Valence-Drôme
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Fermeture des centres de santé sexuelle dans la Drôme : plus de 100 manifestants devant le Conseil Départemental
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28 mars 2025
Plus de 100 personnes ont manifesté devant le Conseil départemental de la Drôme ce vendredi matin afin de protester contre la fermeture de 7 des 12 centres de santé sexuelle du département. Les sept cumulent 1.265 consultations médicales par an et 779 consultations conjugales/familiales.
Les manifestants étaient là dès 8 heures ce vendredi matin devant le conseil départemental de la Drôme. Ils se sont réunis, notamment à l’appel de la CGT, afin de dénoncer la baisse du budget lié à la santé sexuelle. Lors du débat d’orientation budgétaire du Département, l’exécutif (majorité LR) a annoncé la volonté de fermer les sept centres de santé sexuelle (Pierrelatte, Hauterives, Saint-Jean-en-Royans, Livron/Loriol, Valence Mélies, Die, Portes-lès-Valence) qu’il gère directement. L’exécutif souhaite aussi baisser de 20% la subvention accordée au planning familial et aux hôpitaux gérant des CSS (Montélimar, Crest, Valence, Romans-sur-Isère, Saint-Vallier).
Plus de 100 personnes, peut-être 120 au plus fort de la mobilisation, étaient présentes ce vendredi. Parmi eux, des élus d’opposition au conseil départemental ont fustigé les raisons avancées par l’exécutif pour fermer ces centres. « Les chiffres qui ont été avancés pour dire qu’il n’y avait pas assez d’activité ont été pris dans des centres où les conseillères étaient en congé maternité, seulement ceux-là ont été cités », explique Muriel Paret (DVG). Les deux députés de gauche du département sont également venus en soutien, Marie Pochon (EELV) et Paul Christophle (PS). Le maire d’Upie a aussi fait le déplacement. La pétition lancée par le Planning familial a dépassé les 17.00 signatures.
Les chiffres cumulés des centres de santé sexuelle qui vont fermer (sources « relevé des actions des CSS »)
- 1.265 consultations avec sage-femme ou médecin / an
- 779 consultations avec conseiller(ère) conjugalle/familiale / an
- 2.363 personnes sensibilisées (collégiens, lycéens ou autre) lors d’actions collective /an
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Paroles de salariées
Parmi les manifestants se trouvent aussi des salariées de ces centres de santé sexuelle. Elles vont perdre leur emploi et osent prendre la parole, sous couvert d’anonymat. « J’ai un exemple d’une dame qui est venue dans mon centre, je lui ai dit qu’on allait fermer, elle m’a demandé comment elle allait faire, comment sa fille allait faire. Il n’y a qu’un bus le matin et un le soir pour aller à Valence, elle va y passer la journée pour une consultation de 30 minutes ? »
« Les gens peuvent venir pour de la contraception, des questions, on accueille anonymement. À l’heure où on parle de santé mentale, il est évident que la santé affective et sexuelle en fait partie. C’est incompréhensible de fermer ces centres, je suis sidérée. »
« Dans des centres médico-psychologiques il peut y avoir 6 ou 8 mois d’attente. Les temps d’écoute gratuit ça n’existe pas sur notre territoire, pour les mineurs c’est pourtant important, ils ne peuvent pas attendre autant de temps ».
« Moi ces derniers jours j’ai eu beaucoup de jeunes qui sont venues et étaient surprises de la fermeture, ‘ah bon comment on va faire’. J’ai fait une intervention dans un collège, les jeunes étaient agglutinés, c’était compliqué de répondre à tout le monde. Je pourrais travailler deux fois plus d’heures, j’aurais toujours des choses à faire. »
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Le planning familial touché
Des membres du planning familial étaient également présentes : la subvention accordée par le département va baisser de 20%. Il accomplit les mêmes missions que les CSS. « Cette décision se base sur des choix politiques, on nous sort que les gens pourront aller voir leur infirmière scolaires : mais on en manque. Ce sont même les infirmières scolaires qui font appel aux CSS pour venir faire des interventions », réagit Gladys, « en colère ». Elle poursuit : « comment on va choisir dans quels collèges on ne vient plus faire nos interventions ? C’est une vaste blague : les droits des femmes étaient une priorité nationale, puis la santé mentale, et on ferme les CSS qui travaillent justement sur ces deux sujets ».
Clémence, elle aussi du Planning familial 26, était présente et s’inquiète purement pour l’accès à l’IVG. « Les CSS qui vont fermer vont amener plus de public dans nos structures, et on a moins de moyens. Sachant qu’on a déjà des délais de quasiment une semaine quand une personne prend rendez-vous pour un IVG, on risque de dépasser une semaine, voire deux semaines. Le délai légal c’est cinq jours, donc on sera hors-la-loi : je ne sais pas comment on va faire ».
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Vote le 14 avril
Ce vendredi, la CGT a refusé de siéger dans le comité social territorial, qui doit approuver les orientations budgétaires. Le quorum n’étant pas atteint, cela n’a pas pu être le cas. Le vote en séance plénière est prévu le 14 avril prochain. Le Département, en février, avait dit « comprendre les inquiétudes » et avait indiqué qu’une réflexion était en cours sur le sujet.
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Alexandre Berthaud à suivre sur Radio France Drôme

