fermes pédagogiques. Ou encore l’intégration de trames brunes dans certaines politiques urbaines, pour protéger les sols vivants – invisibles à l’œil nu, mais indispensables à la santé des écosystèmes.

Ces démarches résonnent avec certains de nos travaux. Au Centre Hospitalier de Grasse, nous avons interrogé le rapport à la nature des parties prenantes du site – patients, soignants, agents techniques, responsables administratifs – pour penser la transformation du foncier hospitalier en tenant compte des usages, des perceptions, des attachements (Cécile SellincourtLUMIÅLe Club des Entrepreneurs du Pays de Grasse).

Et dans nos ateliers “Nos rapports à la nature en jeu”, nous faisons de cette diversité de liens au vivant un point de départ du changement.

Le rapport parle aussi de biophilie, cette inclination profonde à chercher la présence du vivant, à s’y relier. Pas comme un supplément d’âme, mais comme un moteur du changement. Il explore 13 domaines – de la santé à l’éducation, du droit à l’urbanisme – avec une même conviction : on ne protège bien que ce à quoi on est relié.

Le vivant n’a pas besoin qu’on le sauve. Il a besoin qu’on s’y reconnecte.

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Une mission scientifique et sociétale

Notre planète subit des changements environnementaux et climatiques majeurs, directement induits par notre développement et nos comportements (anthropocène). Pour inverser la tendance, nous savons aussi qu’informer et sensibiliser ne suffisent pas.

A l’instar du GIEC pour le climat, nous devons comprendre et modéliser notre écosystème humain dans toute sa complexité, afin de mieux anticiper (trajectoires), orienter et coordonner nos actions et nos investissements.

À cette fin, l’IPBC s’est donné une double mission :

  • intégrer l’ensemble des connaissances acquises, fondamentales et appliquées, sur le comportement individuel, social et organisationnel ;
  • partager et rendre accessibles des connaissances, des attitudes et des leviers d’action clés, universels ou contextualisables, afin de faciliter l’émergence d’un monde structurellement et spontanément plus durable, désirable et équitable.
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Qui sommes-nous…

Un groupe international et interdisciplinaire de scientifiques du comportement s’est formé et a travaillé au cours de l’année écoulée pour définir les objectifs et la méthodologie de l’IPBC.

Afin d’optimiser la pertinence scientifique et sociétale des productions de l’IPBC, nous avons lancé 3 groupes de travail (GT) : scientifiques (GT1), acteurs économiques (GT2), autres parties prenantes et institutions (GT3).

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Ce que nous avons fait aujourd’hui…

À propos de la crise du COVID… 

La pandémie nous a donné l’occasion d’évaluer nos capacités individuelles, collectives et organisationnelles à faire face à un problème global et planétaire.

A propos des transitions dans les organisations : voir le 1er Rapport mixte (micro) du GT2/GT1 sur les problématiques et attentes des acteurs économiques pour accompagner les transitions .

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Ce que nous prévoyons…

Rapports principaux et thématiques qui résumeront l’état de l’art des connaissances sur le changement de comportement lié à l’environnement.

Analyser toutes les disciplines fondamentales et appliquées (> 30) autour du comportement / Facteur Humain (FH) à une échelle sans précédent, pour des politiques, des indicateurs et des pratiques plus robustes et prédictifs, pour de véritables transitions durables, souhaitables et justes.

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Ce que vous pouvez faire…

Signez notre manifeste ! Même si l’IPBC existe aujourd’hui, nous devons tous démontrer que notre développement et notre institutionnalisation sont soutenus par toutes les parties prenantes…

Soutenir la production du 1er rapport principal

Rejoignez l’Alliance pour l’IPBC , pour garantir son indépendance et sa pertinence (liens vers le site de l’Alliance juste en dessous également).

Pour rejoindre le site de l’Alliance IPBC (anglais) ou GIECO* (français), cliquez sur le bouton approprié ci-dessous : 

* En français, l’IPBC est « Groupe International d’Experts sur les Changements de Comportement (GIECO) ».

Le plus grand obstacle à la gestion
des dérèglements climatiques se trouve entre vos oreilles

Par Espen Stoknes,  (Chercheur norvégien et représentant du Parlement)

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Je pensais autrefois que les principaux problèmes environnementaux étaient
la perte de biodiversité, l’effondrement des écosystèmes et le changement climatique. Je pensais qu’avec trente ans de science de qualité, nous pourrions les résoudre.

Mais j’avais tort.

Les principaux problèmes environnementaux sont l’égoïsme, la cupidité et l’apathie…

… et pour y faire face, nous avons besoin d’une transformation spirituelle et culturelle

– et nous, les scientifiques, ne savons pas comment faire cela. 

Par Gus Speth, (american environmental lawyer and avocate)

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