BD, romans, podcasts… Notre sélection féministe pour le 8 mars

Pour le 8 mars, Reporterre vous propose des essais, romans, bandes dessinées, documentaires… Bref, une sélection féministe et engagée pour célébrer la journée internationale des droits des femmes.
LIVRES
• Féministe des champs
Des femmes qui reprennent seules, ou en couple lesbien, une exploitation agricole ; qui décident de s’installer dans une communauté rurale exclusivement féminine… Dans Féministe des champs, la sociologue Constance Rimlinger ne s’intéresse pas seulement aux personnes qui quittent les villes et (re)viennent s’installer dans les campagnes. Elle veut étudier plus précisément celles qui décident de le faire, sans être engagées dans une relation hétérosexuelle.
Son enquête la mène d’un gîte tenu par une femme dans la Creuse jusqu’à la Nouvelle-Zélande, où elle part rencontrer un couple queer propriétaire d’un sanctuaire végane. « En ces temps de crise écologique et sociale, choisir d’enquêter sur des groupes et individus qui constituent une petite minorité mais qui sont porteurs d’une autre manière d’être au monde, c’est reconnaître qu’ils proposent des alternatives », écrit l’autrice. Un voyage qui laisse rêveuse.
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Féministe des champs, du retour à la terre à l’écologie queer, de Constance Rimlinger, éditions PUF, 2024, 290 p, 23 euros. |
• Vivantes : des femmes qui luttent en Amérique latine
Et si on décalait le regard et qu’on ne se limitait pas à une approche occidentalocentrée, urbaine, blanche et hétéronormée ? Il n’y a pas qu’une manière d’atteindre la libération féminine. Il existe aussi des voies d’émancipation plus cachées, plus autochtones. Le recueil de textes réunis par Elina Fronty est, en cela, salvateur. Il vise à faire entendre en langue française d’autres réalités, les paroles de femmes, souvent amérindiennes, qui luttent et œuvrent depuis le continent latino américain pour la liberté et la vie. Avec leurs particularités, leurs chants, leurs colères et leur cosmogonie.
« Nous ne cherchons pas la propriété de la terre, nous proposons un autre art de l’habiter », affirment-elles en puisant dans leur savoir ancestraux. Pour elles, ni les femmes, ni la terre ne sont des territoires de conquête. Le désir de prendre soin de la nature vivante et sacrée dans laquelle elles occupent une place importante, et de la préserver des ravages du capitalisme, s’enracine dans une réflexion croisée sur les violences faites aux femmes et celles faites à la terre, pour essayer de se libérer du poids du colonialisme et esquisser un rapport non patriarcal au monde.
« Je suis une enfant sauvage, innocente, libre et en pleine nature. J’ai tous les âges, mes grands-mères vivent en moi. Je suis sœur des nuages. Je ne sais que partager. Je sais que tout appartient à tout le monde et que tout est vivant en moi. Mon cœur est une étoile, je suis une fille de la terre. » Extrait de chants médicinaux mexicains.
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Vivantes : des femmes qui luttent en Amérique latine, Collectif, éditions Dehors, 2023, 240 p, 18 euros. |
• La subsistance, une perspective écoféministe
C’est un livre historique qu’ont décidé de republier récemment les éditions La Lenteur. Il comble un manque et nous permet de replonger aux racines de l’écoféminisme des pays du sud. Dans les années 1970, les chercheuses Maria Mies et Veronika Bennholdt défendent la « perspective de la subsistance » comme horizon de transformation totale pour « décoloniser les trois colonies du capital : la nature, les femmes et le Sud ». Pour elles, l’écoféminisme avant d’être une théorie est d’abord une pratique, une quête d’autonomie basée sur la paysannerie, la défense des communs et l’entraide communautaire. Elle se couple aussi avec une critique virulente de l’industrialisation.
Malgré leur faible écho médiatique, ces travaux ont inspiré le courant écoféministe actuel. La chercheuse Geneviève Pruvost s’y réfère tout comme la chercheuse féministe et marxiste Silvia Federici. « Nous voulons débarrasser la perspective de la subsistance du stigmate véhiculé par le discours progressiste qui lui colle encore à la peau. Nous voulons insister sur le fait que c’est nous, le peuple, qui créons et entretenons la vie, et non l’argent et le capital. C’est cela la subsistance », écrivent-elles.
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La subsistance, une perspective écoféministe, Maria Mies et Veronika Bennholdt-Thomsen, éditions La lenteur, 2022, 352 p, 24 euros. |
• De la génération
Comment en est-on arrivé à notre société industrielle extractiviste, misogyne, colonialiste et destructrice de l’environnement ? Pour répondre à cette question, la philosophe Émilie Hache enquête sur le passage progressif d’un paradigme de génération à celui de production. Dit plus simplement, sur le passage d’un rapport au monde fondé sur la perpétuation patiente des conditions d’existence par toutes et tous, à travers la subsistance, les liens avec les ancêtres et les non-humains… à un autre fondé sur l’exploitation des « ressources », qu’elles soient naturelles ou humaines. Le moment décisif de cette mutation est l’avènement du christianisme, qui instaure l’idée d’un monde créé une fois pour toutes par un dieu unique, extérieur à son œuvre.
Dans le même temps, la philosophe écoféministe s’intéresse aux conséquences de ce bouleversement sur les femmes. Ces dernières, qui occupaient un rôle central quoique genré dans les pratiques de génération, se retrouvent dévaluées, reléguées aux strictes fonctions de reproduction dans ce nouveau monde productif à la fois « unisexe » (car tous les êtres sont égaux devant Dieu) et « masculin » (car le créateur est de sexe masculin et qu’Ève est tirée du flanc d’Adam).
On ne vous le cache pas : c’est érudit donc forcément dense, voire ardu par moments. Mais la richesse de ce travail, mené sur plusieurs années, est qu’il illustre chaque type de société et chaque étape de ce processus par de multiples exemples issus de l’histoire antique, de l’anthropologie.
Surtout, ce qui est très enthousiasmant, c’est que ce livre n’est pas dans la nostalgie des sociétés « génératives » genrées disparues. Pour renouer avec la génération, Émilie Hache invite au contraire à imaginer d’autres systèmes de parenté, d’autres mythes et rituels plus émancipateurs. Elle évoque comme pistes les familles lesbiennes et gays, la joie et le plaisir de l’activisme, l’ancrage dans un territoire choisi où l’on inventera de nouvelles façons non productives d’habiter. Histoire de renouer, qu’on soit femme ou homme ou queer, avec « la terre [qui] nous manque ».
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De la génération, d’Émilie Hache, éditions La Découverte, 2024, 312 p, 21 euros. |
• L’orage qui vient
Bienvenue au Hameau, dans une époque futuriste qu’on ne saurait dater exactement. Tout juste sait-on que nous sommes après la « Rétractation », un moment de révoltes et de violences qui a fait basculer notre société. Depuis, les gens vivent plus simplement. « On a besoin de moins de choses et on sait en faire davantage. »
Dans ce décor planté par l’autrice de polars Louise Mey, on suit l’héroïne, Mila, 15 ans, qui vit avec sa mère et les autres femmes du Hameau. La communauté solidaire et isolée se pensait à l’abri, mais leur harmonie va bientôt se trouver menacée. Un roman jeunesse fort.
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L’orage qui vient, de Louise Mey, éditions La ville brûle, 2022, 207 p, 15 euros. |
• Mangeuses
Pouvez-vous citer un roman ou un film célèbres réunissant des femmes autour de tablées, dévorant, gloutonnant un banquet ? La tâche est ardue. Partant de ce constat, la journaliste Lauren Malka a voulu fouiller l’histoire et la littérature, pour s’intéresser à l’évolution du rapport à l’alimentation des femmes.
Selon l’Inserm, 80 % des personnes boulimiques et 90 % des personnes anorexiques seraient aujourd’hui des femmes. L’ampleur du problème est colossal. Et pourtant, le phénomène semble mis de côté, nié, comme s’il ne concernait que quelques personnes isolées, comme s’il était tolérable que tant de femmes souffrent (ou aient souffert) à l’idée d’un geste censé être naturel – se nourrir. Et qui plus est, bien se nourrir. Dans ce récit-enquête truffé de témoignages passionnants et de références culturelles, Lauren Malka tente d’apporter « quelques miettes d’espoir dans un monde d’affamées ».
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Mangeuses, histoire de celles qui dévorent, savourent ou se privent à l’excès, de Lauren Malka, éditions Les Pérégrines, 2023, 288 p, 20 euros. |
• L’amour et la révolution
C’est un livre fin et utile que publie Johanna Silva, ex-compagne de François Ruffin, mais tout autant manageuse des premières années politiques du député de la Somme. Elle y raconte dans une histoire prenante comment l’amour entre elle et Ruffin a fusionné avec l’aventure politique, au point que les deux passions ne parvenaient plus à se démêler. Comment, en tant que femme, garder sa singularité de personne quand on est vue comme « la femme de » ? Comment distinguer les sentiments de l’engagement quotidien dans un travail commun ? Comment retrouver sa propre voie quand on est dans l’ombre d’un « grand homme » ?
Le livre est un récit des coulisses de l’ascension de François Ruffin, que Johanna Silva dévoile sans jamais céder au voyeurisme, et avec une lucidité bienveillante. Mais c’est tout autant la question du sentiment en politique qui est ici posée, dans le milieu machiste et violent qu’est la politique. Et Silva de conclure avec raison contre ceux qui affirment qu’il faut « déposer son cœur à l’entrée » : « Je dis moi qu’il faut au contraire qu’on lui ouvre grand la porte. Que, dans nos révolutions, l’amour prenne toute sa place ».
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L’amour et la révolution, de Johanna Silva, éditions Textuel, 2023, 286 p, 21,50 euros. |
• La République des femmes
Que donnerait un pays réellement gouverné par les femmes ? Dans ce roman — qu’on espère d’anticipation — l’autrice nicaraguéienne Gioconda Belli raconte l’ascension fulgurante du Parti de Gauche Érotique (PIE en espagnol), ovni politique issu d’un groupe de femmes lassées par des décennies d’incurie masculine. D’un seul coup, la petite République latinoaméricaine de Faguas se retrouve chamboulée : exit les fonctionnaires de sexe masculin, et vive le ministère « des libertés sans restriction » ! Un livre savoureux et stimulant, qui ouvre le débat sur la révolution féministe.
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La République des femmes, de Gioconda Belli, éditions Yovana, 2021, 254 p, 20 euros. |
• Xenogenesis : L’Aube
Octavia Butler est la première autrice de science-fiction afroféministe, précurseure de l’afrofuturisme. On lui doit entre autres la trilogie Xenogenesis, publiée à la fin des années 1980 et traduites en français en 2022, quinze ans après sa mort. Xenogenesis raconte la rencontre entre l’espèce humaine et les extraterrestres Oankalis, qui vivent en symbiose dans un vaisseau spatial vivant.
Dans le premier tome intitulé L’Aube, Lilith, une femme noire, s’éveille entourée de Oankalis après un sommeil de plusieurs siècles. Dotées de tentacules, ces créatures genderfluid ont sauvé les derniers humains d’une guerre nucléaire qui a décimé la planète Terre. Dans la peau de Lilith, on découvre leur manière de penser, de se comporter les uns avec les autres et avec le vivant qui les entoure. Elle nouera des liens forts avec les Oankali, emmenant la lectrice et le lecteur dans sa découverte politique et intime d’un monde sans rapports genrés et ce que cela induit dans le rapport global au vivant.
Race, genre, ethnocentrisme, spécisme : dans cette fable post-apocalyptique, Octavia Butler aborde subtilement toutes ces thématiques sans rien asséner. On est d’accord avec Virginie Despentes, qui « la tient pour une des auteures les plus inspirantes de notre génération ».
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Xenogenesis : L’Aube, d’Octavia Butler, éditions Au diable Vauvert, 2022, 432 p, 23,50 euros. |
BD
• Il est où le patron ?
Quatre paysannes ardéchoises et une briançonnaise ont conté leur quotidien à l’illustratrice, Maud Bénézit. En découle cette bande dessinée à la fois drôle et bouleversante. De – vraies – anecdotes s’y enchaînent et dépeignent le sexisme et le machisme auquel se heurtent ces femmes. L’invisibilisation de leur travail, aussi. Et surtout, l’envie de lutter, de s’entraider et d’imposer une autre voix dans ce système patriarcal opprimant. Alors, « il est où le patron ? » Elle est là, sous vos yeux.
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Il est où le patron ?, de Maud Bénézit et les paysannes en polaire, éditions Marabout, 2021, 176 p, 21,95 euros. |
• Yoga shalala
Le yoga, c’est comme une pizza : ça prend le goût de ce qu’on met dessus. Cette parabole, utilisée dans le dernier roman graphique de Jeanne Burgart Goutal et Aurore Chapon, peut faire sourire. Pourtant, elle permet de répondre habilement à une question complexe : qu’est-ce que le yoga ? Une pratique sportive, une méthode de relaxation, une philosophie de vie ? Une religion ? Une secte ? Jeanne Burgart Goutal va tout tester, jusqu’à s’y noyer.
Tout au long de l’ouvrage, un petit singe baptisé Chitta devient son double malicieux symbolisant sa rationalité. Car l’autrice — prof et enseignante de yoga — se sent écartelée entre deux mondes, celui de la rationalité et les Lumières, qu’elle est supposée enseigner à ses élèves, et celui du spirituel voire du mystique.
Un jour, elle tombe amoureuse de Bernie, un yogi pour qui elle envoie tout balader, travail, appart et amis, et qui veut devenir son gourou. Elle atteint un état de détachement absolu qui l’amène à ne plus avoir envie de rien. Elle parle alors « d’extase du néant ». Il lui faudra deux ans pour s’en sortir.
Ce roman graphique autobiographique, très dense et joliment illustré, est le second ouvrage de Jeanne Burgart Goutal et Aurore Chapon, qui avaient déjà travaillé ensemble sur l’écoféminisme. On en sort bouleversé. Elle nous aide à prendre du recul sur cette pratique-philosophie-religion-sport qu’on ne sait toujours pas vraiment définir à la fin de l’ouvrage. Ça tombe bien, l’autrice non plus. Restons sur sa parabole de la pizza.
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Yoga shalala, de Jeanne Burgart Goutal & Aurore Chapon, Tana éditions, en librairies le 14 mars, 240 p, 22 euros. |
PODCASTS
• Deux podcasts pour découvrir l’écoféminisme
Charlotte Bienaimé a consacréplusieurs épisodes d’Un Podcast à soi à ce mouvement. Elle nous emmène notamment dans une communauté de femmes créée dans les années 1970, qui ont expérimenté une forme de reconnexion à la nature et au corps, et prôné une réappropriation politique des émotions et des savoir-faire. « À l’inverse d’autres féministes qui revendiquaient de se libérer d’un corps aliénant, et d’une nature à laquelle on les avait associées depuis toujours, ces femmes voulaient retrouver la terre, se reconnecter avec leur corps, le connaitre, et s’en servir comme force », écrit l’autrice.
Autre son à se glisser dans les oreilles, l’épisode 77 de « Kiffe ta race ». Rokhaya Diallo et Grace Ly y invitent Myriam Bahaffou, philosophe et militante, qui nous explique pourquoi l’écoféminisme est multiple, mais surtout profondément décolonial et antiraciste.
DOCUMENTAIRE
• We are coming
« J’avais 5 ou 6 ans, en grimpant à la corde en cours de sport. Je ne savais pas ce que c’était, cette vague de plaisir. » Les yeux pétillants, face à la caméra, une femme décrit ce qu’elle peut aujourd’hui — des décennies plus tard — nommer son premier orgasme. Une autre témoigne n’avoir joui qu’une fois avec le père de ses enfants. La réalisatrice elle-même s’interroge : « Pourquoi ai-je moins de plaisir que mon mec ? »
We are coming est un précieux concentré d’archives. Des images maladroitement tournées au caméscope dès le début des années 2010, où Nina Faure questionnait déjà sa sexualité. Elle filme ses rencontres, avec des anonymes, des sociologues, des autrices ou des femmes politiques. Et une fois l’auteur de ses maux identifiés, lui vient une autre question : comment l’abolir, lui, le patriarcat ? « Un jour, ça prendra feu. Et on se demande si ce n’est pas bientôt. »
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We are coming, de Nina Faure, 1 h 27, 4,5 euros en VOD. |
JEU DE SOCIÉTÉ
• Bad Bitches Only
Vous en avez marre des personnages — souvent masculins — de l’incontournable jeu de société Time’s Up ? Rassurez-vous, Bad Bitches Only (25 euros) est là pour féminiser vos soirées. Le but du jeu est simple : décrire, mimer, dessiner et faire deviner à votre équipe les 245 femmes et personnes transgenres inscrites sur les cartes. Attention toutefois à ne pas prononcer la phrase interdite… commençant par : « C’est la femme de… » Michelle n’a pas pas besoin de Barack pour entrer dans l’histoire. Ni Yoko Ono, de John Lennon.
De l’autrice Virginie Despentes, à la militante Greta Thunberg, en passant par George Sand, Assa Traoré ou encore Winnie Mandela, Bad Bitches Only bouscule notre culture patriarcale. Il nous invite aussi à approfondir nos connaissances des personnalités ayant écrit l’histoire des luttes féministes, à travers certaines figures plus méconnues comme Wangari Muta Mathaai, biologiste et militante écologiste kényane. Les plus observateurs pourront enfin savourer, sur la boîte du jeu, la critique d’un « torchon » renommé « Valeurs Anciennes » : « Ce jeu censure notre culture, dégrade la langue française, préfère le foot féminin et casse l’ambiance en soirée. » Un bel argument de vente !
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