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Climat : février parmi les plus chauds dans le monde, pluies extrêmes en Europe

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Cette fois, c’est sûr : la planète va dépasser les 1,5°C de réchauffement global, le seuil que l’Accord de Paris de 2015 voulait éviter d’atteindre, histoire de préserver un climat vivable pour l’humanité et les autres êtres vivants. Cet échec devrait nous inciter, collectivement, à redoubler d’efforts pour réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre. C’est-à-dire, concrètement, à nous désintoxiquer des énergies fossiles qui en sont à l’origine. Pourtant, d’aucuns contribuent à minimiser la nécessité de ce branle-bas de combat, en mettant aussi et surtout l’accent sur des solutions techniques soit-disant salvatrices, qui permettraient de freiner voire stopper le réchauffement climatique en manipulant et modifiant le climat et l’environnement. Des start-up et certains scientifiques imaginent ainsi des scénarios dignes de la science-fiction : construction de murs sous-marins censés protéger la glace antarctique de la fonte, recours à des avions aspergeant l’atmosphère de particules pour limiter le rayonnement solaire, modification de la chimie de l’océan pour doper sa capacité à stocker le carbone… Pistes sérieuses ou délires prométhéens ? Toute cette semaine, Libération consacre une série en trois épisodes à la géoingéniérie, en voici le premier.

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Thibaut Sardier et Coralie Schaub, chefs adjoints du service Environnement

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Climat : février parmi les plus chauds dans le monde, pluies extrêmes en Europe

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Sciences et Avenir 

Le monde vient de connaître son cinquième février le plus chaud, au cours d’un mois marqué par des pluies très intenses sur une partie de l’Europe, a annoncé le 10 mars 2026 l’observatoire européen Copernicus.

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Des employés protègent des parasols sur une terrasse de la plage de la Barceloneta

Des employés protègent des parasols sur une terrasse de la plage de la Barceloneta, lors d’une alerte aux vents violents liée à la tempête Nils, le 12 février 2026 à Barcelone, en Espagne.

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Les températures ont atteint 13,26°C en moyenne le mois dernier à la surface du globe, soit 1,49°C au-dessus de la période pré-industrielle (1850-1900), avant que l’utilisation massive du charbon, du pétrole et du gaz ne réchauffe durablement le climat. Sur le continent européen, les températures ont été en moyenne plutôt fraîches, le mois passé se classant parmi les trois février les plus froids de ces 14 dernières années, mais avec de forts contrastes.

Les conditions ont ainsi été plus froides en Scandinavie et Finlande, dans les États baltes et le nord-ouest de la Russie, comparé aux normales 1991-2020. Mais elles ont à l’inverse été plus chaudes en Europe occidentale et méridionale. Pour la température à la surface des océans, février a été le deuxième plus chaud, détaille Copernicus dans son bulletin climatique mensuel.

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En Arctique, l’étendue moyenne de la glace de mer était 5% inférieure à la moyenne

En Arctique, l’étendue moyenne de la glace de mer était 5% inférieure à la moyenne, atteignant la troisième plus petite surface enregistrée pour un mois de février. Mais là encore, les contrastes ont été marqués, puisqu’elle a atteint dans la mer du Groenland sa plus grande étendue mensuelle depuis 22 ans.

Les différences régionales ont encore été importantes pour les conditions hydrologiques, l’essentiel de l’Europe occidentale et méridionale connaissant un mois plus humide que la moyenne – à l’image de la France, touchée par des inondations d’ampleur – alors que le reste du continent était plus sec.

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Un pompier dans une rue inondée d'Alcacer do Sal, au sud du Portugal, lors de la tempête Leonardo, le 4 février 2026 (AFP/Archives - PATRICIA DE MELO MOREIRA)Un pompier dans une rue inondée d’Alcacer do Sal, au sud du Portugal, lors de la tempête Leonardo, le 4 février 2026

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« L’Europe a connu de forts contrastes de température »

Neuf tempêtes ont en particulier entraîné des pluies torrentielles et des vents violents sur l’Espagne, le Portugal et le Maroc entre le 16 janvier et le 17 février, faisant plus de 50 morts. Dans une étude publiée fin février, le groupe de scientifiques World Weather Attribution (WWA) concluait que le changement climatique avait intensifié ces pluies.

« Les événements extrêmes de février 2026 soulignent les effets croissants du changement climatique et le besoin pressant d’une action mondiale » pour le contrer, a souligné Samantha Burgess, une responsable de Copernicus, citée dans le bulletin.

« L’Europe a connu de forts contrastes de température » tandis que « d’exceptionnelles rivières atmosphériques – d’étroits couloirs d’air très humide – ont apporté des précipitations record et des inondations étendues en Europe de l’Ouest et du Sud », a-t-elle souligné.

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Sciences et Avenir 

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