Sélectionner une page

.

Edgar Morin

Edgar Morin, de son vrai nom Edgar Nahoum, est un sociologue et philosophe français.

.
D’origine juive séfarade, descendant d’un père commerçant juif de Salonique mais se déclarant athée (il se décrit lui-même comme d’identité néo-marrane), et fils unique, sa mère décède alors qu’il a dix ans. Il obtient une licence en histoire et géographie et une licence en droit (1942), il entre alors dans la Résistance de 1942 à 1944, comme lieutenant des Forces françaises combattantes. Il y joue un rôle actif et il rencontre notamment François Mitterrand. Il adopte alors le pseudonyme de Morin, qu’il garde par la suite. Attaché à l’État-major de la 1re Armée française en Allemagne (1945), puis Chef du bureau « Propagande » au Gouvernement militaire français (1946). À la Libération, il écrit L’an zéro de l’Allemagne où il décrit la situation du peuple allemand de cette époque. Ce livre a été apprécié en particulier par Maurice Thorez qui l’invite à écrire dans la revue Les Lettres françaises. À partir de 1949, il s’éloigne du Parti communiste français, dont il est exclu peu après, en tant que résistant antistalinien.
Sur les conseils de Georges Friedmann, qu’il a rencontré pendant l’Occupation, et avec l’appui de Maurice Merleau-Ponty, de Vladimir Jankélévitch et de Pierre George, il entre au CNRS (1950), il y conduit en 1965 notamment une étude pluridisciplinaire sur une commune en Bretagne, publiée sous le nom de La Métamorphose de Plozevet (1967). Il y séjourne près d’un an.
Il s’intéresse très vite aux pratiques culturelles qui sont encore émergentes et mal considérées par les intellectuels : L’Esprit du temps (1960), La Rumeur d’Orléans (1969). Il cofonde la revue Arguments en 1956. Il fonde (codirecteur de 1973 à 1989) et dirige le CECMAS (Centre d’études des communications de masse), qui publie des recherches sur la télévision, la chanson dans la revue Communications qu’il dirige et qui paraît encore aujourd’hui.
Durant les années 1960, il part près de deux ans en Amérique latine où il enseigne à la Faculté latino-américaine des sciences sociales. En 1969, il est invité à l’Institut Salk de San Diego. Il y rencontre Jacques Monod, l’auteur du Hasard et la Nécessité et y conçoit les fondements de la pensée complexe et de ce qui deviendra sa Méthode.
Aujourd’hui directeur de recherche émérite au CNRS, Edgar Morin est docteur honoris causa de plusieurs universités à travers le monde.
.
Conversation avec Edgar Morin

Conversation avec Edgar Morin
.
« Mon œuvre ne parlant pas toute seule, je suis obligé de parler pour elle. Quand j’exprime ce à quoi je tiens et crois, cela me plaît. »

Évoquant sa vie au bord de la Méditerranée, après de très longues années passées à Paris, Edgar Morin se montre tour à tour chaleureux, malicieux, voire espiègle. Crise de la démocratie, antisémitisme, préoccupations écologiques et fractures sociales : il questionne, en humaniste, notre monde et notre façon de l’appréhender. Quand il raconte la Résistance, sa sociologie du présent et son travail de pionnier sur la complexité, ce qui frappe, c’est sa générosité et son extraordinaire vitalité. Une conversation intime et sans concession, une belle leçon de vie.

.
Derniers ouvrages
  • Frères d’âme, entretien avec Pierre Rabhi sur des questions de Denis Lafay, Paris, L’Aube, 2021.
  • Leçons d’un siècle de vie, Paris, Éditions Denoël, 2021 
  • Réveillons-nous !, Paris, Éditions Denoël, 2022 
  • De guerre en guerre : De 1940 à l’Ukraine, La Tour-d’Aigues/impr. en Bulgarie, Éditions de l’Aube, 2023, 99 p. 
  • Encore un moment…, Paris, Éditions Denoël, 2023 
  • Mon ennemi c’est la haine, dialogues avec Véronique Châter et Jean-Claude Perrier, Paris, L’Aube, 2023

Poster le commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *