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Haute-Savoie

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« Des troubles comparables à des survivants de guerres » : une étude suisse décrit l’ampleur des conséquences des agressions sexuelles chez les victimes 

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« Des troubles comparables à des survivants de guerres » : une étude suisse décrit l’ampleur des conséquences des agressions sexuelles chez les victimes

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Une étude scientifique menée par des médecins suisses révèle l'ampleur des conséquences à long terme des agressions sexuelles sur la santé des victimes. (Image d'illustation)
Une étude scientifique menée par des médecins suisses révèle l’ampleur des conséquences à long terme des agressions sexuelles sur la santé des victimes.
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Thomas Chammah
03/05/2026

Auvergne-Rhône-Alpes

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Une vaste étude menée en Suisse romande entre 2022 et 2024 révèle que les conséquences d’une agression sexuelle perdurent pour la majorité des personnes bien au-delà de la phase aiguë, avec des troubles psychiques, somatiques et sexuels encore présents un an après les faits.

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C’est une étude au long cours qui offre une vision sans précédent des conséquences des agressions sexuelles. Cette étude est coordonnée par les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) en collaboration avec le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), l’Hôpital du Valais et cinq hôpitaux publics vaudois. Cette enquête menée entre 2022 et 2024 en Suisse Romande révèle en effet que les conséquences d’une agression sexuelle perdurent pour la majorité des personnes bien au-delà de la phase aiguë, avec des troubles psychiques, somatiques et sexuels encore présents un an après les faits.

Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs suisses ont interrogé 178 victimes d’agressions sexuelles. Questionnées à plusieurs reprises pendant un an, ces personnes ont renseigné les médecins sur leur état psychologique. « Je vois dans ma pratique quotidienne des personnes avec des troubles au long cours. L’objectif était de rendre compte des causes menant à ces troubles à long terme, car nous n’avions pas encore mené beaucoup d’études sur cette temporalité », détaille la professeure Jasmine Abdulcadir, gynécologue-obstétricienne et principale investigatrice de l’étude.

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Dans le détail, un an après l’événement, près de six personnes sur dix (57 %) présentent une anxiété significative, sept sur dix (71%) souffrent de dépression et près de sept sur dix (68%) présentent un trouble de stress post-traumatique probable (TSPT). L’agression sexuelle a également un impact à long terme sur la vie intime des victimes. Parmi les personnes sexuellement actives, plus de six sur dix (63 %) rapportent une dysfonction sexuelle après un an avec des troubles du désir, de l’excitation et de l’orgasme.

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Renforcer le suivi psychologique spécialisé à l’hôpital

« Ces résultats ne nous ont pas surpris, car on sait que les agressions sexuelles ont de graves conséquences sur la santé des victimes, mais ce qui est impressionnant c’est leur ampleur tant ces troubles sont importants, durables, multiples et fréquents », analyse l’autrice de l’étude.

Enfin, un an après l’agression, des symptômes physiques, tels que douleurs chroniques, troubles gastro-intestinaux, troubles du sommeil, fatigue persistante ou migraines, continuent également d’impacter plus de la moitié des personnes suivies. « À titre de comparaison, les troubles vécus parmi les victimes d’agressions sexuelles sont comparables à celles des survivants de guerre », explique la docteure suisse.

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Pour les médecins suisses, ces résultats soulignent la nécessité de renforcer le suivi psychologique spécialisé à l’hôpital. Ils appellent à standardiser les parcours de soins pour garantir une prise en charge équitable et sensible au traumatisme. Ils soulignent l’importance de la formation du personnel de première ligne, notamment par la simulation.

« Les résultats de cette étude devraient nous permettre d’améliorer le parcours de soins au-delà de la prise en charge des victimes à l’hôpital afin de personnaliser le suivi de ces personnes sur le long terme« , conclu Jasmine Abdulcadir.

Enfin, ces résultats renforcent l’importance de l’information donnée aux patientes et aux patients sur les conséquences possibles de l’agression et les ressources disponibles.

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Thomas Chammah sur FR3
03/05/2026

Auvergne-Rhône-Alpes

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