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Dérèglement climatique et Sécheresse : « La situation est critique », quatre communes de Haute-Savoie obligées d’être ravitaillées en eau potable par camion-citerne

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Auvergne-Rhône-Alpes

Confrontés à une pénurie d’eau potable due à la sécheresse, ces quatre villages de la vallée des Usses sont alimentés par des camions-citernes depuis deux semaines. Les habitants sont appelés à restreindre leur consommation, tandis que la rivière des Usses atteint un niveau critique.

Bientôt, l’eau ne coulera peut-être plus de leur robinet. Les habitants de la communauté de communes de Cruseilles, dans la vallée des Usses, en Haute-Savoie, sont invités à restreindre leur consommation d’eau depuis quinze jours.

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Le secteur, placé en alerte sécheresse depuis fin juin, arrive en effet au bout de ses ressources naturelles en eau potable.

Quatre villages sont au bord de la rupture. Il s’agit de Vovray-en-Bornes, Le Sappey, Villy-le-Bouveret et Menthonnex-en-Bornes.

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Là-bas, les réserves sont au plus bas. Si l’eau continue de couler, c’est uniquement grâce à des camions-citernes qui approvisionnent les réservoirs depuis une quinzaine de jours.

Concrètement, l’eau est acheminée depuis Cruseilles, où la ressource en « or bleu » reste plus abondante. Mais elle n’est pas illimitée pour autant. C’est pourquoi les mairies appellent leurs administrés à la vigilance sur les réseaux sociaux.

Il faut « faire des efforts sur les gestes du quotidien, réduire les douches longues, éviter de remplir des piscines », demande la mairie de Villy-le-Bouveret.

« Face à cette situation préoccupante, nous vous prions d’utiliser l’eau potable avec parcimonie et de respecter l’arrêté préfectoral en cours », implore pour sa part celle de Menthonnex-en-Bornes.

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« Éviter le pire »

Joints par téléphone, les élus se montrent tout de même rassurants. « Oui, il y a un risque potentiel de rupture, mais avec la baisse des températures, ça devrait mieux se passer dans les prochains jours », relativise Jean-Marc Bouchet, maire de Villy-le-Bouveret.

Même discours apaisant du côté de Menthonnex-en-Bornes. « La situation est critique, mais on devrait échapper à la rupture », estime l’adjoint au maire.

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Du côté de la communauté de communes, en charge de la gestion de l’eau, le ton se veut tout aussi mesuré : « On va tout faire pour éviter le pire », lâche-t-on, sans vouloir donner davantage de précisions.

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La situation de la rivière des Usses empire de jour en jour. Nicolas-Jean Pricaz, président de l’association Usses et Merveilles, à France 3 Alpes

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Chez les habitants, l’inquiétude domine. Et ce n’est pas la baisse des températures ni les précipitations annoncées pour la semaine qui les rassurent.

« 35 à 40 millimètres de pluie attendus entre mercredi et vendredi : insuffisant ! En plus, la végétation va en pomper une grande partie et elle n’arrivera pas jusqu’à la nappe phréatique ! », alerte l’un d’eux sous une publication Facebook de la commune du Sappey.

Au cœur des préoccupations : l’état de la rivière des Usses, un affluent direct du Rhône, dont le niveau baisse à vue d’œil depuis le mois de juin.

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« Ce cours d’eau dépend des sources du massif des Bornes. Le fait qu’il y ait trop de pompages pour alimenter les habitations réduit mécaniquement la quantité d’eau disponible pour la rivière », explique Nicolas-Jean Pricaz, président de l’association Usses et Merveilles, dédiée à la préservation de l’environnement.

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L’histoire se répète

Âgé de 39 ans, Nicolas-Jean Pricaz a grandi dans la vallée. Adolescent, il construisait des cabanes à proximité des Usses. Parfois, il y pêchait. Aujourd’hui, le Haut-Savoyard parle de cette rivière d’un ton soucieux.

« On a déjà vécu cette situation en 2022 : la pénurie d’eau potable et la chute du niveau de la rivière. On pensait que les politiques allaient en tirer des leçons, mais ce n’est pas l’impression que ça donne », s’indigne-t-il. Avec son association, Nicolas-Jean Pricaz milite pour que le secteur soit classé en niveau 3 d’alerte sécheresse, afin de restreindre les usages non vitaux de l’eau.

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Il estime cela vital pour la survie des Usses. « Si on continue comme ça, la rivière finira à sec une partie de l’année. Cela aurait d’abord un impact considérable sur la biodiversité », alerte-t-il. Déjà, avec l’amenuisement du cours d’eau, chamois, sangliers et biches peinent à trouver des points d’eau fraîche.

Nicolas-Jean Pricaz poursuit : « Ensuite ça aura un impact sur la vie humaine. On le voit déjà avec les soucis d’approvisionnement en eau potable. Ça s’est passé en 2022, rebelote en 2025… Et ce n’est pas voué à s’arranger. »

L’homme redoute que de tels épisodes se répètent chaque année, sur des périodes de plus en plus longues. C’est la dure loi du dérèglement climatique : sécheresses et catastrophes naturelles sont effectivement vouées à devenir plus fréquentes et plus intenses.

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Contactée par France 3 Alpes, la préfecture de Haute-Savoie n’a pas répondu à notre sollicitation au moment de la publication de cet article.

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Marie Greco à suivre sur FR3

19/08/2025

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