Bande de Gaza : un peuple en péril
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Ne cherchez pas. Il n’y a aucun footballeur gazaoui sur les stades de la Coupe du monde, ni aucun cycliste de Gaza sur les pentes du Tour de France. Et nous n’entendrons aucune de leurs voix lors de la future édition de l’Eurovision. Le peuple de Gaza est en train de disparaître de nos radars. Tout se passe comme s’il était tombé dans un trou de l’histoire. Le blocus journalistique imposé par les autorités israéliennes, sans équivalent à la surface du globe, sauf dans les pires dictatures, leur a coupé le lien avec le reste du monde.
Ce que nous savons de la situation des plus de 2 millions d’habitants, entassés sur un bout de confetti, à peine 40 % des 45 km2 de la bande de Gaza originelle, est maigre mais suffisant. Des rapports d’agences de l’ONU, des paroles d’humanitaires et quelques témoignages recueillis convergent pour dépeindre une situation humainement intenable. Depuis plus de mille jours, la population, prise entre les exactions du Hamas et les bombardements israéliens, vit sous la contrainte de trois insécurités majeures conjuguées : militaire, alimentaire et sanitaire.
28 % des victimes sont des enfants
Un point suscite l’indignation plus que tout autre, les morts d’enfants : 28 % des victimes, selon les estimations. Le terme de génocide, employé de plus en plus, n’est peut-être pas juridiquement constitué selon les critères de la justice internationale mais la situation sur place en porte les caractéristiques. Tel un arbre tombe quand on le scie à la base, tel est l’avenir de Gaza si rien ne change, et vite.
Or, à Khan Younès comme à Jabaliya, le temps ne s’écoule pas ; il est arrêté. Les Gazaouis savent mieux que quiconque qu’il n’y a pas de plan viable pour les sortir de leur détresse. Fuir par la route, par la mer ou par les airs leur est impossible. Il ne leur resterait que la possibilité de fuir par le rêve. Même cela leur est aujourd’hui interdit.
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