Marie POCHON : Programme de la semaine du 15 au 21 décembre
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Crest,
Lundi 15 décembre : La députée a participé en séance à l’examen du projet de loi sur les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2030 à l’Assemblée nationale.
. Mardi 16 décembre : Elle débutera sa journée par une réunion du groupe Ecologiste et Social. Ensuite, elle assistera à une audition d’AMORCE sur les forages individuels. Elle participera à la séance de Questions au Gouvernement, avant de prendre part à la conférence « L’histoire enfouie du remembrement agricole ». En fin de journée, elle sera présente pour le vote du PLFSS 2026 en séance à l’Assemblée.
. Mercredi 17 décembre : Elle sera en séance pour le vote du rapport de la mission d’information sur les contrôles des produits importés. Elle aura également une audition de Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, sur le bilan de la COP 30. L’après-midi, elle participera au Groupe de Travail sur la réforme du Règlement de l’Assemblée.
. Jeudi 18 décembre : Elle rencontrera l’Association des Maisons d’Accueil Protestante pour Enfants à Crest pour échanger sur leurs projets et actions.
. Vendredi 19 décembre : De 10h à 12h, elle tiendra sa permanence parlementaire à Saint-Paul-Trois-Châteaux (RDV au 06 65 82 25 99). Toujours à Saint-Paul-Trois-Châteaux, elle rencontrera les responsables des jeunes sapeurs-pompiers avant de visiter la Partagerie.
. Samedi 20 décembre : Elle participera à la Fête de l’olive piquée à Nyons et au Marché de Noël à Sainte-Jalle, pour échanger avec les habitants et découvrir les artisans locaux.
Ce journal de bord vous arrive un jour singulier : pour l’Assemblée Nationale, dont les fractures même du “socle commun” sont en train de mettre en péril le Gouvernement dans lequel ils siègent tous – et dont ils tirent moults avantages ; pour les équilibres fragiles du débat parlementaire qui pour la première fois depuis que je suis élue, va jusqu’au bout ; pour les millions de françaises et de français qui seront impacté-es par le choix que nous ferons, à 577 dans cet hémicycle, cette fin de journée. Je vous écris ce journal de bord de la réunion de groupe des Écologistes, dans laquelle je siège chaque mardi matin : nous sommes en train d’échanger sur notre position de vote cet après-midi. Je vous tiendrai bien sûr au courant au plus vite (et pour tout suivre en direct, c’est sur mes réseaux sociaux : twitter, facebook, instagram, linkedin, tiktok).
La semaine passée, nous avons passé beaucoup de temps dans ce même hémicycle pour faire avancer le Projet de Loi de Finances de la Sécurité Sociale (PLFSS – qui sera voté, ou non, cet après-midi). Dans une vraie discussion, sans 49.3, et dans un contexte où la Droite Républicaine et Horizons, pourtant partie prenante du socle commun (et occupant 9 postes de Ministres !) jouent les opposants en restant bien au chaud dans leurs postes, chaque discussion, chaque vote, devient crucial, et les pressions sont immenses. Ce lundi, un membre du cabinet de Sebastien Lecornu a appelé tous les chefs d’entreprises des Renouvelables, pour les menacer de baisser les objectifs d’ENR dans la prochaine PPE si le groupe auquel j’appartiens ne votait pas pour le budget. C’est tout simplement scandaleux d’œuvrer ainsi par la menace.
Notre système de santé et de sécurité sociale est à bout de souffle. Le budget actuellement étudié n’est pas à l’équilibre : à cette heure-ci, les recettes ne permettent pas d’assurer les dépenses à moyens constants. Le risque de l’adoption de ce budget, c’est, sur un hôpital public à l’os, sur des soignant-es abîmé-es, fruit d’années de sous-investissement, de voir s’accumuler dans les mois à venir les coupes budgétaires, les discours critiquant notre système de retraite et avalisant de fait, la capitalisation, la privatisation et autres menaces sur ce beau système qu’ont fondé les pères fondateurs du Conseil National de la Résistance.
Nous avons vécu des défaites : l’absence de toute fiscalité comportementale (le RN et le “socle commun” ont même refusé de fiscaliser le sucre ajouté dans les pots pour bébé !), l’absence de mise à contribution des laboratoires, l’absence d’exigence de transparence sur les prix des médicaments. Une partie du financement des hôpitaux sera modulée en fonction des économies réalisées, ce qui introduit une logique managériale incompatible avec les besoins du service public, notamment dangereux pour nos hôpitaux ruraux de proximité. La tarification à l’acte sera réintroduite dans certains établissements médico-sociaux accueillant des enfants en situation de handicap. Le gouvernement et la droite ont rétabli la taxe de 2 % sur les complémentaires santé, qui risque de se reporter directement sur les assurés, pour un coût estimé à un milliard d’euros. La droite a également imposé l’extension aux grandes entreprises de la déduction forfaitaire de cotisations sur les heures supplémentaires.
Nous avons cependant obtenu des victoires : elles ne sont en aucun cas les victoires de Sebastien Lecornu ou de ce Gouvernement de bric et de broc. La hausse de la CSG sur les revenus du capital permettra d’apporter 1,5 milliard d’euros, même si ce montant reste inférieur à ce que nous avions obtenu en première lecture et à notre proposition initiale. Nous avons obtenu une hausse de la compensation à la Sécurité sociale des allègements généraux de cotisations, à hauteur de 2 milliards d’euros, ainsi que la compensation de l’exonération sur les heures supplémentaires. Nous avons également obtenu la suppression du gel du barème de la CSG, celle du forfait social sur les titres-restaurant, et la préservation de l’exonération de cotisations pour les apprentis. Nous avons obtenu des améliorations sur le retraite des femmes, nous gagnons un congé naissance dès le 1er janvier 2026, Elles sont de véritables victoires parlementaires, parfois obtenues contre les Macronistes, parfois contre le RN.
On ne peut continuer d’exiger des professionnels soignants d’accomplir l’impossible avec toujours moins de moyens. Dans un pays où près d’un tiers de la population vit dans un désert médical et où la situation des urgences est plus critique que jamais, notre demande est simple : nous avons besoin d’assurer des recettes pour notre système de sécurité sociale, nous avons besoin d’engagements sur l’ONDAM, nous devons sauver notre système de santé.
Nous savons ce que nous gagnons si ce budget passe. Nous ne savons pas ce que nous gagnons si il ne passe pas : car nous ne savons pas où nous irons. Voilà qui me place dans une situation délicate où il va falloir que je choisisse entre ne pas bloquer le pays ou ne pas accepter un budget de la sécurité sociale qui sera douloureux pour toutes et tous. J’espère que par mon choix, je saurai au mieux vous représenter toutes et tous.
Ma cérémonie de voeux 2026
C’est bientôt la nouvelle année ! J’ai le plaisir de vous convier à ma cérémonie de vœux 2026 qui se déroulera le Mardi 6 janvier à 19h, à la salle polyvalente de Mirabel-et-Blacons, 30 Place de la Salle Polyvalente. Je serai très heureuse de vous voir ou revoir à cette occasion.
« La souveraineté, c’est pouvoir décider par nous-mêmes et pour nous-mêmes de notre avenir.
Il y a un an, l’Union Européenne adoptait la directive sur le devoir de vigilance, imposant aux multinationales de respecter les objectifs de l’Accord de Paris et de mettre fin au travail des enfants et au travail forcé dans leur chaîne de valeur. Un an plus tard, le Parlement Européen la détricotait par la première loi “Omnibus”.
Depuis l’élection de Donald Trump, la pression extérieure s’est intensifiée contre tout ce que nous décidons par nous-mêmes et pour nous-mêmes. Comme vient de le révéler Mediapart, les multinationales dont Exxon Mobil, Chevron et la française Total Energies ont ciblé méthodiquement la directive et influencé les institutions européennes, les accusant de nuire aux intérêts étasuniens. Et sur qui s’appuient ces multinationales américaines pour défendre leurs intérêts et déréguler nos normes ? Les idiots utiles et patriotes de pacotille de la droite et de l’extrême droite.
Monsieur le Premier Ministre, dans la Drôme d’où je viens, ce sont des dizaines d’entreprises industrielles et artisanales qui se retrouvent aujourd’hui menacées par la concurrence déloyale de ces multinationales. Vous avez jusqu’au 8 décembre pour conserver les plans de transition climatique et la responsabilité civile des entreprises. Face aux multinationales fossiles américaines, face à Shein, défendrez-vous enfin notre souveraineté ? »
Pour voir la réponse de la Ministre, cliquez sur ce lien :
Les agriculteurs et agricultrices ont 46% plus de risque de se suicider que le reste de la population. Derrière ça, un jour il faudra bien penser les causes de ces chiffres dramatiques. En mars 2021, un rapport du sénat pointait que «le phénomène du suicide en agriculture semble inséparable du contexte historique de modernisation de ce secteur».
Emile Durkheim décrivait pourtant en son temps, en 1897, la faible mortalité par suicide des paysans. Pour le sociologue, cela s’expliquait car, contrairement aux professions libérales de l’époque, l’industrie agricole semblait être épargnée par la fièvre des affaires qui avait déjà touché d’autres métiers commerçants. Face à l’endettement, au sentiment de dénigrement, à l’isolement, aux relations familiales complexes dans le monde agricole en raison de l’héritage et du poids de la transmission. Face à un modèle agricole lui-même qui pousse parfois à une course à l’agrandissement, un sentiment de perte de sens, la surcharge de travail, les ventes à perte, les rendements qui baissent du fait du climat ou des pollinisateurs qui manquent, et le revenu en berne faute de prix rémunérateurs, il faudra bien vite construire un modèle qui redonne autonomie et pouvoir de décision.
L’action pour le climat, la transformation écologique radicale de notre société serait-elle incompatible avec le maintien de notre agriculture ?
Il n’y a qu’une seule réponse à cela, peu importe d’où l’on est même tout le contraire : nous aurons besoin de cette action déterminée pour pouvoir continuer à produire et à nourrir les gens demain. Les rapports d’ailleurs s’accumulent sur la simple nécessité de faire bifurquer nos modèles agricoles vers l’agro-écologie, l’installation agricole, des pratiques plus économes et autonomes :
pour faire face aux 100 millions d’euros d’aides de crise passées à plus de 2 milliards en 10 ans ;
pour faire face à l’érosion des sols, aux tensions sur la ressource en eau, aux pollinisateurs qui pourraient avoir disparu d’ici la fin de ce siècle, à l’explosion des maladies chroniques, et surtout, aux +4°C d’augmentation des températures moyennes en 2100.
Et je ne parle que d’écologie : viennent alors la géopolitique, l’accaparement des terres, la financiarisation de l’agriculture, la spécialisation, la guerre que l’on finance par tonnes d’engrais azotés, l’épidémie d’obésité et de cancers, les accords de libre échange, les reventes à perte, le surendettement, les deux suicides par jour. Difficile de se projeter, d’agir pour de vrai. Ca explique sans doute les discours binaires. Et pourtant, dans cette maison où l’on vote la loi, c’est là notre travail, d’anticiper, de prévoir. De protéger. De faire tout cela ensemble.
Le temps d’une matinée, grâce aux Voix Agricoles, au Shift Project, à Marine Colli, Jean-Marc Jancovici, mes collègues Dominique Potier (PS), Pascal Lecamp (MoDem), Eric Liégeon (LR), et des dizaines d’agriculteurs de tout le pays, de sortir des clivages assez faciles, qui ne mènent à rien à part à se donner raison et se dire que les autres ont tort, et définir, ensemble, l’avenir de notre agriculture. Merci à elles et eux !
Plutôt que de forcer nos agriculteurs à s’aligner sur ce qui se pratique à l’étranger : les prix, les immenses surfaces, les salaires, les normes sanitaires et environnementales, l’urgence ne serait-t’elle pas de les protéger face à la concurrence déloyale, à leur donner les moyens de mener la transition écologique, à décider souverainement des choix que nous faisons pour notre agriculture ? Celle-ci a d’ailleurs été adoptée !
Un samedi dans la Drôme
Samedi matin, j’étais au Centre d’incendie et de secours Vallée de la Drôme à Crest pour célébrer la Sainte-Barbe et honorer le courage, le dévouement et l’engagement des sapeurs-pompiers au service de nos concitoyens.
A leurs côtés, en leur nom, je me bats depuis trois ans pour des moyens financiers, humains et matériels concrets pour la prévention des feux de forêts et des catastrophes climatiques, pour le financement pérenne des SDIS, pour l’actualisation de la liste des maladies professionnelles, pour le recrutement de jeunes au travers de la création et le soutien d’une classe de JSP dans chaque collège et lycée à l’horizon 2035, pour l’attractivité des conventions entre les employeurs et les sapeurs pompiers volontaires. Vendredi dernier, nous avons adopté, à l’assemblée, la traduction budgétaire de ce qui avait déjà été voté mais non appliqué, c’est-à-dire la bonification de retraite des sapeurs pompiers. Je sais qu’ils l’attendent depuis 2023, et je ne sais combien de questions, courriers, manifestations nous avons fait pour cela, mais je tenais à dire que notre détermination à les défendre est intacte malgré l’indifférence des ministres de l’Intérieur en haut lieu. Merci à eux, et je continuerai mon combat à l’assemblée pour qu’ils aient toutes et tous la reconnaissance qu’ils méritent.
Samedi après-midi, c’était la fête du Livre jeunesse à Aouste-sur-SyeL’occasion de rencontrer et d’échanger (et d’avoir des dédicaces !) de deux auteurs et illustrateurs drômois : Christophe Mercier et Joëlle Stauffacher, qui ont pu présenter leurs ouvrages et leurs magnifiques histoires et illustrations, autour de la magnifique nature drômoise, et de notre relation à nous, humains, avec ce qui nous entoure et ce qui conditionne toute la vie.
Mille mercis à elle et lui d’écrire si bien celle-ci, de préparer nos enfants à grandir et s’épanouir en prenant soin de ce qui les entoure et de ceux qui les entourent. Merci également aux bénévoles du sou des écoles pour l’organisation de ce bel événement dédié à la culture à Aouste ! Que vive la lecture !
Je me rendais ensuite au Salon Arts et artisanat à Eurreavant d’aller inaugurer le tiers-lieu le 26 à Châteaudouble, un espace rare, précieux, et profondément nécessaire à la vitalité de nos territoires ruraux, un espace où l’on peut se croiser même quand on ne pense pas pareil ; un lieu où l’on peut mêler les âges, les métiers, les parcours, les sensibilités politiques ou culturelles ;
un lieu qui nous rappelle que la démocratie n’existe pas seulement dans les urnes, mais aussi dans les échanges, les discussions, les désaccords féconds, les ateliers partagés, l’inventivité collective. La suite et l’avenir, ce sont les habitants et habitantes de Châteaudouble et des villages voisins qui vont l’écrire. Je les remercie du fond du cœur pour leur engagement et souhaite une longue vie à ce lieu.
Les permanences à venir : venez échanger avec moi !
Voilà le calendrier des prochaines permanences parlementaires décentralisées pour la fin de l’année 2025 :
Les députés du groupe écologiste à l’Assemblée nationale étaient appelés à s’abstenir sur le vote du budget de la sécurité sociale ce mardi. Marie Pochon, député de la 3ème circonscription de la Drôme et élue écologiste a suivi lez consignes de son groupe, elle nous explique pourquoi.
Le groupe écologiste à l’Assemblée nationale a appelé ses membres à s’abstenir lors du vote du budget de la sécurité sociale ce mardi soir. Ce mercredi matin, la députée écologiste de l’arrière pays drômois Marie Pochon explique ce choix de l’abstention.
ICI Drôme Ardèche – Le groupe des écologistes a décidé de s’abstenir lors de ce vote sur le budget de la Sécurité sociale, pourquoi cette position ?
Marie Pochon, députée écologiste de l’arrière pays drômois – Alors c’est forcément un choix très difficile, je pense le plus difficile depuis ma première élection en 2022. On a décidé de s’abstenir avec mon groupe, puisque nous arrivions à la fin de l’étude d’un texte et la fin d’un débat, sans 49.3, pour la première fois depuis 2022 également, c’est un vrai texte issu du parlementarisme qui a été adopté grâce à notre abstention. Bien évidemment que ce budget n’est pas le nôtre, en temps normal j’aurais voté contre, il n’y a pas de financement suffisants pour financer notre système de santé, on parle aussi de taxation des mutuelles qui va forcément impacter les Françaises et les Français, et par ailleurs même nos amendements les plus utiles, comme par exemple la taxation des industriels qui ajoute du sucre dans les pots pour bébés, ont été refusés par le socle commun et par le Rassemblement national.
Et pour autant, vous n’avez pas voté contre non plus…
Je n’ai pas voté contre, parce qu’effectivement, au vu des conditions qui sont difficiles pour les soignants, si tout mon groupe votait contre, le texte tombait, et sans ce texte-là, issu des débats parlementaires, on revenait à la copie initiale. Et dans les choix parlementaires qui ont été faits lors de ces débats, qui ont duré un petit moment, on a quand même pu rehausser l’ONDAM [objectif national des dépenses de l’assurance maladie] notamment, c’est-à-dire le plafond de dépenses de santé, de 3,8%, donc c’est plus 8 milliards d’euros de financement par rapport à 2025. On a permis la hausse de la CSG sur les revenus du patrimoine, on a supprimé tout le pire finalement du texte : le gel du barème de la CSG, le gel des prestations sociales, le doublement des franchises médicales, la contribution sociale sur les titres restaurants… tout ça a été supprimé. On a aussi permis l’adoption du congé de naissance dès le 1er janvier 2026, ou le décalage de la réforme des retraites appliquée également aux carrières longues. Tout ça, ce sont quand même des petites victoires qui ont été obtenues grâce à l’acharnement de la gauche et des écologistes à l’Assemblée nationale et aussi du fait de l’irresponsabilité totale des LR et des Horizons qui n’ont pas été foutus de voter un texte qui émanait au départ en tout cas, du gouvernement dans lequel ils ont encore 8 ministres. Nous, ça nous a donné un peu plus de poids pour obtenir ce que nous souhaitions, et à la fin, on arrive sur un budget de compromis, qui n’est certes pas le budget idéal, mais qui est bien mieux que la copie initiale, bien évidemment.
Est-ce que ce n’est pas un peu « hypocrite », finalement, cette abstention, parce que ça permettait d’être quasi sûr que le texte allait passer, sans pour autant vous-même le voter ?
Alors non, je n’allais jamais voter pour ce budget. Je crois qu’en vérité, on a beaucoup hésité. Moi, de manière naturelle, j’aurais voté contre, et l’ensemble de mon groupe aussi, et de fait, on a eu des très très longues discussions puisqu’il fallait assurer l’équilibre et il fallait assurer la responsabilité, on était devenu un groupe pivot. Du fait de l’irresponsabilité des LR et des Horizons, c’est avec nous que les discussions ont pu avoir lieu sur des avancées et moi je suis assez heureuse qu’on ait pu notamment faire augmenter le plafond de l’ONDAM et ça c’est grâce au travail acharné des écologistes mais également du soutien du reste de la gauche sur ces plafonds-là.
Je crois que l’hypocrisie, c’est aujourd’hui de vouloir revenir au budget initial qui était proposé par le gouvernement, bloquer l’ensemble des discussions, alors même qu’il y a un véritable travail parlementaire qui a été fait. Moi je le demande depuis trois ans, nous le demandons, ce parlementarisme, nous demandons la fin du 49.3. Et je crois que c’est quand même quelque chose qu’on peut mettre au crédit de ce qui s’est passé ces derniers mois : on a pu véritablement créer un texte qui est celui de l’Assemblée. Je sais que beaucoup accordent la victoire à M. Lecornu depuis hier soir, mais je crois sincèrement aujourd’hui que ce budget est un budget de l’Assemblée nationale.
« Ce qui est quand même absolument dingue, ce sont des méthodes de mafieux qui ont été utilisées »
On a appris, Marie Pochon, que votre groupe, le groupe des écologistes, avait fait l’objet d’un chantage. Que le cabinet du Premier ministre aurait tenté de faire pression pour obtenir vos votes. On parle de quoi exactement ?
Alors c’est effectivement ce que nous avons appris lundi, ce qui n’a pas facilité les discussions sur notre position de vote, bien évidemment, parce que nous refusons d’être soumis au chantage et à ce type de menaces. Nous avons bien évidemment posé une question au gouvernement, à M. Lecornu, pour qu’il réponde de ces actes, puisqu’effectivement, nous avons été appelés dans la journée, lundi, par des chefs d’entreprise, notamment du photovoltaïque en France, qui nous disaient qu’un membre du cabinet de M. Lecornu les avait appelés pour leur dire que si le groupe écologiste votait contre le projet de loi de finances de la Sécurité sociale, l’objectif de développement des énergies renouvelables serait revu dans la programmation pluriannuelle de l’énergie.
Ce qui est quand même absolument dingue, ce sont des méthodes de mafieux qui ont été utilisées, donc nous avons interrogé le Premier ministre à ce sujet hier, en question au gouvernement, et celui-ci nous a dit qu’une enquête était diligentée pour découvrir ce qu’il en était. A priori, de ce que je sais et de ce que j’ai appris hier soir de la bouche de ma présidente de groupe, ce seraient des groupements d’intérêts qui auraient utilisé ce contexte-là, pour faire pression sur les énergéticiens et saboter la discussion budgétaire. C’est très inquiétant que des lobbies s’immiscent à ce point-là dans la discussion parlementaire. L’enquête se poursuit et nous y serons bien évidemment très vigilants.
« Les JO en vérité personne n’en voulait »
Marie Pochon, vous participez ce matin à une réunion sur l’organisation des JO d’hiver 2030 dans les Alpes. Vous êtes la secrétaire de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire. A quoi allez-vous être vigilante pour ces Jeux ?
Alors c’est pas une simple réunion, c’est la commission du développement durable qui va étudier un projet de loi pour l’organisation des JO 2030. Alors vous vous dites peut-être que dans le contexte c’est pas ce qui est le plus urgent, mais apparemment pour le gouvernement si, parce que nous sommes très en retard. Les JO en vérité personne n’en voulait. Il faut se replacer dans le contexte : quand les deux régions PACA et Auvergne-Rhône-Alpes déposent la candidature en juillet 2023 pour l’organisation des JO 2030, en vérité on est sélectionnés parce que nous sommes les seuls en lice.
Alors, moi je serais vigilante sur les enjeux environnementaux, puisque ce texte que nous allons étudier, pose un certain nombre de dérogations sur le droit de l’urbanisme ou sur l’artificialisation des sols et donc bien évidemment que c’est un sujet de vigilance, à l’heure où un certain nombre de nos sommets ne sont déjà plus enneigés. Je serai également très vigilante sur les coûts, on a déjà engagé plus d’un demi-milliard d’euros d’argent public, sur ces Jeux, à l’heure du mur de la dette, c’est un peu quand même étrange. Et enfin sur le sujet de la démocratie, notamment pour assurer la participation des citoyens dans les choix qui seront faits, en termes de modification d’urbanisme. Il est absolument essentiel que ces Jeux soient au service du territoire et non pas de sportifs du monde entier qui s’en iront juste à la fin des épreuves.