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Une digue s’effondre : la Drôme tombe dans le piège Trump et enterre ses centres de santé sexuelle (CSS)
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Ce lundi 14 avril, à l’heure où l’inquiétude internationale redouble face à la suppression des subventions contre le VIH par l’administration Trump, l’Assemblée départementale de la Drôme a tranché. Malgré les nombreuses alertes citoyennes, professionnelles et politiques des dernières semaines, le budget 2025 supprime officiellement les sept centres de santé sexuelle et baisse de 20% les subventions dédiées aux plannings familiaux et aux hôpitaux. Plus de 200 citoyen·nes de toute la région ont manifesté dès l’aube devant l’Hôtel du département à Valence, entre bruits de casseroles et témoignages poignants, et sont repartis plus déterminés que jamais.
Un vœu proposé par des élu·es de l’opposition a ouvert le débat sur le maintien des CSS, considérés comme indispensables pour maintenir une égalité territoriale d’accès au droit et aux soins, notamment en zones rurales qui cumulent des proportions accrues de violences faites aux femmes et l’enjeu des déserts médicaux. En réponse, les élu·es de la majorité (divers droite) ont témoigné d’un grand mépris, y compris vis-à-vis des citoyens et citoyennes qui les élisent. Allant jusqu’à dénoncer les « mensonges » et la « manipulation » des collectifs de défense des CSS, ils ont condamné la multiplication des sollicitations citoyennes reçues par mail et sur les réseaux sociaux – sans un mot sur les motions votées par les conseils municipaux ou les innombrables lettres de soutien de l’Ordre des médecins, de l’Ordre des sages-femmes, ou des directions d’établissements scolaires et médico-sociaux.
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Refusant tous les amendements et propositions alternatives, la présidente du conseil départemental de la Drôme, Mme Marie-Pierre Mouton, s’est entêtée. De fait, après avoir renvoyé les usagères et usagers des CSS vers les laboratoires et les pharmacies, autant de propositions dénoncées par les praticien·nes de santé concernés ces dernières semaines, Mme Mouton les a enjoint de se tourner vers les hôpitaux, alors que les directions hospitalières ont déjà répondu qu’ils n’avaient pas les moyens humains ou financiers d’un tel accueil. Ses élu·es ont aussi argué que les jeunes avaient accès à l’information sur leurs téléphones, une proposition totalement irresponsable à l’ère de la désinformation numérique.
Mme Mouton défend en fait une économie de 240.000 euros, soit environ 1€ d’économie par habitant concerné par la planification familiale et la prévention en santé sexuelle. Ces montants, loin d’être luxueux, constituent le socle d’une action de santé publique en milieu rural, investissement qui évite ensuite des interventions médicales beaucoup plus coûteuses, en cas de grossesses non désirées et d’IST, dans un contexte de recrudescence de la syphilis en France et du VIH en Auvergne-Rhône-Alpes (source : Agence Régionale de Santé, 2024).
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Rodés aux arguments redondants déjà avancés lors de la conférence de presse de Mme Mouton du 2 avril, les élus de l’opposition ont relayé les arguments de terrain, montrant point par point la mauvaise foi de la majorité : faible pourcentage du fonctionnement des CSS sur le budget global (0,01%), mépris des économies permises par la prévention (1€ dépensé / 7€ en soins), désertification médicale accélérée… Au moment du résultat du vote, les six citoyens ayant été admis pour assister aux débats sont partis en criant « la honte ». Conscients de la portée politique globale d’une telle décision, les collectifs venus de toute la région se sont donné rendez-vous pour de nouvelles actions portées au niveau national. De fait, les plannings et centres de santé sexuelle sont menacés partout en France (Corrèze, Pyrénées-Atlantique, Hautes-Alpes…). L’enjeu des CSS fera l’objet d’une question à l’Assemblée nationale par la députée de la 3e circonscription drômoise, Marie Pochon, le 29 avril prochain. Un collectif citoyen s’est constitué les dernières semaines au cours de la mobilisation pour la santé sexuelle et le sauvetage des centres de santé sexuelle en Drôme.
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Collectif citoyen pour la santé sexuelle et le sauvetage des centres de santé sexuelle en Drôme.
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Contact – Véra Léon – 06 76 24 67 06