Drôme et Ardèche Deux rassemblements contre l’antisémitisme à Valence et Privas, dimanche 12 novembre, à 11 heures, devant les deux hôtels de ville…
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Alors que plus d’un millier d’actes antisémites ont été recensés en France par le ministère de l’Intérieur depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas, le 7 octobre, deux rassemblements civiques contre l’antisémitisme sont organisés dimanche 12 novembre, en Drôme et en Ardèche.
Ce sont les deux villes préfectures de Privas et Valence qui chapeautent ces mobilisations, à 11 heures, devant les deux hôtels de ville. Ces initiatives font écho à l’appel lancé par les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat pour une marche à Paris, et relayé par l’Association des maires de France.
Depuis l’attaque du Hamas en Israël il y a un mois, plus de mille actes antisémites ont été recensés en France. « Il faut vite retrouver ce qui fait la force de notre pays : le respect des droits de l’Homme et de la laïcité » écrit Nicolas Daragon. « C’est dans ces moments graves que nous devons tous nous rassembler » souligne encore le maire LR de Valence, également président de l’association des maires de la Drôme.
Le rassemblement prévu à 11 heures sur le parvis de l’hôtel de ville de Valence sera suivi d’une courte marche dans les rues piétonnes jusqu’à la place Simone Veil devant le palais de justice.
“Nous ne devons pas nous résigner à la fatalité des haines. Rassemblons-nous et ne laissons pas prospérer l’intolérable”, indique Michel Valla, maire (DVD) de Privas.
“Comme tous nos concitoyens, les citoyens de confession juive doivent pouvoir vivre en sécurité sur le territoire national, dans un esprit de tempérance et d’apaisement. Il est aujourd’hui, plus que jamais, de notre devoir de le réaffirmer avec force”, explique pour sa part Nicolas Daragon (LR), qui rappelle qu’il s’agit de rassemblements apolitiques.
Appel relayé par la Licra Drôme et la LDH Valence
Cet appel a été entendu. La Licra Drôme ainsi que les représentants drômois des partis de la majorité présidentielle (Renaissance, Horizon, Territoire de Progrès, Modem) ont annoncé jeudi leur participation et invitent « l’ensemble de nos concitoyens à se joindre à nous ». La députée de Valence Mireille Clapot appelle aussi à y participer. Le Parti communiste de la Drôme annonce aussi se joindre à ce rassemblement mais n’assistera pas à l’allocution du maire de Valence parce que « nous ne concevons pas d’expression politique partisane lors de ce rassemblement » écrit son secrétaire départemental Jean-Marc Durand.
Depuis, des élus ardéchois se sont aussi emparés de la question. Il y aura également un rassemblement à Privas ce dimanche 12 novembre devant l’hôtel de ville à 11h.
David Lisnard, président de l’Association des Maires de France (AMF) et le CRIF Sud-Est appelle à la manifestation. Le communiqué précise que la démarche se fait « en accord avec Gérard Larcher et Yaël Braun-Pivet ». Les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale ont en effet appelé à une « grande marche civique » face à l’explosion sans précédent des actes antisémites – plus de 1 000 en un mois – depuis le début du conflit entre Israël et le Hamas.
Marche contre l’antisémitisme : le PS, le PCF et EELV y participeront à condition de former un cordon sanitaire symbolique entre eux et « l’extrême droite »
Les partis socialiste, communiste et écologiste ont indiqué dans un communiqué vouloir mettre en place « un cordon républicain » à l’occasion de la marche organisée dimanche 12 novembre contre l’antisémitisme.

La marche organisée ce dimanche 12 novembre à Paris contre l’antisémitisme continue de diviser. Alors que La France insoumise a déjà annoncé qu’elle n’y participerait pas en raison de la présence du Rassemblement national, les autres partis de la Nupes ont annoncé s’y rendre, mais à certaines conditions.
Dans un communiqué publié mercredi 8 novembre, les partis socialiste, communiste et écologiste ont fait part de leur souhait de mettre en place « un cordon républicain » symbolique entre eux et « l’extrême droite ». De ce fait, il y aura une distinction entre « un cortège rassemblant tous les républicains et progressistes » et « le Rassemblement national et les forces d’extrême droite ».
Un « cordon républicain » qui divise la Nupes
Pour les partis de gauche, le Rassemblement national n’a « aucune légitimité à manifester contre l’antisémitisme ». Un peu plus tôt dans la journée, LFI avait déjà annoncé dans un communiqué qu’elle ne participera pas à cette marche, jugeant que « lutter contre l’antisémitisme et contre toutes les formes de racisme est impraticable aux côtés d’un parti qui trouve ses origines dans l’histoire de la collaboration avec le nazisme ».
Cette idée d’un « cordon républicain » divise une nouvelle fois au sein de la Nupes. Paul Vannier, député et membre de la coordination de LFI, s’est dit « consterné » auprès du Parisien. « Ils peuvent faire le cordon qu’ils veulent, à la fin, l’image qui restera, c’est Marine Le Pen au milieu de l’arc républicain », a-t-il fustigé. De leur côté, les Jeunes écologistes ont publié un communiqué pour vilipender la décision d’EELV, affirmant qu’ils ne prendraient pas part à une marche « avec l’extrême droite, et encore moins quand celle-ci est une marche contre l’antisémitisme ».
APPIS
La Licra appelle à soutenir le plus largement possible la marche républicaine organisée par Mme Yaël Braun-Pivet, Présidente de l’Assemblée nationale, et M. Gérard Larcher, Président du Sénat, le dimanche 12 novembre 2023. Il s’agit, pour reprendre leurs mots, d’ « une marche pour la République et contre l’antisémitisme. Une marche pour la France des droits de l’homme et pour la nation réunie. Une marche des citoyens pour dénoncer les porteurs de haine. Une marche pour la libération des otages dont huit de nos compatriotes. »
En cette période de tensions extrêmes au Proche-Orient, qui se traduit sur notre territoire national par une multiplication inédite des actes antisémites, alors que des groupes jihadistes menacent ouvertement les démocraties et plus généralement l’Occident, les citoyens des pays libres doivent faire entendre d’une seule voix leur rejet inconditionnel de l’antisémitisme.
L’antisémitisme n’est pas l’affaire des seuls juifs. Il constitue, comme le racisme, une atteinte aux principes et aux valeurs de la République et une menace pour nos libertés individuelles et collectives : en amenuisant de fait la citoyenneté d’une partie de nos concitoyens qui sentent peser sur eux une menace constante contre leur intégrité morale et physique ; en fragilisant leur sentiment d’appartenance réelle à la nation.
Ce dimanche 12 novembre, nous marcherons avec les citoyens épris de justice, d’égalité et de liberté. Nous marcherons contre l’antisémitisme sous toutes ses formes, et notamment celle de l’antisionisme radical qui caractérise une partie de l’éventail politique actuel. La France insoumise cherche à jeter le discrédit sur cette initiative républicaine en la déclarant pervertie voire animée par l’extrême droite. Dans un moment de crise nationale, Mme Yaël Braun-Pivet et M. Gérard Larcher n’ont en effet formulé aucun interdit, laissant aux citoyens la liberté de se joindre à la marche. Ainsi n’ont-ils pas explicitement fermé la participation aux extrêmes dont La France insoumise qui a confirmé, au cours des dernières semaines, qu’elle ne constituait aucunement un rempart en matière de lutte contre l’antisémitisme.
Pas plus que les leçons d’un Rassemblement national qui profite des événements pour tenter de faire oublier ses liens historiques et organiques avec l’antisémitisme, nous n’entendons recevoir celles de La France insoumise dont certains des députés ont apporté leur soutien à des militants d’organisations terroristes, refusé de qualifier le Hamas comme telle, et repris des éléments de sa propagande en désinformant activement sur la situation au Proche-Orient.
Pas plus que les postures d’une extrême droite, où les taux d’adhésion aux préjugés antisémites se manifestent plus fortement que dans le reste de la population nationale, et qui n’a jamais engagé le moindre travail – notamment interne – à ce sujet, nous n’acceptons celles d’un parti d’extrême gauche qui révèle les mêmes tendances et n’a jamais accordé la moindre considération pour cette question qui fragilise le tissu social.
Pas plus qu’au côté d’une extrême droite qui entretient des liens avec des franges extrémistes antijuives, nous n’entendons marcher au côté d’un parti dont le leader, Jean-Luc Mélenchon, a multiplié des déclarations ambiguës sur le judaïsme au cours des dernières années.
La marche du 12 novembre n’est pas une marche politicienne mais une marche républicaine. C’est également une marche politique – et non de récupération politique – pour s’opposer à la fragmentation de la nation qui est l’objectif des diviseurs professionnels et des vecteurs de haine.
Le 12 novembre, nous marcherons en nos âmes et consciences, éclairés par les valeurs de la République. Depuis trop longtemps, les Français juifs marchent seuls contre l’antisémitisme. La lutte contre ce fléau est l’affaire de tous : le 12 novembre, soyons nombreux à marcher contre la haine et pour la nation réunie !
La Licra
Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme :
En première ligne contre le racisme et l’antisémitisme depuis plus de 90 ans.