Diane Drory : « De l’enfant-roi à l’enfant-dieu »

Auparavant, je recevais surtout des enfants scolarisés en primaire, puis en maternelle. Désormais, on m’amène des tout-petits qui sont à la crèche. Ils ont 2 ou 3 ans mais déjà, ils « dirigent la boutique » à la maison. Leurs parents sont en burn-out. Une maman me racontait récemment qu’après avoir déposé son enfant de 2 ans à la crèche, et pendant qu’elle discutait avec la puéricultrice, le petit avait pris les clés de sa voiture pour jouer et ne voulait pas les lui rendre. Il a piqué une crise, pleuré, tapé des mains et des pieds. De guerre lasse, la mère a cédé et elle est partie à son travail… à pied. Cela signifie qu’à son âge, cet enfant était maître de la voiture de sa mère. Pour son bien-être, cette dernière était prête à tout. C’est le cas de nombreux parents. J’ai entendu pour la première fois l’expression «burn-out parental» en 2023. Je ne comprenais pas ce qu’était ce bazar…
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Qu’est-ce qui a changé dans les méthodes éducatives pour que nous passions, comme vous le dites, de l’enfant-roi à l’enfant-tyran, puis à l’enfant-dieu ?
En cinquante ans, tout a changé. Après Mai 68, le mot d’ordre pour les parents a été « autoriser l’opposition». Ce fut une grande avancée. Jusque-là, les jeunes devaient simplement correspondre au projet parental. Puis, un fils de médecin a eu le droit de dire : « Je veux être menuisier », et son projet était bien accueilli. C’est très positif ! Le problème est que, petit à petit, l’idée « d’autoriser l’opposition » a fait perdre aux parents leurs repères. Car évidemment, se mettre à l’écoute de l’enfant est beaucoup plus compliqué. Les parents se sont ainsi mis à hésiter…
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BIO EXPRESS
Psychologue et psychanalyste, Diane Drory est présidente honoraire de la Fédération des psychologues belges. Formée par Françoise Dolto, elle a signé une dizaine de livres sur la famille, notamment l’adoption et la place du père. Dans son dernier ouvrage, “Au secours ! Je manque de manque”, réédité en 2021 (Deboek), elle invente le concept d’enfant-dieu”.
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Vous dites que l’enfant-tyran est apparu au tournant des années 1990-2000. Que s’est-il passé ?
C’est la période durant laquelle nous sommes entrés dans l’ère de « l’émocratie ». Tout à coup, il y a eu de la place pour les émotions. Même le discours politique et social s’est construit à travers elles. Est alors arrivé ce mot, «bienveillance», utilisé comme un leitmotiv. C’est un mot que je ne peux plus supporter ! La clé de l’éducation est devenue l’épanouissement. L’enfant a été placé au centre de la famille. Avec l’apparition de l’enfant-tyran, la hiérarchie devient horizontale : l’enfant est au milieu et les parents tournent autour de lui. Alors que, dans une structure familiale «normale », les parents sont le pilier, les enfants tournent autour de ce pilier et s’autonomisent. Au fur et à mesure qu’ils grandissent, ils s’éloignent du couple. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.
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Vous parlez aussi de « parents hélicoptères »…
Ce sont des parents qui courent partout, qui veillent sur tout, qui font tout à la place de leur progéniture, au nom de la « bienveillance ». Il a oublié son pique-nique ? Je quitte le bureau et je cours à l’école. Même si mon patron est furieux, je vais apporter son repas à ce moutard de 14 ans qui l’a oublié. Je suis par ailleurs ahurie de constater jusqu’à quel âge on habille les petits. Les habiller, c’est vouloir les garder bébés, c’est refuser qu’ils sachent le faire tout seul. Les parents préparent les tartines de pré-adolescents de 10 ans, et rangent les chambres de leurs grands ados…
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Qu’est-ce que ce type d’éducation fabrique comme personnalités ?
Des jeunes très anxieux qui, dès qu’ils perdent le pouvoir dans cette horizontalité, ont l’impression d’avoir perdu la guerre et d’être nuls. Quand ils sont en face de moi et que je leur demande ce qu’ils aiment faire, ils me répondent « je ne sais pas », ou « je m’en fous », ou « je veux rentrer ». Boris Cyrulnik (psychiatre, ethnologue, psychanalyste et écrivain, ndlr) les appelle « des nourrissons géants au narcissisme hypertrophié ». Des enfants bien entourés matériellement et socialement, alternant entre le bonheur gavant du tout-avoir et de violentes colères face aux incontournables frustrations auxquelles ils sont soumis en grandissant.
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Aujourd’hui, nous sommes passés à un autre niveau avec ce que vous appelez l’enfant-dieu. De quoi s’agit-il ?
L’enfant-dieu est arrivé à une époque où le nouveau mot d’ordre est « l’autodétermination ». L’enfant doit « s’autodéterminer ». Les parents lui sont désormais soumis. Il y a là, selon moi, un réel abandon d’éducation. Le petit décide de tout. Récemment, une mère est venue me consulter. Son bébé a tout juste 3 mois et elle lui demandait la « permission » de le changer. Une autre m’a téléphoné affolée : « C’est terrible. Ce soir, j’ai acheté le repas de mon petit garçon sans le laisser choisir parce que j’étais trop pressée. Croyez-vous qu’il en sera traumatisé ? » Son fils a tout juste 4 ans et elle était terrorisée que son enfant n’ait pas choisi lui-même son repas du soir…
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Vous estimez que l’enfant est mis sur un pied d’égalité avec l’adulte…
Exactement. Et que fait-on ? On négocie tout avec lui, même lorsqu’il n’a que 3 ans. Dès lors, il perd confiance dans ses parents et dans le langage. C’est ce que j’explique aux pères et aux mères : si le parent dit A et que cela devient B, cela signifie que A ne vaut rien, que la parole ne vaut rien. Or, quand on n’a pas confiance dans la parole de l’autre, on n’a pas confiance en soi. C’est le cas aujourd’hui de nombreux adolescents. Pourtant, rien de plus rassurant qu’un adulte qui tient parole.
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Est-ce, au fond, une mauvaise compréhension des principes éducatifs de la pédiatre et psychanalyste Françoise Dolto ?
Tout à fait ! Quand on écrit « oui mais c’est Dolto », c’est faux ! Dolto n’a jamais raconté tout cela. Elle a dit qu’il faut cadrer, qu’il faut écouter un enfant, qu’un enfant est un individu à part entière évidemment, mais qu’un enfant n’est pas un adulte. Aujourd’hui, certains courants éducatifs induisent le doute quant au droit à « une fermeté éducative ».
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Comment en est-on arrivé là ?
Depuis Mai 68, on déconstruit tout, le plus possible. Bien sûr qu’il y avait beaucoup à déconstruire, mais nous sommes allés beaucoup trop loin. La déconstruction à laquelle nous avons abouti n’est pas seulement un refus de l’autorité, mais une réclusion de l’autorité. De ce fait, toute personne qui incarne l’autorité est d’emblée hors-jeu. Elle n’existe plus pour l’enfant, il l’évacue de son mental, elle ne s’insère pas dans son tableau. J’entends beaucoup de parents se plaindre du comportement de leur môme : « Il fait des crises. » Il est normal et très sain qu’un enfant « fasse des crises ». Mais avec l’enfant-dieu ce sont des crises beaucoup plus problématiques. Et pour cause : considéré dès le plus jeune âge comme « celui qui sait mieux que quiconque ce qui est bon pour lui», le drame advient vers 2 ou 3 ans, quand on est obligé de commencer à l’éduquer, à lui apprendre à manger avec une cuillère, à ranger ses jouets. Pour lui, c’est insoutenable parce que ça ne se passe pas comme il le veut. L’enfant-dieu est déboussolé. Il fait des crises de désespoir et ses parents sont désemparés.
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Vous ajoutez que les pères démissionnent…
L’autorité a tellement mauvaise presse, elle est perçue comme tellement destructrice pour l’enfant, que les pères ne veulent surtout plus l’incarner. Ils préfèrent, me disent-ils, être « un papa qu’on aime ». Ma réponse est invariable : « Plus vous mettrez du cadre, plus vous serez aimé, parce qu’un cadre rassure l’enfant. » C’est vraiment terrible d’avoir suivi toutes ces années d’études pour devenir finalement une espèce de super nanny. (Rires.)
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Le taux de natalité baisse, l’infertilité augmente. L’enfant devient-il rare, donc très– trop – précieux pour les parents ?
L’enfant devient de plus en plus précieux, c’est sûr. S’il était précieux et bien éduqué, tout irait bien. Le problème est qu’il est tellement précieux qu’il ne faut pas l’« abîmer. » Le nouveau mot d’ordre n’est plus la bienveillance, mais le « bien-être ». D’où des situations absurdes : neuf parents sur dix que je reçois en consultation se plaignent que leurs enfants ne dorment pas et, par ricochet, eux non plus. Cela signifie que la journée, ces enfants sont tellement angoissés par leur « autodétermination » qu’ils sont obligés de rester accrochés au corps de leurs parents pour affronter la nuit. Je ne suis pas étonnée de constater que beaucoup de couples explosent après une naissance. Ils n’y arrivent pas.
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Aujourd’hui, les couples ont la chance de choisir s’ils veulent un enfant ou pas et à quel moment. Mais selon vous, les parents subissent, de ce fait, davantage de pressions pour « réussir » leur parentalité…
C’est ce que la société leur répète toute la journée : « Cet enfant, vous l’avez voulu, vous êtes priés de le réussir.» Cette injonction d’être des parents parfaits pour avoir des enfants parfaits est intenable. Le plus terrible ? À force de vouloir faire de leur mieux, ces pères et ces mères s’épuisent et deviennent des parents toxiques. C’est tout un courant de pensée puissant qui les culpabilise, y compris sur les réseaux sociaux.
Je vous donne un exemple que j’ai vu : une mère qui a des abcès aux seins décide d’arrêter d’allaiter après six mois de souffrances terribles. Elle fait part de cette décision sur les réseaux sociaux. Elle est aussitôt bombardée de messages : « Tu es une mauvaise mère, il faut allaiter un enfant jusqu’à un an », etc. Les réseaux ont un tel impact, une telle résonance, que les parents sont encore plus perdus. L’enfant est placé au sommet : c’est lui qui gère.
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Que conseillez-vous à ceux qui se sentent dépassés ?
De ne pas craindre d’établir un cadre, car celui-ci sécurise l’enfant. Les parents d’enfant-dieu disent « chez nous, il n’y a pas de si ». Cela signifie : « Chez nous, il n’y a pas de conséquences aux actes. » On explique aux enfants, on explique sans fin… Mais arrêtons de baratiner ! Les enfants ne sont pas des idiots ! On peut leur expliquer une fois, au maximum deux. Ensuite, on agit ! Quand des parents arrivent en me disant : « Vous savez, c’est terrible, mon enfant va mal, il dit qu’il veut une autre famille, que sa maman est méchante », je réponds : « C’est qu’il a une maman formidable. C’est qu’il a une maman qui le cadre. »
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Dans votre dernier livre, vous parlez de «castration pour apprendre à perdre » ?
« La castration pour apprendre à perdre » signifie que, dans la vie, on doit aider un enfant à choisir : «Tu veux un bonbon bleu ou un bonbon rouge ?» Mais pas les deux. L’enfant-tyran va négocier pour obtenir quand même les deux. L’enfant-dieu, lui, va péter un câble parce qu’il n’a pas d’emblée les deux. Finalement, le parent est tellement désespéré qu’il lui donnera les deux. La castration, c’est rentrer dans la réalité. On n’a pas tout. On ne peut pas tout avoir. C’est impossible. Afin de grandir, afin de s’humaniser, tout enfant a besoin de « perdre »… pour gagner.
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Vous affirmez que le manque et la frustration sont vivifiants…
Les mères et les pères d’aujourd’hui pensent être de mauvais parents si leur enfant n’a pas tout. Ils estiment qu’un enfant ne doit manquer de rien. Bien sûr qu’il ne doit manquer de rien d’essentiel. Mais s’il n’a rien fichu à l’école, qu’il a été infernal à la maison, peut-être devrait-il comprendre qu’il n’ira pas jouer chez son ami mais restera étudier à la maison. C’est cela, le manque. Si j’entends dans mes consultations des «ça m’est égal » et des « je m’en fous », c’est parce qu’un enfant qui n’a pas de manque n’a plus de désir. C’est le manque qui nous fait désirer. Sans l’apprentissage du manque, l’enfant ne se définit plus en fonction de ce qu’il est, mais de ce qu’il a. L’avoir l’emporte sur l’être.
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De quoi ont peur les parents ?
De perdre leur enfant qui est si précieux. On est dans un vrai paradoxe : l’enfant doit s’autodéterminer et, en même temps, le parent veut tout le temps le contrôler. Même les adolescents sont tout le temps localisés. Dernièrement, je dînais au restaurant avec l’un de mes petits-enfants : il s’est rendu compte que sa mère le localisait. Ce n’est pas gai pour un ado d’être ainsi contrôlé ! Il y a une espèce d’emprise réciproque entre parents et enfants. Les uns, parce qu’ils aiment tellement leur enfant, le suivent tout le temps. L’adolescent, lui, étouffe mais fait sa loi.
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Vous écrivez que trop d’amour peut détruire et empêcher de grandir, comment est-ce possible ?
Je veux parler par là de « trop d’amour inconditionnel », c’est-à-dire un amour qui essaie toujours de répondre à toutes les attentes de l’enfant et qui accepte n’importe quoi : je t’aime, quoi que tu fasses. Un enfant a besoin de 50 % d’amour inconditionnel (je t’aimerai toujours) et de 50% d’amour conditionnel (je t’aime, mais tu dois ranger ta chambre).
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Un enfant-dieu peut devenir un adolescent, et un adulte, autocentré, égoïste ou dénué d’empathie.
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Un enfant-dieu peut-il devenir un adolescent ou un adulte violent ?
Oui, parce qu’il n’est pas habitué à ce que la réa- lité lui résiste. À force d’organiser la réalité en fonction de ses désirs, on le « déréalise ». Quand on ne cadre pas un enfant, on ne cadre pas sa violence primaire et on ne l’aide pas à ne pas être violent. Un exemple ? Certains laissent leur enfant de 2, 3 ou 4 ans les frapper. Je les mets en garde : quand cet enfant deviendra un adolescent de 14 ans qui vous frappera parce qu’il veut un scooter ou une moto, le trouverez-vous encore mignon ? C’est maintenant, quand il a 2 ans, quand vous pouvez encore être maître de la situation, que vous devez lui apprendre qu’on ne tape pas. Un enfant-dieu peut devenir un adolescent, et un adulte, autocentré, égoïste ou dénué d’empathie, ne connaissant que son ressenti.
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Certains, vous l’avez constaté dans vos consultations, ont même parfois des idées mortifères en grandissant…
Oui, parce qu’ils ont été « déréalisés ». Chez les ados, cela peut prendre la forme de l’addiction : là au moins ils ne pensent plus à la réalité. Cela peut être plus dramatique encore et s’exprimer dans les relations amoureuses : Jacques est amoureux de Julie et Julie n’est pas amoureuse de Jacques. Jacques peut alors sombrer dans la dépression, penser au suicide ou passer à l’acte parce qu’il ne comprend pas pourquoi Julie n’est pas amoureuse de lui : d’habitude, tout lui est acquis. De même pour l’agressivité et les pulsions violentes. Celui qui, tout à coup, prend une kalachnikov et va massacrer des élèves dans une école est dans la pulsion brute. Ces jeunes sont hors de la réalité.
Vous êtes à contre-courant de l’éducation actuelle et reconnaissez ne pas être « politiquement correcte ». Pourquoi êtes-vous l’une des rares psychologues à oser critiquer ainsi l’éducation bienveillante ?
En tant que praticienne de l’aide aux enfants en difficulté, je suis inquiète. On ne peut pas continuer ainsi. De plus en plus de jeunes souffrent de troubles de l’attention, de la concentration, de troubles en tout genre. Mais je pense qu’il y a surtout beaucoup de brouillard, de paradoxes, dans la tête des enfants. Je pense par ailleurs que l’on va avoir un retour du balancier, que les jeunes parents réaliseront qu’ils peuvent mettre un « si ». Il faut que les parents puissent garder une ligne de conduite et ne pas tout le temps la redéfinir. C’est un cri d’alarme que je pousse, car ces enfants-dieux dont je parle sont de plus en plus nombreux. Il faut réagir !
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Michaëlle Gagnet à suivre sur https://www.franc-tireur.fr/diane-drory-de-lenfant-roi-a-lenfant-dieu
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le journal Franc-tireur réunit un bataillon d’éditorialistes à la plume aussi pertinente qu’acérée pour passer l’information et les polémiques de la semaine au crible. A leur côté, des francs-tireurs courageux et déterminés, épris de nuance, passionnément raisonnables, vous aident à décrypter les propagandes, les intox et les faux-semblants.
UN JOURNAL DE COMBAT.
Qui combat contre les populismes et le complotisme, le racisme comme l’intégrisme, et toutes les fièvres identitaires.
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Petit lexique parental
- Enfant roi : un enfant qui n’accepte pas qu’on lui dise non, qui proteste (crises de colère incluses) jusqu’à ce qu’il obtienne ce qu’il veut.
- Enfant dieu : un enfant qui est au-dessus de ses parents, qui sont soumis à leur progéniture à qui ils ne refusent rien, selon Diane Drory.
- Parent hélicoptère : un parent qui protège excessivement son enfant, pour lui éviter de vivre des situations négatives.
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Nous avons lu et relu cet article avant passage. Comme tous les articles. Et nous trouvons sa pertinence chez d’autres auteurs progressistes. MCD
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Janine Renier et Hannelore Schrod : https://shs.cairn.info/revue-therapie-familiale-2008-1-page-103?lang=fr
Guenassia Yehouda : https://www.psychologue.net/articles/lenfant-roi-devient-un-adulte-tyrannique-pourquoi-cela-arrive-t-il
Didier Pleux : https://www.odilejacob.fr/catalogue/psychologie/developpement-de-l-enfant/de-lenfant-roi-a-lenfant-tyran_9782738152190.php
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et autre sur l’auteure Diane Drory :
https://drory.be/articles/autres/on-est-passe-de-l-enfant-roi-a-l-enfant-dieu
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Principales publications
- Cris et Châtiments, De Boeck, 1997
- Faut il Sacrifier le Nom du Père, Editions Mols, 2002.
- Génération Cannabis. Paroles de jeunes, paroles d’experts,, L’Harmattan, 2005.
- En collaboration avec Benoît Coppée, Nicolas Viot et Vanessa Greindl Théo, C’est mon avion. et Théo, Ce n’est pas moi! Éditions Vilo 2005.
- En collaboration avec Colette Frère Le Complexe de Moïse. Regards croisés sur l’adoption. Editions Albin Michel, 2006, 288pp
- Je veux d’l’Amour. Editions Soliflore, 2006, 189 p.
- Un Père pour quoi faire? Editions Soliflore, 2008, 204 p.
- La famille idéale ment. Editions Soliflore, 2009
- L’enfant et la séparation parentale, coll. « Temps d’arrêt », Bruxelles, 2009
- Au secours ! Je manque de manque !, De Boeck, 2011
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MCD, Die ce 15 août 2025