Le verdict est tombé. Il est à la hauteur de la gravité des faits reprochés à Marine Le Pen : avoir violé les règles du Parlement européen et trahi son mandat pour faire tourner sa boutique : « l’enrichissement d’un parti » et le « confort de vie des dirigeants du parti », selon le jugement, sans appel. La patronne des députés RN à l’Assemblée est donc condamnée dans l’affaire dite « des assistants parlementaires du Front national ». Quatre ans de prison dont deux avec sursis, cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire et 10 000 euros d’amende. Elle a déjà fait part de son intention de faire appel et fera tout pour contester le verdict et fracturer le pays, dans l’espoir d’obtenir un passe-droit ou une grâce exceptionnelle. Jadis honnie, la délinquance en col blanc se porte bien. Elle est même devenue populaire grâce à Marine Le Pen. Quelle ironie. Car c’est en pourfendant cette délinquance que le Front national a réalisé ses premiers scores, récolté ses premiers mandats et des fonds publics, tout en se donnant le beau rôle…Il faut se souvenir des discours de Jean-Marie Le Pen sur le « tous pourris ». Depuis des décennies, lui et sa fille dénoncent au quotidien « l’UMPS », moquée sur le ton du « bonnet blanc, blanc bonnet ». Comprendre : ceux qui se partagent le pouvoir au gré des alternances, à coups de magouilles supposées, et caricaturés en ennemis de la France. Un credo repris sans droit d’inventaire par Marine Le Pen. En septembre 2011, pour inaugurer sa campagne près de Laval, elle glose sur l’effondrement de la « morale publique ». Puis annonce vouloir « nettoyer l’État des jouisseurs, des affairistes, des corrompus » et « l’économie des spéculateurs et des tricheurs ». Elle va même faire de l’inéligibilité des élus condamnés pour fraude ou détournement de fonds publics le coeur de son programme présidentiel ! Et ne cesse de le réclamer depuis. « Quand allons-nous mettre en place l’inéligibilité à vie pour tous ceux qui ont été condamnés pour des faits commis grâce ou à l’occasion de leur mandat ? » s’emporte-t-elle dans L’Invité politique, le 5 avril 2013, diffusé sur Public Sénat et Radio Classique. Elle signale d’un ton hargneux : « Moi, ma veste, elle est immaculée. Et ils auront beau essayer de s’agiter, ils n’arriveront pas à me salir parce que j’ai une éthique, j’ai une morale, que je m’y tiens et que moi, quand je réclame l’éthique et la morale, je me l’applique à moi-même. »

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