Sélectionner une page

Le Liban accuse Israël d’avoir aspergé du glyphosate sur son sol

.

Beyrouth s’apprête à déposer une plainte aux Nations unies contre Israël, accusé d’avoir pulvérisé, le 1er février 2026, des substances chimiques au-dessus de plusieurs villages frontaliers du sud du Liban. Le président Joseph Aoun a dénoncé « un crime environnemental et sanitaire à l’encontre des Libanais et de leurs terres » et la force de l’ONU déployée dans le pays a regretté « une activité inacceptable et contraire à la résolution 1701 », qui prévoit une cessation des hostilités entre les deux pays.

.

En 2015, le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) a classé le glyphosate comme cancérogène probable pour l’homme. En 2018, le jardinier américain Dewayne Johnson qui avait développé un cancer suite à l’utilisation de glyphosate a gagné un procès contre Monsanto. En 2019, une étude a trouvé que les personnes les plus exposées au glyphosate dans leur milieu professionnel avaient un risque accru de 41 % de développer un lymphome non hodgkinien.

.

Le drapeau libanais flotte sur un mur qui sépare la frontière entre le Liban et Israël, en juillet 2023. (Image d'illustration)
Le drapeau libanais flotte sur un mur qui sépare la frontière entre le Liban et Israël, en juillet 2023.
.

Les échantillons de terre et d’eau prélevés par l’armée libanaise et analysés dans des laboratoires spécialisés montrent la présence à très haute concentration d’un puissant herbicide, le glyphosate, rapporte notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh.

Dans un communiqué, les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement indiquent que certains échantillons présentent une concentration supérieure entre 20 et 30 fois aux niveaux habituellement admis par les normes internationales. Le communiqué indique que cette substance « risque d’endommager le couvert végétal dans les zones ciblées, avec des répercussions directes sur la production agricole, la fertilité des sols et l’équilibre écologique ».

Les deux ministères dénoncent un « écocide » et mettent en garde contre « les risques sanitaires et environnementaux potentiels susceptibles d’affecter l’eau, les sols et la chaîne alimentaire ».

.

La Finul qualifie l’opération israélienne d’ « inacceptable »

Le président libanais Joseph Aoun a dénoncé « une violation flagrante de la souveraineté libanaise et un crime environnemental et sanitaire ».

De son côté, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) avait indiqué, dans un communiqué diffusé lundi, avoir été mise au courant la veille par l’armée d’une opération visant à pulvériser « une substance chimique non toxique » près de la frontière. L’armée lui a indiqué que les casques bleus devaient s’éloigner et s’abriter, « les forçant à annuler plus d’une dizaine d’opérations », a rapporté la Finul, précisant avoir aidé les forces armées libanaises à collecter des échantillons.

« Ce n’est pas la première fois que l’armée israélienne pulvérise des substances chimiques inconnues depuis des avions au-dessus du Liban », a dénoncé la force onusienne, qualifiant d’ « inacceptable » l’opération israélienne. « Cela soulève des inquiétudes quant aux effets de ce produit chimique inconnu sur les terres agricoles locales et à son impact sur le retour à long terme des civils et sur leurs moyens de subsistance », a dit la Finul.

.

Des villages détruits ciblés

Les villages qui ont été ciblés sont presque entièrement détruits et vides de leur population. Le but de répandre ce type de substance chimique s’inscrit parfaitement dans la stratégie israélienne de créer, de facto, une zone tampon frontalière. Les dirigeants israéliens ne cachent pas cet objectif, qui leur paraît le plus efficace pour éloigner le Hezbollah de la frontière.

C’est pour cette raison qu’Israël empêche la reconstruction de ces villages. Mais cela n’a pas dissuadé de nombreux habitants de continuer à se rendre dans leurs champs pour essayer d’y cultiver la terre.

L’utilisation de ce type de substance a pour but de briser durablement le lien entre l’habitant et sa terre. C’est dans cette optique que l’armée israélienne a utilisé, pendant la guerre, des bombes à sous-munitions et du phosphore blanc dans ces mêmes régions.

.

Par : RFI Suivre

 

Poster le commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *