Des bots et des bottes…
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D’où nous est venu ce goût morbide pour l’illibéralisme ? Ce mépris souverain pour l’État de droit ? Alors que des peuples profitent des réseaux sociaux pour dire non aux tyrans, crier « moi aussi » ou « À bas le dictateur ! », des enfants gâtés par la démocratie ne songent qu’à la brûler pour se jeter dans les bras musclés du masculinisme et de l’autoritarisme. Les deux marchant d’un même pas : celui des bots et des bottes. Partout, ils piétinent nos acquis. Aux États-Unis, ce fut d’abord le droit des femmes à avorter qui tomba sous les coups, puis la démocratie s’est vue attrapée par la « chatte ». Ce n’est pas un film de fiction imaginé par Depardieu, ou son avocat rhinocéros, c’est notre drame pour de vrai. Un « réel » où l’on déshabille la démocratie américaine pour la livrer, toute nue, aux envies de viol de Poutine. Trump et sa bande peuvent tout se permettre : bafouer la loi, mentir pour couvrir ses turpitudes, piétiner le secret-défense, tout leur sera pardonné. Le désir d’un pouvoir autoritaire, conquérant, est si forte… Une vraie montée d’hormones politiques.
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En Europe aussi, l’aspiration à la tyrannie grandit. Sondage après sondage, l’amour de la démocratie faiblit, surtout chez les jeunes, plus violents que jamais. Pas un jour ne passe sans qu’un mineur ne brise les genoux d’un autre ou ne l’attaque au marteau, souvent pour lui faire payer d’avoir regardé sa sœur. La faute à l’islamisme mais surtout au machisme. Comme dans la géniale série de Netflix Adolescence, des gamins en plein bouillonnement hormonal, livrés aux écrans, se raccrochent à des « tutos » de masculinité toxique livrés en kit par Andrew Tate, cet influenceur trumpiste converti à l’islam, ou par ses clones bodybuildés. Qu’ils s’identifient aux jeunes de Crépol accusés d’avoir tué Thomas ou au jeune rugbyman poignardé en plein cœur, deux jeunesses identitaires désemparées s’affrontent. Draguer ou danser, ce n’est déjà pas facile. Mais si on risque en plus de s’entretuer… Que faire ? Les adultes ne savent plus, ni même en débattre sans se sauter à la gorge.
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Il faudrait que l’ordre et le calme reviennent. Mais personne ne croit plus en la justice. Hier, elle ne condamnait pas assez les violeurs et les pourris. Aujourd’hui, quand elle passe enfin, on vous crie à la tyrannie des juges ! Même l’État de droit, paraît-il, n’est plus «intangible ni sacré ». On a même le droit de s’essuyer les pieds sur la loi quand on s’appelle Le Pen ou Trump, puisqu’on incarne la colère de ceux qui hurlent. « Tout fout le camp », mais jamais quand ça vient de ce camp. L’islamisme, le terrorisme, le « racaillisme » et peut-être plus encore l’irénisme ont usé la patience démocratique jusqu’à l’os. Tout est bon si on promet le bâton. Et tant pis si les plus énervés tapent comme des sourds et à côté. Tant pis s’ils fracassent surtout nos fondations démocratiques. Les solutions des raisonnables ne font pas de bruit. Elles réparent, mais personne n’en parle. Tandis que les gueulards n’ont qu’à s’invectiver pour meubler. La tenaille se resserre. On étouffe.
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