Congrès de la CFDT : Marylise Léon reconduite à la tête du syndicat pour quatre ans
Sans surprise, ce jeudi 25 juin, la secrétaire générale a été réélue à la tête de la première organisation syndicale française en congrès à Bordeaux.
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Comme lors de son arrivée dans son fauteuil il y a trois ans, la réélection de Marylise Léon, seule candidate en lice, n’offrait cette année aucun suspense. Jeudi 25 juin, la chimiste de formation a officiellement été reconduite pour quatre ans à la tête de la CFDT, recueillant plus de 98 % des voix des délégués lors du 51e congrès à Bordeaux. «Je suis satisfaite que ce soit une femme à la tête de notre syndicat, elle a bien pris la relève, c’est quelqu’un d’humain, de carré, et de déterminé», tente de résumer une congressiste qui s’offre une pause cigarette sous la chaleur écrasante. Les 41 membres du bureau national ont également reconduit comme secrétaire général adjoint Yvan Ricordeau et désigné comme trésorier Laurent Soulier, issu de la fédération Chimie-Energie, en remplacement de Jocelyne Cabanal.
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Pas de dialogue avec le RN
En 2023, la syndicaliste consensuelle a pris le relais de l’ex-patron de la CFDT Laurent Berger – qui tenait à passer la main après plus de dix ans à la tête du syndicat – en s’inscrivant dans sa continuité. Son premier mandat restera marqué par les mobilisations contre la réforme des retraites de 2023, qui ont incontestablement consolidé le lien qui unit encore l’intersyndicale. Un rapprochement qui met d’ailleurs un peu plus en évidence la rupture du premier syndicat de France avec le Mouvement des entreprises de France (Medef) depuis l’échec du Conclave. La fin de cette mandature, c’est aussi la «victoire» de la suspension de la réforme des retraites que s’attribue la CFDT. «C’est à ce jour le seul vote formel du Parlement sur la question de l’âge légal de départ depuis 2023. Cette suspension n’est pas une fin en elle-même. Elle n’a de sens qu’en vue du futur débat en 2027», précise le rapport d’activité adopté mercredi à une large majorité par les congressistes (86 %).
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En vue de la présidentielle justement, Marylise Léon a profité du congrès pour dissiper tous soupçons sur la stratégie de son syndicat face à la montée du Rassemblement national : «Je le réaffirme, nous ne mettons pas de signe égal entre extrême droite et extrême gauche, pour une raison fondamentale : nous rejetons viscéralement la préférence nationale», a déclaré la numéro 1 à son pupitre mercredi avant d’assurer qu’elle refusera toute discussion avec le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella. Et si l’un d’eux arrivait au pouvoir ? «Nous faisons les choses dans l’ordre, si cela devait arriver, comme la CFDT l’a toujours fait, on s’adaptera», répond la secrétaire générale. Pour mieux appréhender les débats lors de la campagne, la centrale, qui a gagné + 6,27 % d’adhérents entre 2022 et 2025 (et notamment des jeunes) – atteignant les quelque 640 000 syndiqués –, l’un des défis de Marylise Léon sera de renflouer les comptes. «A la clôture 2024, les résultats sont toujours déficitaires […] Pour atteindre l’équilibre financier lors de cet exercice, il aurait fallu compter pas moins de 80 000 adhérentes ou adhérents supplémentaires», relaie le bilan des dernières années.
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Renflouer les caisses
Pour ça, avant la réélection de Marylise Léon, la direction confédérale a tenté de porter une hausse de 0,2 point de la cotisation, de 0,75 % à 0,95 % du salaire net imposable. L’objectif : augmenter de 26 % à 33 % la part revenant aux syndicats qui composent la CFDT. «Etes-vous prêts à laisser vos camarades qui en ont le plus besoin, seuls, face à leurs difficultés, en détournant le regard parce que ça ne vous concerne pas, parce que vos syndicats en ont les moyens ?» a tenté de défendre devant les quelque 1 600 congressistes Sébastien Hervé, représentant du syndicat des services du Maine-et-Loire, partisan d’une augmentation de la cotisation.
«Le taux de cotisation a bien une incidence sur notre capacité à faire adhérer», estimait de son côté le syndicat des services publics territoriaux (Interco) des Hauts-de-Seine, avant le vote. Sans trop de surprise, les délégués du 51e congrès ont fini par rejeter à près de 60 % le projet d’augmentation. Malgré cette issue, pour Marylise Léon, les débats ont eu le mérite de remettre le sujet sur la table, car «cela fait trente ans que le syndicat n’a pas discuté de ce point». Demain midi, en clôture du congrès, la secrétaire générale s’exprimera sur les priorités à venir du syndicat et les défis à relever dans la perspective de la présidentielle 2027.
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