L’interdiction des smartphones améliorera-t-elle les résultats scolaires?
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Les écoles romandes serrent la vis. À quels résultats peut-on s’attendre? L’éclairage de deux études récentes.
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- Selon une étude néerlandaise, l’interdiction des smartphones a amélioré la concentration des élèves.
- Le sentiment de sécurité se renforce quand les étudiants ne peuvent plus se photographier secrètement en classe.
- Une étude britannique révèle au contraire que les interdictions scolaires réduisent peu l’usage global. Et qu’elles n’ont pas de répercussion sur le bien-être mental ou les résultats scolaires.
- Selon les chercheurs de l’Université de Birmingham, cela montre l’importance de ne pas se concentrer uniquement sur l’utilisation des smartphones dans les écoles, mais aussi en dehors. Car ceux-ci ont bel et bien des effets délétères.
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Le téléphone portable à l’école, c’est fini. En Suisse romande, la rentrée 2025-2026 est marquée par une interdiction quasi générale, voulue notamment pour «une meilleure protection des élèves face aux effets des réseaux sociaux». Elle concerne toute la scolarité obligatoire, y compris durant les pauses. Vaud l’étend au niveau secondaire II, durant les cours.
Les modalités d’application, y compris les sanctions prévues, pourront varier d’un établissement à l’autre, précise la Conférence intercantonale de l’instruction publique de la Suisse romande et du Tessin (CIIP). Seule exception: l’usage du smartphone reste possible «dans un cadre pédagogique clairement défini», comme les cours d’éducation numérique, les actions de prévention ou les projets didactiques encadrés par le corps enseignant.
Cette stratégie vise, selon la CIIP, à «former les élèves à un usage critique, pertinent et maîtrisé des outils numériques». Le conseiller d’État valaisan Christophe Darbellay tirait la sonnette d’alarme en juin: «Les jeunes rencontrent de plus en plus de difficultés à apprendre et à lire. Leur concentration est en baisse.»
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L’interdiction du smartphone permettra-t-elle de redresser la barre? Une étude menée aux Pays-Bas, relayée par «The Guardian», apporte de l’eau au moulin des écoles romandes. Dans ce pays, des directives nationales recommandent depuis janvier 2024 l’interdiction des smartphones en classe.
Presque toutes les écoles ont suivi. Avec des effets positifs, selon l’étude commandée par le gouvernement néerlandais, qui se base sur les informations de 317 directeurs d’école secondaire, 313 écoles primaires ainsi que douze groupes comprenant des enseignants, des élèves et des parents.
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Les établissements secondaires rapportent une meilleure concentration (75%), un meilleur environnement social (59%) et, pour certains, de meilleurs résultats (28%). Selon un chercheur, ce sont les interactions qui se sont le plus améliorées. Le fait qu’on ne puisse plus prendre en secret une photo de quelqu’un dans la classe et la diffuser dans un groupe WhatsApp renforcerait la sécurité. De plus, les élèves doivent maintenant se parler durant les pauses.
Une porte-parole du VO-raad, une association regroupant des établissements d’enseignement secondaire néerlandais, note qu’il y a eu beaucoup de protestations au départ. «Mais maintenant, on constate que tout le monde est plutôt satisfait.» Dans les écoles primaires, les smartphones n’avaient pas de répercussions aussi importantes, mais un quart des interviewés sont favorables à la mesure.
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Une recherche de l’Université de Birmingham (GB) tempère toutefois un peu cet enthousiasme. Publiée dans «The Lancet Regional Health Europe», elle arrive à la conclusion que les interdictions scolaires ne suffisent pas.
1227 élèves de 30 écoles anglaises ont fourni des données sur leur utilisation des smartphones et des réseaux sociaux, leur santé mentale et d’autres éléments. Parmi les établissements, 20 ont mis en place différentes formes de politiques restrictives. Les dix autres autorisent les téléphones durant les pauses, le repas de midi ou dans certaines zones.
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Répercussions négatives des smartphones
Les interdictions ont entraîné une légère diminution de l’utilisation du téléphone et des réseaux sociaux à l’école. Malheureusement, l’étude suggère que l’influence est faible et n’entraîne pas une réduction significative du temps global passé sur les smartphones.
Surtout, les résultats ne révèlent pas de différences en ce qui concerne le bien-être mental, l’anxiété et la dépression, l’activité physique et le sommeil, les comportements perturbateurs en classe, ainsi que les résultats en anglais et en mathématiques.
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Dans un communiqué de l’Université de Birmingham, l’auteure principale, Victoria Goodyear, insiste toutefois sur l’importance de réduire le temps passé sur les téléphones et les réseaux. En effet, un lien a été mis en évidence entre cette durée et de moins bons résultats (dans les domaines évoqués plus haut). Sa conclusion est donc qu’il ne faut pas se concentrer uniquement sur les écoles, mais prendre en compte l’utilisation des smartphones tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des établissements.
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