« Apaiser, protéger, réparer. Voilà le mandat que les Françaises et les Français ont donné aux députés du Nouveau Front populaire »
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Université des ruralités écologique à Die
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Le cap de gouvernement du Nouveau Front populaire doit être, pour les parlementaires écologistes Cyrielle Chatelain, Guillaume Gontard et Marie Pochon, celui exprimé dans les cahiers de doléances, après la crise des « gilets jaunes », et rapidement enterrés : services publics, justice fiscale et sociale, augmentation des salaires, transition écologique juste.
En politique, comme ailleurs, réparer prend du temps. Il s’agit d’un artisanat, certes moins spectaculaire que les coups de force et les invectives, mais qui, dans la période actuelle est essentiel et définit le rôle des députés du Nouveau Front populaire (NFP).
Apaiser, protéger, réparer. Voilà l’unique mandat que les Françaises et les Français nous ont donné, dimanche 7 juillet, en accordant une (courte) avance aux députés du Nouveau Front populaire. Ils ont ainsi montré leur attachement à une autre solution aux discours et politiques qui divisent, et montent les uns contre les autres celles et ceux qui vivent en France et font vivre nos territoires.
Cette (courte) victoire récompense une campagne de terrain, une campagne humaine, humaniste, face au mépris jupitérien et si vertical, face à des candidats du Rassemblement national (RN) parfois absents du terrain, dont les affiches étaient invisibles dans de nombreux bourgs et villages. Des centaines de milliers de Françaises et de Français ont toqué aux portes, tracté, collé, sont allés, partout, à la rencontre de centaines de milliers d’autres, pendant cette si courte campagne, sans a priori, avec la volonté d’écouter, d’échanger, de convaincre.
Une (courte) victoire, oui : car toute cette humanité s’est souvent heurtée à des portes fermées, à des discussions avortées, à des fins de non-recevoir, CNews en bruit de fond dans le salon. Une courte victoire, oui, qui pourra être encore plus courte si nous n’entendons pas la colère, la frustration, la misère, l’abandon. Il y a toute une France qui a fermé sa porte à nos utopies d’un monde meilleur ces dernières années, qui n’y croit plus.
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Démocratie confisquée
Et ce n’est pas que la faute des autres : c’est celle de la gauche aussi. Parce qu’on a failli à placer au centre de nos propositions la réduction de la fracture territoriale, l’accès aux soins, la vitalité de nos villages, les services publics comme patrimoine commun, l’école émancipatrice, le droit à la mobilité, des logements dignes, la République partout, et pour toutes et tous. Les deux mandats d’Emmanuel Macron, avec sa verticalité et son mépris de « ceux qui ne sont rien », auront délaissé toute une partie de notre pays. A tous ceux qui seront, demain, en responsabilité dans le pays : il faudra apaiser. Protéger. Réparer tout ce qu’ils ont cassé. Mais pas que.
Parce que, de l’autre côté de notre soulagement, il y a, pour onze millions de personnes, derrière la remontada déçue du premier tour, l’humiliation, la blessure d’avoir été si près, l’espoir défait, le sentiment d’une démocratie confisquée, celui, immense, de demeurer éternellement perdant.
Alors que l’ancienne majorité, en s’alliant encore une fois avec la droite, a réélu Yaël Braun-Pivet à la présidence de l’Assemblée nationale, au mépris du principe de séparation des pouvoirs et en niant les résultats des trois dernières élections, nous devons parler de méthode. Notre responsabilité est immense. Ce qui s’est exprimé, dimanche 7 juillet, c’est le désaveu d’une politique autant que celui d’une manière de faire de la politique.
A l’heure de l’ouverture de la XVIIe législature de la Ve République, nous devrons nous rendre dans l’Hémicycle, avec nous les millions de voix des Français qui ont voté pour nous, mais aussi de tous ceux qui l’ont fait par défaut, et de ceux qui nous préféraient un autre candidat, un autre programme. Nous devrons nous rendre à l’Assemblée comme si nous étions des artisans, des couturières et des couturiers, dont le rôle est de repriser, de raccommoder, bref : de réparer ce qu’Emmanuel Macron et ses prédécesseurs ont détruit.
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Un véritable programme
La matière est déjà là, nous avons le fil et les aiguilles : lors de la mobilisation des « gilets jaunes », des milliers de mairies avaient ouvert des cahiers citoyens, dans tout le pays, notamment dans ce qu’on appelle la France périphérique. Plus de 19 000 seront noircis des colères, des espoirs, des préoccupations et des propositions de nos concitoyens souvent les plus éloignés des centres de décision. Quelques mois plus tard, Emmanuel Macron lancera le grand débat national, qui n’aboutira – malgré une expérience démocratique inédite et immense avec plus de 2 millions de contributions – sur rien : les doléances sont archivées, non restituées, et un couvercle épais déposé sur ce trésor national.
S’y trouve un véritable programme de gouvernement : mobilités, services publics, justice fiscale et sociale, augmentation des salaires, dignité humaine, transition écologique juste, rénovation thermique des bâtiments, retour de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), du référendum d’initiative citoyenne (RIC). Les « petits » y parlent aux « grands », le « nous » à « eux ».
Le 19 juin, l’Assemblée nationale devait se prononcer sur la publication et la restitution, à l’ensemble des Françaises et des Français, de ces cahiers, sur la base d’une résolution que nous avions lancée de manière transpartisane. Ce débat n’aura pu avoir lieu, l’Assemblée ayant été dissoute.
A l’aube de cette XVIIe législature, notre cap de gouvernement, celui du Nouveau Front populaire et de celles et ceux qui ont à cœur de réparer un peu notre démocratie si fragilisée, doit être celui-ci. Il ne peut être que celui des doléances, d’un gouvernement qui gouverne par le bas en écoutant les Françaises et les Français, en les écoutant toutes et tous, avec respect. Alors nous pourrons former un gouvernement qui apaise, qui protège, qui répare, certes. Mais également un gouvernement qui écoute, qui considère, qui tient ses promesses.
Liste des signataires : Cyrielle Chatelain, députée de l’Isère et présidente du groupe Ecologie-Nouveau Front populaire à l’Assemblée nationale ; Guillaume Gontard, sénateur de l’Isère et président du groupe Ecologiste au Sénat ; Marie Pochon, députée écologiste-Nouveau Front populaire de la Drôme, initiatrice de la résolution visant à la publication des doléances du grand débat national.