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« Le bio est sorti de la feuille de route » : la FNH alerte sur le désengagement de la grande distribution

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Romain Sanchez

10 avril 2025

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L’agriculture biologique représente 10,8 % des surfaces agricoles utilisées en France en 2023. 

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 La Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH) a publié ce jeudi un rapport sur la stratégie de la grande distribution en matière de promotion de l’agriculture biologique. Un document qui pointe du doigt un désengagement à l’œuvre depuis 2021.

Les Français consomment moins de produits bio. C’est un des nombreux constats du rapport de la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH) publié ce jeudi 10 avril. Ainsi entre 2020 et 2023, les ventes de produits bio ont baissé de 5 %. Une baisse qui a également impacté les surfaces agricoles utilisées en agriculture biologique, qui ont pour la première fois diminué en 2023, avec une baisse de 54 000 hectares.

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Si le contexte de l’inflation n’a pas aidé les ventes à se maintenir, et a donc eu une incidence sur l’attitude des consommateurs, la Fondation pour la Nature et l’Homme note que ce mouvement s’est également accompagné d’un changement de stratégie de la part des distributeurs de l’alimentation en matière de promotion de l’agriculture biologique.

En effet, alors que le bio avait connu une véritable démocratisation dans les années 2010 – espaces dédiés dans les magasins, marques distributeurs bio, magasins spécialisés, publicité, objectifs chiffrés – la grande distribution s’est fortement désengagée de la promotion des produits bio, que ce soit en déréférençant des produits ou en abandonnant les objectifs chiffrés qu’elle s’était fixés.

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« Le bio est à présent dilué »

« On observe que le bio est sorti de la feuille de route de la grande distribution. Il est à présent dilué dans des objectifs de durabilité globaux », explique la fondation. En 2018, E. Leclerc affichait pour ambition de doubler la part de ventes bio d’ici 2022. Depuis, l’enseigne n’a plus communiqué sur ce chiffre. Autre exemple : « Carrefour est passé d’un objectif de 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires bio en 2022 à 8 milliards de chiffre d’affaires de produits’’certifiés durables’’ ».

Pour comprendre la stratégie des distributeurs, la fondation s’est focalisée sur quatre aspects principaux : l’environnement économique (prix des produits, promotion), l’environnement socio-culturel (publicité, image du bio), l’environnement physique (rayons) et la stratégie (objectifs chiffrés, soutien aux filières). En se basant sur ces critères, elle a établi un système de notation de 8 enseignes, en termes d’engagement stratégique en faveur du bio, qui représentent à elles seules 98 % des parts de marché de la grande distribution.

Celles qui s’en sortent le mieux sont Carrefour et Système U avec une note de C. Les Mousquetaires, Lidl et Monoprix récoltent la note E. Enfin, Auchan, E. Leclerc et Aldi (qui sont les seules enseignes à ne pas avoir répondu aux sollicitations de la FNH) ont obtenu la note F.

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Les distributeurs doivent mettre le pied à l’étrier, selon la FNH

Alors que la France s’est fixée des objectifs ambitieux en matière de développement de l’agriculture biologique, la Fondation pour la Nature et l’Homme estime qu’ils ne pourront être atteints si les distributeurs n’apportent pas leur contribution.

La loi d’orientation agricole a en effet fixé comme objectif que la France atteigne 21 % de surface agricole utilisée d’ici cinq ans. Ce chiffre est aujourd’hui de 10,8 %. « En respectant la loi Egalim, on pourrait arriver à 12 % d’ici 2030. Si on veut atteindre les 20 %, la grande distribution doit se montrer à la hauteur » estime Thomas Uthayakumar, directeur du plaidoyer au sein de la FNH.

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Pour relancer la filière en difficulté, la fondation dresse une série de recommandations. Du côté des distributeurs, on retrouve notamment la réintégration d’objectifs spécifiques pour le bio, l’inscription du bio dans les programmes de fidélité ou sa valorisation en communiquant sur la qualité et ses bénéfices.

« Il faut faire preuve de pédagogie pour que le consommateur ne se sente pas perdu dans la jungle des labels », résume Thomas Uthayakumar. « La distribution a un pouvoir médiatique immense. Sa communication est aujourd’hui principalement tournée vers la guerre des prix. Les quatre premiers annonceurs de France en 2023, ce sont des distributeurs avec un budget cumulé qui dépasse les deux milliards d’euros. En comparaison, l’Agence bio n’a que 500 000 euros de budget pour sa communication : c’est très largement insuffisant. »

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Enfin, en ce qui concerne les pouvoirs publics, la FNH recommande de fixer des objectifs de part du bio en pourcentage du chiffre d’affaires (comme cela a pu se faire dans la restauration collective avec la loi Egalim), mener la réflexion sur l’encadrement des marges liées au bio (l’écart prix entre le conventionnel et le bio est d’environ 70 %) ou également d’encadrer la publicité pour éviter qu’elle se focalise sur les prix bas.

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