Incendie de Die : 4 100 hectares parcourus après une nuit ponctuée de chutes de pluie… Et les arrangements de la préfecture avec les faits !
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Depuis plus de deux semaines, un incendie historique ravage la végétation sur le secteur de Die, dans la Drôme. L’humidité est revenue dans la nuit du vendredi 10 au samedi 11 juillet, mais les rafales de vent prévues laissent craindre que le brasier reprenne de plus belle.
Après la journée de vendredi, où le brasier a dépassé les 4 000 hectares parcourus, le contrôleur général Franck Tournié, directeur départemental des services d’incendie et de secours de la Drôme, vient de communiquer les dernières informations sur l’évolution de l’incendie de Die durant la nuit du vendredi 10 au samedi 11 juillet. Avec quelques motifs d’espoir.
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Fortes rafales de vent ce samedi
« Sur site, la météo pourrait se dégrader et on devrait connaitre un épisode orageux à partir de 16 heures, le vent annoncé nous préoccupe avec des rafales orientées sud nord de 60 à 70 km/h, ajoute Franck Tournié. Nous restons toujours très vigilants sur certains secteurs. La surface parcourue a très peu évolué avec 4100 hectares parcourus, mais demandera à être consolidée. Aucun blessé n’est à déplorer dans la nuit. »
Drôme. Incendie de Die : 18 jours après le début du feu, la bataille continue
Autre point positif, alors qu’une inquiétude pointait vendredi sur le massif de Saint-Genis au nord de la route départementale 93, ce samedi, le contrôleur général confirme que durant la nuit, il n’y a pas eu de progression sur ce secteur, le feu n’a pas traversé cet axe routier.

Les Diois retrouvent le sourire et un peu de sérénité
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Ce samedi matin, la montagne de Justin se réveille sous un joli ciel bleu. Quelques fumées stagnent encore. Dans la ville de Die, des sourires réapparaissait sur le visage des habitants en ce jour de marché. La pluie a rassuré nombre d’entre eux, ainsi évidemment que le combat mené jour et nuit par les unités de secours et d’intervention.
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Canicules : catastrophes à répétition… Et les arrangements de la préfecture avec les faits !
Incendie de Die : des évacuations chaotiques et une communication verrouillée
Alors que l’incendie drômois continuait sa course folle, en particulier aux abords de la ville de Die, la colère des habitants vis-à-vis de la gestion des évacuations et de la communication préfectorale monte.
Ce matin 11 juillet après une soirée de pluie , le sourire reviens. MCD.
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Die (Drôme).– C’est une scène étrange qui se répète chaque soir depuis mardi. Les Diois et les Dioises viennent s’installer sur le viaduc de leur ville et contemplent, médusés, le feu qui continue son œuvre destructrice sur la forêt toute proche. Certains ont apporté des sièges de camping, d’autres jouent de la guitare.
Les conversations vont bon train. « Ils laissent la forêt cramer. » « Les canadairs, c’est jamais pour nous. » « Seule la pluie pourrait nous aider. » « N’attendez pas l’ordre d’évacuation pour partir, il vient trop tard. » Des affiches ont fleuri un peu partout : « Chaque millionnaire = un canadair ».
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Démarré le 24 juin à la suite d’un éclair, ce feu a d’abord été « fixé » grâce à l’intervention de cinq canadairs. Mais il a continué à couver. Un habitant de la vallée, Sylvain Maillefaud, a vu des fumées depuis son deltaplane le dimanche 28 juin et a immédiatement prévenu les pompiers. Puis, le jeudi 2 juillet, d’énormes flammes étaient visibles, et, depuis lors, elles ne cessent de s’étendre sur tout le massif. Telle l’hydre aux mille têtes, il est aujourd’hui posé sur une surface de plus de 4 000 hectares et ses langues de feu dévalent les vallons.
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« L’effarement des Diois se transforme en colère », constate Marie Pochon, députée Les Écologistes de cette circonscription. Depuis le début de la semaine, cette élue tente d’alerter le gouvernement sur le manque de canadairs pour faire face à cette catastrophe. « On m’a répondu qu’ils étaient contre-indiqués au vu de la typologie du terrain », rapporte-t-elle.
« Les canadairs sont très efficaces lors des départs de feu. Une fois qu’il a démarré, c’est plus compliqué, surtout lorsque vous avez une végétation haute comme cette forêt de pins : l’eau relarguée du ciel ne va pas nécessairement jusqu’au sol, où le feu consume la matière organique », indique le lieutenant-colonel Jérôme Jallet, du service départemental d’incendie et de secours (Sdis) du Gard.
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Combattre le feu par le feu
Ce sapeur-pompier est quant à lui la référence nationale des feux tactiques. Il est venu mardi 7 juillet à Die donner ses conseils pour mettre en œuvre cette approche, « qui fait partie des solutions, mais qui reste sous-employée ». Concrètement, il s’agit de combattre le feu par le feu, en consommant les matières combustibles avant l’incendie pour protéger des zones d’habitations ou stopper l’avancée d’une langue.
« L’avantage, insiste l’expert, c’est que ces feux tactiques ne consomment pas d’eau et nécessitent peu d’hommes. » Mais elle sacrifie de la végétation et suscite parfois des craintes parmi la population. D’autant plus lorsque les informations lui parviennent au compte-goutte, sans explication pédagogique.
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Or, c’est bien là le problème. Depuis le début de la semaine, la préfecture contrôle toute la communication. Dans un compte rendu récupéré par Mediapart et daté du 8 juillet, la préfète Marie-Aimée Gaspari suggère aux élu·es de la communauté de communes du Diois et de la ville de Die « de s’en tenir aux points réalisés trois à quatre fois par jour par la préfecture ».
« L’objectif, c’est qu’il n’y ait aucun loupé, aucun décalage, avec les informations brutes que nous avons », explique-t-on du côté de la préfecture, qui parle plutôt de « coordination » pour éviter notamment « de se faire l’écho des inquiétudes locales ».
La ville, qui diffusait jusqu’au mardi 7 juillet des points de situation plusieurs fois par jour, a arrêté de le faire, se contentant désormais de republier les communiqués de la préfecture. Le point de situation qui aurait mis la préfète en colère remonte au lundi 6 juillet, lorsque les surfaces brûlées sont passées de 450 à 1 000 hectares : la ville avait alors évoqué des têtes de feu « incontrôlables » et des moyens aériens « engagés sur d’autres incendies majeurs ». Trop angoissant pour la population, aurait jugé la préfète.
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La « route de la chialade »
Lors de son communiqué vidéo diffusé à 13 heures vendredi 10 juillet, la préfète explique que la « situation est plus favorable » et que « depuis hier soir, il n’y a pas eu d’autres évacuations à la suite de l’évacuation du camping de La Pinède ». Un point encore répété durant l’après-midi.
En réalité, au même moment, les gendarmes bloquaient une route menant à plusieurs quartiers de Die. Les habitant·es, qui n’ont toujours pas reçu d’ordre officiel d’évacuation à ce jour, n’ont même pas pu aller récupérer leurs affaires. « C’est la reine de la post-vérité, commente amère Alice Verstraeten qui vit dans le quartier des Miellons. C’est ça qui fait monter notre angoisse en flèche. »
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Alice Verstraeten et sa famille ont quant à eux quitté leur maison dans la nuit de mardi à mercredi, les flammes étaient à 150 mètres alors que le toit « n’est pas fini, c’est juste un gros matelas de laine de bois ! », s’inquiète-t-elle, encore bouleversée d’avoir eu à couper leurs arbres, arracher les plantes grimpantes et la végétation dans laquelle ces derniers jours, des biches venaient y trouver refuge.
Même son de cloche dans un autre quartier de la commune de Die, à Ausson. Jeudi, vers 16 heures, la seule route qui relie la population à Die s’est retrouvée en proie aux flammes. L’autre route était bloquée par des rochers, déposés par le département en janvier à la suite d’un éboulement et en attente d’une consolidation. « Heureusement que des agriculteurs ont pu les déplacer avec leurs tracteurs, ce qui a permis l’évacuation, sous escorte des gendarmes », raconte Noémie Levet et Pierre Corroene, dont la maison se trouvait à une centaine de mètres des flammes dans la nuit de mercredi à jeudi.
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Ce passage est devenu la « route de la chialade », comme la surnomme désormais Noémie : « Impossible de la prendre sans être totalement atterré, attristé, accablé. Le paysage nous plonge dans le total désarroi. » Une route dont beaucoup se sont servis pour quitter les lieux précipitamment.
Mais pour la préfète, vendredi, ni Ausson ni Les Miellons ne sont évacués. Ces départs « relèvent de décisions individuelles d’autoévaluation et ne résultent pas d’une mesure ordonnée par l’autorité préfectorale », se borne-t-on à dire du côté de la préfecture. Officiellement, donc, 1 000 personnes ont reçu un ordre officiel d’évacuation. Dans les faits, elles sont bien plus à avoir dû abandonner leur maison, appuyées par les pompiers ou par les gendarmes.
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« On nous avait dit qu’on nous préviendrait lorsqu’il faudrait partir, et ça m’avait rassuré. Mais si nous avions attendu leur SMS, nous y serions encore, poursuit Noémie Levet. Nous n’avons plus confiance aux messages officiels. » Et d’évoquer, comme beaucoup d’habitants ici, ces chiffres communiqués par la préfète dans la journée du 9 juillet : « Neuf canadairs initialement présents, renforcés par quatre appareils supplémentaires aujourd’hui. »
Ce que beaucoup ont compris comme treize canadairs présents sur la journée… alors que seuls huit canadairs sont en réalité en fonction dans l’Hexagone. Il s’agissait en réalité du cumul de canadairs depuis le départ de feu. Mais voilà, chaque information, ou plutôt chaque manque d’information, met désormais le feu aux poudres. « On marche sur le feu », ironise-t-on du côté des services de la mairie. Ici, l’objectif est avant tout de garder une unité, de maintenir une bonne relation avec la préfecture pour gérer au mieux ce sinistre. Mais la parole circule vite à Die, la colère encore plus.
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