10 actions simples pour devenir écolo

A la suite de cette lettre qui s’adressait aux parents et grands-parents (et qui aurait très bien pu s’adresser aux enfants, frères et sœurs…), j’ai reçu la remarque suivante : “et maintenant, on fait quoi ? Très bien ta lettre, mais on fait quoi ? Faudrait que tu fasses une liste de 5 à 10 actions, simples à mettre en place et à la portée de tout le monde.”
Voici une liste de 10 actions pour “devenir écolo”. Elle s’adresse avant tout aux personnes qui comme moi il y a quelques années, découvrent à quel point le changement climatique est catastrophique et risque d’exacerber tous les autres maux de notre société. Il n’est jamais trop tard pour changer…
1/ Déconstruire
Il n’y a pas vraiment d’ordre dans ces 10 actions, mais s’il y a bien un prérequis indispensable à toutes les autres actions, c’est d’accepter de déconstruire. Accepter de se remettre en question. Accepter que ce que vous auriez pu apprendre pendant des années sur certains sujets soit faux. Le changement n’est pas forcément agréable pour tout le monde, donc je préfère prévenir. En revanche, ce qui est sûr, c’est qu’il est nécessaire pour 99% des personnes qui liront ce texte.
Cela veut potentiellement dire remettre en cause votre quotidien, à commencer par votre travail. C’est sûr que si vous travaillez chez Total ou BNP, c’est difficile de pouvoir vous présenter en tant qu’écolo. Oui je sais, #NotAllTotal. Mais quand même. Bien sûr, il n’y aura pas que le travail à remettre en cause ; ce sera aussi potentiellement vos loisirs, votre façon de vous nourrir, de vous déplacer, de vous envoyer en l’air (nous y reviendrons). Il y a besoin d’un changement de système et si vous n’êtes ni prêt(e) à le changer ou à changer vous-même, vous pouvez fermer cet article !
PS : il faudra également être prêt(e) à remettre en cause les idées reçues sur certaines notions, certains mots. Par exemple, un anarchiste n’est pas un vilain casseur de vitrine. Une ZAD, ce n’est pas un endroit où des êtres humains sont uniquement là pour ‘foutre la merde et profiter du RSA’. Il n’existe pas d’énergie verte. Ni d’avion vert. En revanche, l’argent magique, ça existe ! Un nouveau monde s’offre à vous, enjoy the ride comme on dit dans le Bouchonnois.
2/ Calculer son empreinte carbone
De très loin, la façon la plus rapide de se rendre compte des efforts à faire (et savoir où les faire) est de simuler son empreinte carbone. Un article a été écrit spécialement là-dessus : cela vous prendra 5 min de simuler votre empreinte carbone, claque garantie ! De cette action découlera au moins 3 des prochaines…
3/ Se former
On ne peut pas proposer des solutions pertinentes sans avoir bien posé le problème. Bonne nouvelle : se former est facile, et en accès libre sur internet ! Voici 2 liens qui répondront à vos attentes :
– Les meilleures sources sur l’environnement et le climat : de quoi se former pour tous les niveaux, et tous les formats (podcasts, articles, vidéos, etc)
– Les livres incontournables sur l’environnement et le climat : des milliers de pages qui feront de vous un(e) expert(e) sur ces sujets !
Il y a a minima plusieurs centaines d’heures de contenu. Faites attention car une fois qu’on commence à s’y intéresser, difficile de faire machine arrière…
4/ Moins (plus) prendre l’avion
Si vous avez simulé votre empreinte carbone et que vous avez pris l’avion, j’imagine que vous en connaissez désormais l’impact catastrophique. Et oui : un seul aller-retour à New-York, Dubaï, Bali, etc. suffit à dépasser votre budget carbone… pour l’année !

Pour tendre vers un monde neutre en carbone, la solution est évidente : il faut moins se déplacer, mieux se déplacer. Donc éviter un maximum de prendre l’avion. Je suis le premier emmerdé par cela, mais il faut être un peu cohérent…
5/ Réduire sa consommation de produits d’origine animale
C’est certainement l’action la plus rapide à mettre en place, voire la plus “simple” : réduire sa consommation de viande, voire ne plus en manger. Une alimentation moins carnée a de multiples avantages, dont celui de réduire son impact sur le vivant. Très important : pour un ordre de grandeur, il est plus important de végétaliser son alimentation que de manger local (qui a d’autres bénéfices, notamment sociaux et économiques).
PS : Non, manger de la viande n’est pas “naturel”, ou indispensable. D’ailleurs, le concept d’alimentation naturelle n’a pas vraiment de sens. Voir action 1 !
6/ Moins de vroom vroom
C’est une religion en France et c’est très certainement l’enjeu le plus difficile à résoudre : baisser les émissions des transports. Aujourd’hui, 32% des émissions en France viennent des transports. Un exemple : alors que leur lieu de travail se trouve à moins de 2km, 53% des français y vont en voiture. Autre exemple : aller chercher sa baguette en SUV de 2 tonnes est peut-être légal, mais dans un monde soutenable, ça n’existe pas.
Tout le monde doit se rendre compte de l’impact écologique d’une voiture, de son achat à son utilisation. En attendant un article plus complet : OUI, la voiture électrique est plus “écologique” qu’une voiture thermique. Ou plutôt, c’est “moins pire”. Au risque de se répéter : il faut moins se déplacer, mieux se déplacer. Cela veut tout simplement dire privilégier des moyens de déplacement moins polluants, et ni la voiture ni l’avion ne font partie de cette catégorie.
7/ L’écologie, ce n’est pas que du CO2
Si vous avez un peu creusé le point /3 (se former), vous savez désormais que l’écologie n’est pas qu’une question de CO2. Les débats tournent très souvent autour du CO2, ce n’est pourtant qu’un problème ou une approche pour interpréter les enjeux écologiques du 21ème siècle. Attention donc à ne pas tomber dans du JAITOUTCOMPRISME, et penser qu’une fois un monde neutre en carbone atteint, nous sommes tous sauvés. Certains pensent même qu’il suffit de mettre du nucléaire partout, de tout électrifier et nous avons gagné la partie (oui oui, j’en vois tous les jours sur les réseaux sociaux).
Derrière ces enjeux de CO2 se cachent des rapports de domination, de pouvoirs, d’injustices sociales, écologiques, de genre, etc. En outre, alors que le CO2 est un sujet très important, nous n’avons pas attendu que cela devienne critique pour provoquer une chute vertigineuse de la biodiversité depuis 40 ans.

8/ Ordre de grandeur, toujours !
Toute action allant dans le bon sens, c’est-à-dire réduisant votre empreinte sur le vivant, est louable. En revanche, certaines sont bien plus efficaces que d’autres, et parfois moins contraignantes.
Ce n’est pas un hasard si chaque lundi je présente un ordre de grandeur sur les réseaux : une fois qu’on a compris le problème, autant agir le plus efficacement possible. Dans cette même logique, vous comprendrez pourquoi j’ai le sourire aux lèvres (et envie de mourir intérieurement) quand une personne me dit qu’elle est écolo car elle trie ses déchets… tout en revenant de 10 jours passés en République Dominicaine car c’est cool d’avoir le teint hâlé en hiver.
Les ordres de grandeur permettent de se rendre compte de l’impact de ce que l’on fait au quotidien (sans pour autant devenir un taré de la compta carbone) et il est indispensable de les avoir en tête. Allez un dernier pour la route : l’empreinte carbone moyenne d’un français est de 10 tonnes CO2eq. L’empreinte carbone cible est de moins de 2t CO2eq par personne. Cela vous donne une idée de l’ampleur de la tâche…
9/ Passer à l’action
Après avoir pris conscience de l’ampleur du problème et passé le cap du ‘wow quand même, quelle claque’, vous pourrez arriver à l’étape dont tout le monde s’accorde à dire qu’elle permet de rester optimiste et/ou de se sentir mieux : passer à l’action.
Il n’y a pas un type d’écolo mais des millions de possibilités d’être écolo. Chacun trouvera la façon d’agir qui lui convient le mieux, qui évoluera certainement avec le temps et votre compréhension des leviers d’actions qui ont marché/pas marché. Vous pouvez d’abord faire un travail sur vous-même, vos proches, votre entreprise, votre ville, votre Conseil Régional, etc. Des milliers de possibilités d’agir, selon ses préférences et ses possibilités.
10/ Passer le message
En lien avec l’action 9/, il est indispensable de faire passer le(s) message(s), et le cas échéant, aider les autres. Par exemple, il existe une énorme différence entre le consensus scientifique sur le réchauffement climatique d’origine humaine et l’opinion publique. Bien que cela soit multifactoriels, le manque d’informations est sans aucun doute l’une des raisons. Aussi, 3 actions à garder en tête :
- Si réduire votre empreinte carbone devient trop difficile pour de trop petits gains, alors aidez plutôt une autre personne à effectuer un grand changement qui lui aura un grand gain. #ordredegrandeur, encore et toujours.
- Il faut éviter l’effet bulle : on a tendance à penser que si notre entourage a compris le problème, c’est le cas de tous les français. Malheureusement, c’est très, très loin d’être le cas (sinon, aucun politique ne parlerait d’écologie punitive).
- Cela ne sert à rien d’avoir raison tout seul. Un changement systémique n’arrivera pas parce que vous avez raison tout seul dans votre coin (sauf si vous êtes président de la République
et que vous ne respectez rien). Vous rencontrerez des personnes qui vont vous envoyer balader, questionner vos choix, se moquer de vous, etc. Armez-vous de patience, la route est longue !
Le mot de la fin
Plus vous lirez sur le sujet, plus vous vous rendrez compte de l’immensité des sujets concernés. La bonne nouvelle, c’est que vous n’allez jamais vous ennuyer !
Ces 10 actions simples pour devenir écolo sont importantes mais non exhaustives. Le logement et la consommation n’ont pas été évoqués, ce sont pourtant 2 éléments très importants. On ne soulignera jamais assez l’importance de mettre un pull en hiver au lieu d’allumer le chauffage tout en étant en tee-shirt… ne riez pas, c’est du vécu ! Aussi, après l’action 3 (se former), vous aurez compris qu’il n’y a pas de solution unique à un problème systémique et que sans changement de système, nous n’aurons aucune chance de respecter nos engagements climatiques.
Etre écolo c’est aussi revoir sa façon de consommer, comprendre que la sobriété est indispensable pour atteindre nos objectifs climatiques, questionner ses habitudes, ses loisirs… et combattre le greenwashing ! Vous verrez qu’après l’action /3 (se former), vous ferez une autre tête quand vous entendrez parler d’aéroport zero-carbone…
Bon courage à toutes et à tous, et si vous devenez écolo essayez quand même de garder votre travail et quelques amis, ça peut toujours servir.
BONUS : INFOGRAPHIE


